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Les Mages du Mystère chez Provence-poésie : deux auteurs associés Nic Manday et Danyel Camoin...

mystère

 

Provence Poésie  a soutenu un nouveau salon du livre : présentation des mages du mystère de Nicole Manday et Danyel Camoin : une série de mystères entourée de magie presque  série-noire où Nicole essaie de démystifier l'imagination de l'auteur de Au seuil de l'inexplicable en traçant un parallèle cinématographique aux enquètes fracassantes du commissaire Mouloud... Mais chut ! Laissez la surprise aux lecteurs...

 

A travers ce livre, Nicole Manday et Danyel Camoin vous invitent à un étrange partage.

 

Quand  l’inspecteur Mouloud est entré dans cette maison, elle n’avait plus de porte. On aurait dit que la tempête l’avait traversée ; tout à l’intérieur était soufflé… Au milieu de la pièce pourtant deux corps méconnaissables restaient définitivement enlacés par leur squelettes, unis jusqu’au delà de la mort ! Il fallait qu’on reconstitue les faits…Pourquoi en étaient-ils arrivés là ?

Le policier s’est alors penché sur ce…

 

 

Cauchemar à deux places (Hell for two)

 

La porte s’ouvre sur cette vieille maison abandonnée depuis dix ans, la maison familiale gavée de souvenirs. Léonide et Marc reviennent habiter là ; il va falloir dératiser, ôter les toiles d’araignée, rallumer un feu de cheminée pour faire fuir l’humidité croissante et surtout faire attention à ne pas piétiner les souvenirs oubliés !

C’est elle qui a voulu revenir ; il y a dix ans elle a reçu un choc nerveux et perdu la mémoire immédiate, c’est à dire qu’elle a bien gardé dans sa tête son enfance et son adolescence, son identité et son mariage mais un grand trou noir s’est agglutiné autour des circonstances de son accident de voiture, un choc, sa tête ayant heurté le pare-brise, sans ceinture attachée pour la retenir, son joli minois a dû subir des interventions successives pour finir par cacher les cicatrices externes sur son visage mais les autres, les internes sont parfois restées ouvertes ! Certes, elle doit beaucoup à son mari qui est resté à son chevet, l’a aidé dans sa rééducation et l’a poussée longtemps sur un fauteuil roulant, pourtant elle le soupçonne de s’être dévoué pour se racheter  d’un écart de conduite. Elle pense qu’il est pour quelque chose dans son accident et le fait qu’il l’ait emmenée vivre ailleurs appuie sa théorie, il a quelque chose à cacher, quelque chose qui a ses racines dans la vieille maison et qui se noie dans son trou de mémoire ! C’est pour cette raison qu’elle a tenu à revenir habiter là, elle porte depuis l’accident une petite clef avec l’anneau en forme de cœur et cette clef n’ouvre rien depuis dix ans, c’est ici dans cette demeure qu’elle ouvrira sûrement la porte de la vérité !

Ils réaménagent donc la propriété, ils ont vécu heureux pendant dix ans puis il y a eu l’accident dû à ses soupçons sûrement, elle a trouvé dans un vieux journal la photo d’une jeune brune avec lui lors d’une soirée de récompense à son club ! Elle est blonde bien sûr, ce qui éloigne toute similitude ou confusion , elle s’est acharné à retrouver une trace de cette «  Stéphanie » mais comme par miracle, celle-ci a disparu le jour de l’accident par enchantement, elle n’a plus été vue par personne et la police l’a classée disparue ! Les fonctionnaires qu’elle a interrogé lui ont répondu qu’il disparaît chaque année des tas de jeunes filles dont on ne trouve plus trace soit par enlèvement, traite des blanches ou simple fugue mal terminée. Elle est pourtant sure que, si elle a disparu, c’est parce que Marc l’a tué pour ne pas être amené à divorcer perdant tout l’argent investi sur son domaine familial, héritage du père de Léo, et il lui est difficile de vivre pendue à son cou comme ces cinq dernières années où il l’aidait à marcher ; maintenant elle peut à nouveau danser sur ses jambes et est bien décidée à faire la lumière sur le trou noir de son passé ! Une jambe légèrement plus courte que l’autre l’oblige à tenir souvent une cane et à porter une chaussure de rattrapage mais malgré ses quarante cinq-ans, avec son visage encadré de boucles blondes et son corps svelte, elle a su rester attirante et peut encore se faire admirer…

Assise sur le banc du jardin, elle respire le parfum des ramilles des pins environnants joints aux relents d’humidité de la rivière toute proche qui attire l’été quelques touristes, l’hiver le coin reste très isolé…

« -Je me demande ce qu’on revient chercher ici, a-t-il dit.

-Je viens chercher la vérité toute nue comme dans un puits sans couverture de mousse ni robe de mensonge masculin : la solution pour éclaircir ce trou noir qui sépare dix ans de bonheur avec toi de dix ans de doute !

-Je crois que tu as tort de t’obstiner, je t’ai tout expliqué ; en cherchant trop la petite bête, tu risques de le regretter !

-Que veux-tu dire ?

-Que la vérité n’est pas toujours bonne et plaisante !

-Surtout pour vous, les hommes ! Toujours une maîtresse dans un placard !

-Je t’ai dit que ce n’est pas ce que tu crois ! Cette fille, j’ai tout juste eu le temps de la connaître avant qu’elle ne disparaisse !

-Elle était peut-être enceinte à ce moment-là !

-Qu’est-ce que tu vas imaginer ? Mais c’est impossible !

-Ah, oui ? Et pourquoi ?

-Parce que …

-Tu vois, tu ne sais plus quoi dire, tu ferais mieux de me dire toute la vérité !

-La vérité est une maîtresse qui nuit trop souvent à ses amants, tu devrais laisser tomber ! »

Elle reste persuadée de trouver dans cette maison le secret de la brume qui crée ce cauchemar  dans lequel elle l’entraîne aussi malgré lui. Il a dû tuer sa maîtresse pour pouvoir retourner vers sa femme sans être harcelé, voire démasqué ! On voit des cas semblables dans tous les romans et tous les films ; les hommes n’ont pas le courage de sacrifier le confort et les pantoufles ; ce sont les femmes qui partent en claquant la porte à leur nez !

Peu à peu, elle fouille plus ou moins discrètement, en rangeant la maison et en nettoyant le jardin… En suivant ses intuitions et d’étranges manifestations qui déplacent des objets autour d’elle, du moins le croit-elle, elle finit tout de même par trouver des os sous la terrasse : le squelette de Stéphanie enterrée sous l’escalier !

En rentrant, ce soir-là, son mari la surprend et se met à crier comme un fou ; c’est la première fois depuis l’accident qu’il s’extériorise hors de son personnage calme ;

« -Le vernis commence à craquer, dit Léo.

-T’avais besoin d’aller remuer… Tu ne sais où tu vas là, si tu leur montre ces os, il ne te lâcheront plus !

-Qui ?

-Les policiers…

-C’est curieux, mais je suis sûre que c’est toi qui l’a enterrée là, c’est un travail d’homme !

-Celui qui creuse le trou d’un mort n’en est pas forcément l’assassin et rien ne prouve l’identité d’un os !

-On confiera le tout à la police !

-Après !

-Que veux-tu dire ?

-Quand tu sauras la vérité, dés fois qu’elle te fasse changer d’idée ! Regarde dans quel état tu as mis tes pieds et tes mollets, tu as de la boue jusque dans les ongles ; tu as creusé sous la pluie, tes cheveux sont trempés ! Rentre te nettoyer et te sécher, s’il te plaît ! »

            Il l’accompagne dans la maison jusqu’à la salle de bains et s’évertue calmement à  nettoyer les ongles de ses pieds pleins de boue… Ce faisant, il se voit en train de nettoyer d’autres ongles bien longs, ceux des doigts un peu écaillés au bout des mains de Léo, il y a déjà longtemps dans l’hôpital…

Il se ressaisit et l’essuie doucement d’une caresse de serviette éponge ; elle paraît plus calme, nue sur le rebord de baignoire, légèrement frissonnante malgré la chaleur de l’eau. Il s’en aperçoit et la frictionne avec de l’eau de Cologne qu’il prend sur une étagère encombrée ; il la masse avec un gant de toilette puis dépose un tout petit baiser dans son cou mais elle se dégage pour passer un peignoir… Elle lui dit qu’elle a besoin d’y voir clair ! Soudain, elle se fige ; dans la buée répandue par la vapeur sur les miroirs, elle a cru distinguer deux yeux qui la fixaient…

Les jours suivants, la pioche de Léo sillonne le jardin et les abords de cour  qui paraissent victimes de taupes ou de termites, mais rien ne vient plus étayer sa théorie… Au contraire, une photographie qu’elle accuse d’être truquée vient la troubler ! Elle saisit rageusement l’épreuve et se rend chez la mère de Stéphanie qu’elle supplie de la laisser fouiller dans les affaires personnelles de la jeune fille ! Elle trouve, après quelques efforts, une gravure qui montre celle-ci en train d’embrasser une autre femme, une blonde prise à moitié de dos mais suffisamment visible pour que Léo se reconnaisse pendant que, confuse, la mère, le visage tout rouge, avoue que sa fille aimait les femmes ! La vieille dame explique qu’elle a élevé les enfants de son mieux mais ils ont changé en grandissant…

Elle n’a plus qu’un fils, ancien artificier de l’armée : il est spécialisé dans les explosifs dans les entreprises de démolition, les mines et les puits et elle tremble qu’il ne soit un jour emporté par une de ses charges : c’est tout de même plus grave qu’une homosexualité ! Elle observe toutefois d’un œil soupçonneux les réactions de Léo et lui demande :

« -C’était vous, n’est-ce pas ? »

Perturbée par sa découverte, le visage livide et les yeux hagards, Léo sort de la demeure sans répondre, sans même saluer, elle se sent sale… Déboussolée...

Stéphanie n’était donc pas la maîtresse de son mari mais la sienne ! Certes, une révélation pareille secoue mais ne change pas l’essentiel ; il l’a tué pour garder son épouse pour lui, c’est moins commun mais tout aussi plausible !

             Questionné à son retour, l’époux ne nie pas, ajoutant avoir toujours été amoureux de Léo et voyant très mal cette union survenue après la déception de ne pouvoir avoir d’enfant avec lui. En tout cas, c’était bien la raison qui empêchait Stéphanie d’être morte enceinte ! Léo est blanche comme un suaire quand elle révèle à son mari avoir vu la silhouette de la jeune fille lui apparaître dans le miroir du lavabo, avec le visage en sang, tout griffé comme si elle avait subi l’attaque d’un chat sauvage !

Cette nuit là, elle marche pieds nus en claudiquant dans sa chemise de nuit blanche. Tous deux se retrouvent debout en train de fumer en chargeant les pipes ancestrales du salon ! Un même cauchemar les réunit, les yeux bien ouverts prés de la  vieille cheminée ; elle est revenue !

Ils l’ont vue, tous les deux, traverser le salon  pour s’asseoir à demi-nue devant l’âtre condamné et ricaner en bavant comme une sorcière.

Ils l’ont vue toute blanche telle une statue en mouvement leur lancer un regard de haine rouge comme le sang qui coulait sur son visage. L’image de cette hargne ne s’efface plus de leur mémoire. Ils tremblent ensemble…

Au bout d’un long moment de silence complice, Marc prend la main de Léo entre les siennes et l’embrasse, puis la fait asseoir dans le fauteuil au chaud , il s’agenouille et prend un de ses pieds tout froid, souffle sur lui comme le bœuf de la crèche et le chauffe entre ses mains ; ensuite, il agit de la même façon pour l’autre en l’embrassant à la fin de la manœuvre.

Le lendemain matin, Léo s’approche de la vieille cheminée désaffectée fermée par une plaque de fonte noire : comme elle fouille tous les endroits où elle aperçoit l’apparition, la cheminée paraît une cachette que celle-ci aurait voulu lui indiquer… Derrière la plaque qu’elle soulève, elle découvre une cassette ayant appartenu à sa mère. Elle la tire du foyer et la dépose sur une table après l’avoir époussetée. Elle éternue… La boîte est fermée sur le devant par une serrure et elle est sûre de savoir où se trouve la clef qui ouvre ce loquet ; elle arrache la chaîne autour de son cou et plante l’extrémité de la clef dans le petit orifice. Il s’adapte parfaitement et ouvre la cassette qui révèle alors son contenu : des petits mots, des poèmes et une lettre  dans une enveloppe décachetée qui révèle à ses yeux les adieux cinglants de Stéphanie : elle la quittait pour partir avec une autre…

 Mais alors qui l’a tuée ? murmure-t-elle.

« -C’est toi ! Dit Marc apparaissant tout à coup derrière elle, tu ne supportais pas qu’elle te laisse choir pour une autre !

-Ce n’est pas vrai ! crie-t-elle et elle se jette sur lui, les ongles en avant ; il stoppe la main à deux doigts de sa joue et lui montre les ongles longs et acérés :

-Quand je t’ai rejoint à l’hôpital, tu avais encore sa chair sous tes ongles et je les ai coupés en prétextant que tu les avais cassés dans le choc, puis, je suis revenu à la maison  où elle gisait  prés de l’allée aux rosiers, le visage tailladé et le crâne fracassé par un pot de fleurs, c’était signé ! Il fallait la faire disparaître !

-Mais alors, tu m’as évité la prison et tu as tout supporté sans être coupable de rien ?

-Non, je suis tout de même un peu responsable ; c’est moi qui ai soudoyé la fille qui devait partir avec elle pour pouvoir te reprendre ! Je ne supportais pas l’idée de te perdre ! Au fond, tu as raison, je ne suis qu’un égoïste, je n’aurais pas supporté de ne te voir qu’au parloir d’une prison pendant les dix dernières années ! J’ai donc enterré Stéphanie prés de la terrasse que j’ai étendue plus tard au-dessus de son corps par l’escalier. Ensuite, j’ai vécu heureux d’être près de toi, même si ce n’était plus aussi passionnel qu’avant ! Mon erreur est de ne point avoir profité de ton coma pour t’arracher cette satanée clé pendue autour de ton cou !

-Alors, c’était moi la coupable !

-Laisse tomber, je t’en prie, c’était il y a dix ans ! Tu as largement payé en te fracassant contre un arbre quelques minutes après probablement troublé par ton geste de jalousie…

-Comment ai-je pu aimer une femme et… être si ingrate avec toi ?

-Tu ne me dois rien, tout ce que j’ai fait, je le recommencerai s’il le fallait avec le même besoin de toi !

-Non, maintenant, c’est moi qui ai besoin de toi pour ne pas aller tout avouer en pleurant, serre-moi fort contre toi et retiens-moi en me disant que tu m’aimes assez  pour m’en empêcher !

-Pas de problème ! Nous allons vendre la maison et repartir tous les deux, loin des souvenirs ! »

Elle se pend à son cou et l’embrasse …

 

Ils sont trop occupés pour voir une vieille dame qui s’éloigne de chez eux, le plus rapidement qu’elle peut: elle ressemble, trait pour trait, à la mère de Stéphanie…

Un tic-tac étrange  résonne derrière elle, sur la terrasse, à la manière d’une musique rythmée en battement de cœur qui s’intensifie… On dirait qu’il provient d’un gros paquet déposé à la porte d’entrée sur lequel on a écrit en grosses lettres :

 «  Bon voyage ».

 

mages

Nicole Manday et Danyel Camoin vous invitent à les rejoindre dans ce livre plein de suspense... Un polar magique pour vos fêtes de fin d'année en vente par correspondance chez Provence-poésie (pp.editions@yahoo.fr)


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