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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 23:33
Brigitte Bansard-Jean, notre nouvelle nouvelliste, dans l'atelier 2, comme Geneviève Casaburi, montre aussi un talent de poète
Brigitte Bansard-Jean, notre nouvelle nouvelliste, dans l'atelier 2, comme Geneviève Casaburi, montre aussi un talent de poète
Brigitte Bansard-Jean, notre nouvelle nouvelliste, dans l'atelier 2, comme Geneviève Casaburi, montre aussi un talent de poète
Brigitte Bansard-Jean, notre nouvelle nouvelliste, dans l'atelier 2, comme Geneviève Casaburi, montre aussi un talent de poète

Brigitte Bansard-Jean, notre nouvelle nouvelliste, dans l'atelier 2, comme Geneviève Casaburi, montre aussi un talent de poète

Danyel Camoin présente

La nouvelle rubrique centrale :

La nouvelliste du semestre

Rubrique semestrielle de la nouvelle :

à chaque extrait de nouvelle une phrase de définition

Ce semestre la muse de la nouvelle prend le visage et les mots de

Brigitte Jean

Lauréate gagnante du concours de nouvelles

des auteurs en Pays d’Aubagne 2016

Vous ne résisterez pas au charme… de son stylo !

En suivant l’auteur, peut-être, découvrirez-vous la clef du mystère, un simple passe-temps, une solitude à laquelle vous n’auriez pas cru, et qu’importe si vous entendez cette musique exceptionnelle que font vibrer en vous :

Les mots du tiroir

J’ai découvert un étonnant mystère…Venez, approchez pour que je vous le confie…

Sur le dossier du fauteuil traine le gilet duveteux en laine mohair blanche, ample à souhait, dans lequel j'ai plaisir à m'enrouler. Complice de mes réflexions, partenaire de ma concentration, il me protège des frissons qui m'envahissent insidieusement au rythme des mots qui s'alignent. Sur le bureau, un carnet griffonné, un dictionnaire encore ouvert, une pile de dossiers qui s'accumulent, une collection de stylos aux pointes variées, des courriers en attente, une théière et sa tasse qui s'impatientent sont les indices de mon univers littéraire. Sur la droite, deux tiroirs : dans le premier sont rangés des documents officiels, en ordre militaire.

Le second est le tiroir à mots...

Ce tiroir possède une bibliothèque où des années d'écriture sont classées dans des boîtes-archives. Dans le cœur du tiroir, les derniers textes attendent de connaître le verdict du jugement final, auront-ils la joie de voir le jour ? Ou finiront-ils, à leur tour dans une énième boîte ? Peut-être ressortiront-ils de cette cachette pour connaître une seconde vie et fleurir enfin un album, pimenter un recueil ou séduire une table de nuit ?

Qui sait ?

...

_______________________________________________________

Et parmi eux, le chant du troubadour volette avec le papillon jusqu’au fond des temps porté sur l’aile du vent. Il plonge dans l’enfance des autres avec un charme inconnu venu de l’Au-delà et l’on a l’impression que l’écho répète :

Ze te l’avais bien dit !

À cinq heures du matin, c’est Pomponette qui démarre les hostilités par une symphonie de miaulements impatients : je me lève encore ensommeillée et titubante, sans lunettes ni pantoufles, longer le couloir, traverser le salon pour atteindre la porte-fenêtre. Et là, bing, je cogne mon pied nu dans celui de la table basse ! Pendant que je me masse l’orteil endolori, j’entends Renaud me fredonner sa chanson « Pochtron » et me confier à l’oreille : « Ça m’a fait mal jusque dans ma montre ». Pour la punir, demain je couperai les pieds de la table. J’ouvre enfin la porte pour libérer la minette qui jette un bref regard vers la terrasse fouettée par le marin et repart vite fait se recoucher dans son panier pour éviter d’affronter la pluie. Je lui lance un regard venimeux et lui promets un stage dans le chenil du voisin où la meute de Beagle lui fera regretter d’être un félin capricieux. Je me recouche avec mes idées assassines, mais, quand même, elle est bizarre, Pomponette, ces jours-ci, elle s’est arrondie et son caractère a changé. Elle n’a que huit mois mais si elle continue ainsi il faudra la rationner sur les croquettes. Je prendrais rendez-vous chez le vétérinaire afin qu’il me conseille. Pour le moment, je m’enroule dans ma couette, lorsque j’entends une petite voix :

─Maman, z’ai soif.

Pas gagné, pour l’orthophoniste…

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Au numéro 82 vit un couple bizarre… En passant par la montée du stade, on arrive chaque fois devant leur maudite ouverture et c’est celle-ci qu’elle craint :

La fenêtre aux escargots

Normalement, les escargots ne me font pas peur, mais là, l’expression de mon frère, lorsqu’il en parle, me met en panique, c’est incontrôlable. Derrière la fenêtre, je suis sûre, se trouvent des escargots énormes, féroces et cruels, capables d’attraper une petite fille. Ils ont un corps tout gluant, aussi, même si je me débats, leurs cornes vont s’agiter telles des tentacules et leur bave va m'empoi-sonner d'un venin paralysant. Par leur fenêtre, ils doivent nous surveiller, m'observer et m'examiner comme une future proie car c'est toujours moi qui me fais prendre quand on joue au "loup glacé". Ils attendent le meilleur moment pour lancer l'attaque. Si je ne les regarde pas, ils ne verront pas que j'ai peur. Je suis sûre qu’ils réagissent de la même manière que les chiens, Papa me dit souvent qu'ils ressentent notre peur, qu'ils l'interprètent comme une menace et certains chiens mal équilibrés peuvent mordre dès qu'ils perçoivent notre malaise. Si je marche devant leur fenêtre avec l'air de me promener sans montrer aucune crainte, alors ils ne m'attaqueront pas.

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Suivez le conducteur de ce drame, il a repris le volant, c’est lui qui va la guider malgré les années et l’important ce n’est ni la rose ni le ruban qui défile sous ses roues : alors qu’espère-t-il dans cette fuite sans…

Le sourire de Lucienne.

Pour nous laisser du temps, dans l'éventualité que ce soit réellement le bon jour, ce matin, avant de quitter ma chambre, j'avais laissé un mot sur la table : " Ne vous inquiétez pas, je l'emmène à Fontaine de Vaucluse".

J'avais déjà repéré que le minibus réservé aux excursions restait garé tout près de la sortie de secours. Chaque lundi, Isabelle conduisait le véhicule et emmenait un petit groupe dont je faisais souvent partie, constitué de quatre ou cinq personnes parmi les plus valides, pour se rendre au marché hebdomadaire. Je me sentais prêt, Lucienne était en forme, si on peut dire et la direction avait autorisé sa sortie par cette belle matinée au ciel dégagé. Le jour idéal me dis-je. Discrètement, j'avais emporté un gros gilet supplémentaire pour qu'elle n'ait pas froid et je m'étais moi-même habillé en prévision de la chute de quinze degrés à laquelle je nous destinais.

Nouvelle grand prix de la Ville d’Aubagne

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