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16 septembre 2021 4 16 /09 /septembre /2021 13:18
Retour sur nos livres
Retour sur nos livres

Provence-poésie présente avec l'autorisation des auteurs, deux articles qui ont été écrits sur internet 

en parlant de nos livres :

 Les auteurs concernés 

Danyel CAMOIN pour "Et si je vous contais..." vu par François LEGER

Christine LUBRANO, Geneviève CASABURI et Frank ZORRA pour " l'impossible crime " vu par Lildrille

14 septembre 2021

Nouvelles, contes et courts textes forts...

Un recueil de Danyel Camoin

      Si la quatrième de couverture de l'ouvrage de Danyel Camoin intitulé "Et si je vous contais..." promet "tout un programme animé dans une ambiance fantastique pouvant aller jusqu'à la réincarnation", je ne peux pas m'empêcher d'approuver partiellement cette présentation dans la mesure où l'auteur fait visiblement, lui-même, la différence entre "réincarnation" et "métempsychose" ! Un seul texte - intitulé d'ailleurs  "Métempsycose" -  un seul texte, très, très curieux, peut faire penser à ce genre de phénomène...

 

      De fait, l'auteur n'évoque pas véritablement l'incarnation d'une âme humaine dans un nouveau corps humain après sa mort (ce qui serait alors une réincarnation). Non, il place ici le sujet  - comme il l'indique dans son titre - dans le passage (éventuellement successif) d'une âme dans plusieurs corps humains ou animaux, voire dans des végétaux (ce qui n'est d'ailleurs pas le cas dans sa relation !). Non, il s'agit bien du retour d'une âme humaine dans le corps d'un animal... A partir de là, l'auteur a beaucoup de liberté et se permet de nombreuses libertés qui peuvent surprendre quelque peu le lecteur !

      Toutefois, ce n'est là qu'un texte de ce recueil qui débute par une nouvelle de qualité intitulée "La croisée des regards ou la femme d'un cordonnier" que l'auteur présente d'ailleurs lui-même par cette phrase : "Méfiez-vous des séniors, certains ont encore du ressort".  On a droit ici à un véritable scénario de film policier dont l'action aurait lieu dans un village de province: le cadre dans lequel évoluent les personnages sent bon la campagne que j'ai connue il y a bien des années... lorsque j'étais enfant !

      Les écrits se suivent, non sans présenter ici ou là un certain humour dans les titres... Il en est ainsi, par exemple, de "Ce soir-là... La maison close était fermée" dont il est d'ailleurs difficile de percevoir toute la lumière dans cette affaire policière qui, une fois résolue, permet à l'auteur de faire ce commentaire : "Et dire que, quelques années après, on a fermé définitivement ces maisons déjà closes ! "

     

 

Beaucoup de pages de cet ouvrage auront été tournées lorsque vous arriverez à cette nouvelle à la chute exceptionnelle... Une nouvelle qui - malgré son titre : "N'en faîtes pas un roman ! " - vous donne envie d'en parler ! Ceci d'autant plus que l'on ne peut pas s'empêcher alors de penser à l'une des citations faites par Danyel Camoin au début de ce travail ! Il s'agit de cette phrase de Marcel Pagnol : "On ne meurt pas d'amour. Quelquefois, on meurt de l'amour de l'autre quand il achète un révolver..." Mais, au fait, ne peut-on pas être le meurtrier de quelqu'un dont on est fou d'amour et devenir tout simplement fou ?

       "La règle de deux", l'un des deux courts textes forts mettant un terme à ce travail, traite, c'est évident, d'histoire d'amour (histoires d'amour ?)... Un texte qui mène l'auteur à cette conclusion : "Quels que soient les comptes et quelle que soit l'époque, c'est mathématique, on passe par la règle de deux"...

       Le texte suivant est tout aussi percutant ! "Au cœur du miroir" amène à se demander si, vraiment, l'amour ne tue pas. De fait, lorsque l'on est fou d'amour et que l'être aimé disparaît, lorsque l'on sombre alors dans une sorte de folie, n'est-ce pas une véritable mort ?

         On l'aura compris: le lecteur aura aussi à découvrir, dans ce recueil, des amours fusionnels, c'est à dire des relations humaines vécues dans une sorte de symbiose et d'identification, d'où n'est pas exclue une sorte d'érotomanie. Cela ne surprend d'ailleurs pas véritablement après avoir lu l'Ouverture par l'éditeur : "Attention ! Ce sont des contes pour grandes personnes et tous les personnages qu'on y compte sont imaginaires (...) N'espérez donc pas les croiser dans votre rue, sauf par pure coïncidence indépendante de notre volonté".

"Et si je vous contais..."  article : François LEGER

ROMAN

L’Impossible Crime – Geneviève Casaburi et Christine Lubrano- Une enquête de Frank Zorra.

Lildrillepar Lildrilleseptembre 21, 2019   

 

Editeur : Provence-Poésie

Genre : Policier- Les enquêtes marseillaises de Frank Zorra.

Résumé :

Christophe vient d’être assassiné. Un homme entre deux femmes. Les suspectes : Josiane ou Emilie. Qui l’a tué ?

Frank Zorra ne veut pas qu’on classe l’affaire comme le fait la police ; on l’a payé pour filer le mari maintenant mort et il ne sait pas qui ! L’épouse est sur un fauteuil roulant ; il paraît impossible qu’elle ait grimpé l’escalier en colimaçon de la mansarde, et la maîtresse était à l’hôpital. Pourtant, un témoin oculaire affirme au détective avoir vu sortir une femme affolée de la maison le soir du crime…

Avis :

L’impossible crime est un roman écrit à quatre mains. Les deux styles d’écriture s’associent à merveille pour nous conter une histoire d’amour bien particulière et qui s’est mal terminée. Il est dommage que la lecture se fasse trop vite car l’ambiance à la fois oppressante, pleine de mystères et rafraîchissante fonctionne et tient son lecteur en haleine jusqu’au bout. Les dernières pages accélèrent grandement l’intrigue et on perd l’atmosphère de ces cocons particuliers pour poursuivre le ou les coupable(s) de manière active, tel un roman d’aventures. Un roman d’aventures efficace !

Geneviève Casaburi est dans la peau d’Emilie, la maîtresse de la victime. La jeune femme est abattue et a du mal à avancer sans son bien-aimé. Les mots coulent, tels des torrents de larmes, versés par une intense tristesse que la mort a fini par exacerber. Emilie, mal dans sa peau et dans sa tête, nous livre ses angoisses concernant un futur qui lui paraît vide et sans saveur. Peu sûre d’elle, la jeune femme se pose de nombreuses questions et doute de tout.

Ses états dépressifs et ses passages à l’hôpital ne l’aident pas à retrouver toute l’énergie qu’elle a besoin pour combattre sa peine récente, et les questions pressantes d’un détective prêt à tout pour trouver l’assassin, et qui risque de la prendre pour une folle. Christophe ne voulait pas quitter son épouse bien qu’il lui jurait qu’il l’aimait à la folie. Se pourrait-il que cela soit un mobile suffisant pour accuser Emilie ?

Christine Lubrano écrit pour Josiane, la femme de la victime. Plus sûre d’elle, plus mature aussi grâce à ses expériences, elle est un pilier qui tient bon dans la tempête, malgré tous les problèmes physiques et émotionnels que Christophe lui a faits subir, volontairement ou non. Les premières pages la concernant remontent dans le passé et décrivent le pire accident de sa vie, qui pourrait très bien être le mobile du crime.

L’amour pour son mari nous est décrit de bien jolie manière, via ses carnets intimes, ses remords, ses regrets et ses souvenirs d’une vie commune simple mais prometteuse, qui a fini par basculer pour ne devenir qu’un calvaire quotidien. Manque de communication, handicaps physiques, égo peu compatissant, frayeurs … la relation entre Josiane et Christophe est complexe et captivante. Savait-elle pour la relation de son mari avec Emilie ? Josiane aurait-elle tué Christophe pour cela ou pour l’accident ?

 

Ces deux femmes offrent des visions différentes de l’homme assassiné, mais aussi deux regards de femmes qui, même si elles n’ont pas les mêmes âges ou les mêmes expériences, souffrent pareillement et doutent de leurs sentiments comme de leur légitimité dans cette relation. Les deux écritures se complètent et les tons se mélangent d’une belle manière. Le rythme choisi ne s’alterne pas systématiquement entre les deux protagonistes mais change selon les besoins de l’histoire et l’avancement de l’enquête, ce qui est intelligent.

Un troisième personnage fait son apparition : le détective Frank Zorra, que les deux écrivaines manipulent à tour de rôle, sans que cela ne soit visible. Ce dernier ressemble aux enquêteurs d’antan, avec un ton jovial, un œil incisif et le besoin de partir à l’aventure. Son franc parler n’est pas désagréable à suivre et il sera utile aux deux femmes (qui subissent quelques problèmes non liés à la mort de Christophe), ainsi qu’à l’enquête. Rapide et efficace, la résolution progresse bien vite et peut-être un peu trop grâce à lui, étant donné sa motivation pour en finir et prendre en main l’affaire dont la police ne veut plus s’occuper. Son caractère atypique et son professionnalisme font de lui un personnage attachant.

Malgré quelques rebondissements et mystères bien pensés, comme l’identité énigmatique du payeur de la filature du mort ou celle du témoin oculaire, la lecture manque de suspense sur la durée pour nous faire douter jusqu’au bout de l’implication de telle ou telle suspecte. De plus, l’enquête avance vite, enlevant complètement tous les soupçons qui nous restaient à un moment donné. Le roman perd ainsi de sa saveur car on aurait aimé en savoir davantage sur les deux femmes et leurs possibles liens, et continuer à douter de l’implication de l’une d’elles.

La résolution est étonnante et intéressante, clôturant le roman de manière efficace et claire. Les mobiles sont en effet détaillés et le lecteur réalise qu’il n’aurait jamais pensé à cette fin aussi tordue. Un bon point !

Note : 16,5/20

Par Lildrille

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