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mirage

 

La musique des mots

 

J'ai gravé dans les nervures de la feuille les mots que l’on ne peut plus entendre ; ces termes qui parlaient d'amour et d'échange devant le monde de l'argent. Et la feuille volette au bout de ma branche, porté par l'olivier en signe de paix, mais, autour d'elle, le silence des arbres prépare la sentence destinée aux adorateurs de l'essence extraite d'une nappe et non des fleurs de la renaissance. L'humain, au cœur d'artichaut, oublie tout ce qu'il aimait parce qu'il adore tout ce qui est nouveau et il efface le chant de l'oiseau derrière le moteur de son auto et le cri des portables. Le râle de la nature fait trembler la feuille frêle prête à s'envoler sur l'aile du vent comme l'hirondelle qui fuit vers un autre printemps. Et le bel oiseau disparaît, peu à peu, du cœur ombrageux des dames stressées par leur nouvelle vie harassante entre la petite main mal récompensée et l’énorme foyer à entretenir.

            Mon vieux Georges, laisse-moi dire qu'aujourd'hui le monde aurait bien besoin de ta bonhomie, toi qui savais privilégier l'amitié au confort, toi, le présumé misogyne qui parlait des femmes mieux que les autres et nous côtoyait comme un chat, un coup de langue pareil à une griffe et juste dans l'instant d'après, la caresse d'un regard protecteur. Continue donc à passer ta mort en vacances ! Et je garde, en pensant à toi, une âme en retour vers l'enfance.

            Pour l'anecdote, je viens d'apprendre à l'instant que mon texte en hommage à l'olivier, figurant en deuxième place dans le recueil « J'ai même rencontré le chaperon rouge » et récompensé par plusieurs concours régionaux, est étudié actuellement dans une classe de sixième de Saint-Zacharie où se trouve une élève de ma famille. Une nouvelle qui peut pousser à continuer d'écrire, n'est-ce pas ? Si besoin en était...

 

            Et en parallèle, rendre hommage à « l'Artiste » (porte des lilas) mais dans son côté le moins connu, l'écrivain-poète, en ovation aux poèmes classiques comme le sonnet : «  la bouée » et aux oeuvres littéraires(romans et pièce de théatre, préfaces et pensées) même sans succès qu'il a créés avant de se lancer dans le monde de la scène ainsi qu'aux chansons méconnues ou bien oubliées telle « l'amandier » et sa version primaire de poème : « trois amandes » et aux chansons inédites.

C'est à ce titre seulement que j'organise certaines rencontres bénévoles ou conférences ouvertes sur ce sujet avec un choix de textes déclamés, soit pour marquer son influence sur moi, sous le titre : « Brassens et moi » soit en hommage aux dames, dans « Les mots de Brassens » deux façons particulières de présenter l'auteur avec des textes différents. Dans les mille six cents pages des oeuvres de Brassens en ma possession, les écrits ne manquent pas.

Il ne reste plus qu’à venir m’écouter ou me questionner.

 

Danyel CAMOIN

 

 

 

Pendant que la télévision lui rend hommage à travers : Brassens et Jeanne, brassens la mauvaise réputation et Brassens est en nous, Provence-poésie,- même si l'élan est plus petit, il vient du coeur-, dédie cet article et la page à la manière de Brassens qui se trouve à droite de l'écran pour marquer aussi cette semaine qui contient le 29 octobre, trentième anniversaire de sa mort.
La présidence de Pp se veut fan de Brassens, non seulement pour ses chansons mais aussi et plus simplement pour ses poèmes, ses pensées, ses préfaces, sa pièce de théâtre, ses romans (dont l'un est devenu bande dessinée) et l'historique de sa vie et de l'impasse Florimont avec Marcel (chanson pour l'Auvergnat) et  Jeanne (la Jeanne) ou Püpchen (la non-demande en mariage).
Provence-poésie et Danyel Camoin ont déjà présenté plusieurs fois à plusieurs endroits différents la causerie gratuite : Si Brassens m'était conté... ( la  6e et dernière, pour l'instant,  était à la mairie du 3e secteur de Marseille le 22 septembre 2011) et invité à la visite du musée Brassens à Sète où par un écouteur la voix de Georges conduit votre visite...

 

aff.brassens

Brassens disait :

J'étais né pour être un arbre

Et devenir grand sans un palabre...

 

Voici un Double Centon (deux fois vingt-deux vers) fait avec des vers de Georges qui va lui faire dire la suite.           Danyel Camoin 2011

 

Double 22, Mes dames

 

Je n'avais jamais ôté mon chapeau

Devant personne,

Maintenant, je rampe et je fais le beau

Quand elle me sonne.                                                       J’me suis fait tout p’tit

Ce n'est pas la femme d'Honoré

Ni celle de Désiré

Encore moins la femme de Nestor

Non, c'est la femme d'Hector !                                            la femme d’Hector

J'ai l'espérance qu'elle viendra

Faire sa niche entre mes bras.                                                Comme une sœur

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère

Je suis derrière...                                                                  A l’ombre des maris

Je ne suis pas le seul, morbleu !

Depuis que les règles sévissent

À ne plus me rendre à l'office

Dominical que quand il pleut.                                               Tempête dans un bénitier

Mélanie, la bonne du curé,

S’y introduit des cierges sacrés.                                                     Mélanie

Il parait qu'à loisir elle se mire nue

De face, de profil et même hélas de dos

Après avoir sans gène accroché sa tenue

Aux branches de la croix comme au porte-manteau.                            La religieuse

 

Moi, mes amours d'antan c'était de la grisette

Margot la blanche caille et Fanchon la cousette…                              mes amours d’antan

Un champ de blé prenait racine

Sous la coiffe de Bécassine...                                                                         Bécassine

Chez Jeanne, la Jeanne,

On est n'importe qui, on vient n'importe quand,

Et comme par miracle ou par enchantement,

On fait parti’ de la famille.                                                                          Jeanne

Et dans le cœur de la pauvre Hélène

Qui n'avait jamais chanté

Moi, j'ai trouvé l'amour d'une reine

Et moi je l’ai gardé.                                                                                Les sabots d’Hélène

Quand je vais chez le fleuriste

Je n'achète que du lilas ;

Si ma chanson chante triste

C'est que l'amour n'est plus là.                                                                    Le lilas

Et je succombe presque sous votre charme assassin

Se peut-il qu’on soit si méchante avec de jolis seins ?                méchante avec de jolis seins

Je mouillais mon mouchoir en souvenir de vous

Que le brave Prévert et ses escargots veuillent

Bien se passer de moi pour enterrer les feuilles,

Le vingt-deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous !                                  le 22 septembre

 

 

 

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Article Danyel Camoin

 

La bouée

de Georges Brassens

 

Je veux vous avouer ce soir, ma chère amie,

 Que lorsque je m'ennuie et que j'ai peur de tout,

Lorsque je me sens seul, tout seul, je pense à vous ;

Car vous êtes, je crois, ma plus sincère amie.

 

Je pense à vous souvent, car souvent je m'ennuie ;

Et dès que je m'égare en un mauvais sentier,

 Je fais appel à la merveilleuse amitié

Qui, depuis un grand jour, l'un à l'autre nous lie.

 

Si j'ai chanté pour vous ce soir ces quelques vers,

C'est que mon cœur malade s'est ouvert.

S’il vous parlait tout bas, voudriez-vous l'entendre ?

 

Si avec ses défauts, avec ses qualités,

Ses mauvais sentiments et sa naïveté,

Il se donnait à vous, voudriez-vous de prendre ?

 

Extrait du recueil : les couleurs vagues

 

 

 

 

Le progrès

 

 

de Georges Brassens

 

 

 

 

Sur les chemins battus aplanis par l'histoire,

 Inexorablement, sûr de lui, le progrès,

Chaque jour, chaque instant, d'un pouce, d'un degré,

Fait avancer ses inventions comminatoires.

 

Siècles de l'avenir, siècles aléatoires,

Si vous savez le bien conduire à votre gré,

Si vous savez au mieux conseiller ses victoires,

 Des sommets merveilleux certes vous atteindrez.

 

Vous aurez des bonheurs dont le temps ne se doute

Même pas et rirez des écueils qu'il redoute.

Peut-être, serez-vous maître de l'inconnu...

 

Mais vous regretterez l'ère de l’arondelle,

Cette vie où l'on faisait des vers à la chandelle,

Où l'on vivait heureux, faible, sauvage, nu.

 

 

Merci Georges !

 

 

 

 

 

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