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19 mars 2019 2 19 /03 /mars /2019 09:57
Nathalie Williams et Bernard Royer, deux des auteurs dont les nouvelles ont été mises en scène par l'équipe de Pp et Gérald Filias, deuxième prix du concours 2018 pour les recettes d'Honoré.
Nathalie Williams et Bernard Royer, deux des auteurs dont les nouvelles ont été mises en scène par l'équipe de Pp et Gérald Filias, deuxième prix du concours 2018 pour les recettes d'Honoré.
Nathalie Williams et Bernard Royer, deux des auteurs dont les nouvelles ont été mises en scène par l'équipe de Pp et Gérald Filias, deuxième prix du concours 2018 pour les recettes d'Honoré.

Nathalie Williams et Bernard Royer, deux des auteurs dont les nouvelles ont été mises en scène par l'équipe de Pp et Gérald Filias, deuxième prix du concours 2018 pour les recettes d'Honoré.

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Quelques images...

Provence-poésie présentait la lecture-spectacle du 16 mars devant une salle de près de quatre-vingt personnes :

Aubade du musicien en hommage à Gilbert Bécaud et présentation des auteurs invités.

Ouverture par un jet de plumes sur la musique de Mon truc en plumes par Alain Verriez

Age tendre et tête de bois pour les jeunes de toute génération par Denise et Danyel

Mon truc aux plumes,( centon hommage à Bécaud ) par Patrick LEIDET .

Rencontre au paradis de Léo Ferré (Guy Feugier ) et Gilbert Bécaud (Danyel Camoin) (musique: Alors raconte).

La plume d'Honoré d'après Gérald Filias : 2e prix du concours 2018, avec Alain D'Aix,  Evelyne Juven et Jean- Claude Colay (musique : Plume de Zaz )

L'hirondelle d'après Bécaud par Danyel (musique l'hirondelle)

Voyage, v.o.y.a.g.e, d'après Nathalie Williams par Fernanda Oliver (musique Voyage-Voyage de Désireless)

Plume d'amour d'après Frank Zorra par Monique et Jacky (musique : Et maintenant)

L'indien  (d'après Bécaud) accompagné musicalement avec  Evelyne et Danyel.

Le car du Fada d'après Bernard Royer dit Oursinus avec Jean-André, Jean-Claude, Alain d'Aix et Guy Feugier.

Le corbeau chante : Ouvrez la cage aux oiseaux par Christian TRINGA et sa marionnette.

Rosy sans john d'après Bécaud par Denise et Danyel (Final musical et salut des participants)

 

Merci aux auteurs qui ont accepté les adaptations.

PS : Bernard ROYER, présent dans la salle et auteur de Coup de pompe, devenu Le car du fada, par l'adaptation de Danyel Camoin et Jean-Claude Colay,  est aussi le deuxième prix du concours Marcel Pagnol  sur Le schpountz à Aubagne.

 

Photos : Bernard Royer et Candice

Article : FZ

La plume d’Honoré

D’aprés les recettes d’Honoré de Gérald Filias                      texte numéro 4

 

Il s’agit d’un boucher qui jouait sur les mots avec sa clientèle et le voilà dans sa retraite…

Un jeune homme à casquette pénètre dans l’établissement, un peu perdu, un papier à la main, c’est la première fois. Une jeune femme à l’entrée le questionne des yeux.

 

 “Je cherche Mr Célesto.

-Mr Honoré… il est dans le parc là-bas, vous le voyez ? Il griffonne comme souvent avec son crayon et sa gomme. Vous êtes de la famille ?

-Non pas vraiment, ma mère était une de ses connaissances. Comment est-il ?

-Il faut être au bon moment et c’est très agréable, sinon, c’est triste. Il radote et pose souvent la même question. Aujourd’hui ça a l’air d’aller.

 

(Il laisse la jeune femme et se dirige vers le vieil homme. Il s’approche de lui.)

-Mr Honoré ?

-Qui êtes-vous jeune homme ?

-Je suis le fils d’une de vos clientes, je suis le fils de Marie !

-Marie… Marie, qui voudrait votre beau nom tourner. Comment va-t-elle ?

-Elle est partie voilà un mois.

(Il paraît plonger dans ses souvenirs)

-J’étais boucher-charcutier comme le précisait l’enseigne qui avait éclairé mon commerce des années durant.

Mais le ris de veau, la bavette et la terrine forestière n’étaient pas ma seule passion. J’aimais les mots. Je jouais, jonglais avec eux, les caressais toute la journée. Mes clients venaient autant pour mon pâté en croûte que pour mes tournures. J’aimais reprendre les auteurs célèbres et taquiner certaines clientes comme Marie en citant Ronsard :

Marie, qui voudrait votre beau nom tourner,

Il trouverait Aimer : aimez-moi donc, Marie.

-Je ne faisais pas seulement dans l’anagramme. Répondre en alexandrins ne me posait pas de problèmes et j’aimais préparer des acrostiches selon l’actualité ou le plat du jour. Si presque partout ailleurs la météo était le sésame pour engager une conversation, chez Honoré, on parlait de soleil mais c’était pour citer Cocteau et quand la pluie était là, j’espérais Marie pour lui dire Carco.

C’est merveilleux, il pleut. J’écoute

La pluie dont le crépitement

Heurte la vitre goutte à goutte…

Et tu me souris tendrement

-Et Marie souriait.

(Vers le public en posant le papier, le jeune homme :)

Ma mère m’a raconté ;

On venait pour Honoré et la qualité de ce qu’il proposait.

Puis le rideau tomba et lorsqu’il se releva, Honoré n’était plus là.

Le tablier rendu, il devint écrivain public.

Il proposa les services de sa plume mais aussi il sollicita les gens. Il aimait s’assoir sur les bancs près des personnes isolées quel que soit leur âge. Il notait les événements de leur vie, leurs réflexions, leurs espoirs… Il finit ainsi par écrire plusieurs recueils et vola vers d’autres amours. Son dernier coup de cœur, Honoré l’avait eu pour une triple sauteuse colombienne aperçue à la télévision. Elle avait un regard si déterminé et un sourire si lumineux qu’il annonça à ses clients que ce serait sa dernière conquête.

Et puis il se fatigua et dut se résoudre à se retrouver dans un établissement de « déplumés » comme tant d’autres.

Ma mère désirait que je découvre ce personnage original et généreux.

 

-Je crois que tu as encore beaucoup de peine.

Il prend son crayon et sa gomme…

(Vers le public) Le visiteur décrit :

Il écrit le mot douleur sur la feuille devant lui. Il gomme le l, et l’écrit un peu plus bas, puis il souffle dessus et courbe la lettre après plusieurs dessins pour le transformer en c. Le c prend maintenant place dans l’espace laissé vide. Voyez son sourire malicieux, la douleur est devenue douceur :

-Les mots sont nos amis mais il faut les connaître et bien les choisir. Comment parler, comment dire, comment aimer avec vos mails ? As-tu remarqué ?

Et le voilà qui reprend son crayon : boîte de réception, on gomme le r et place un d. Boîte de déception !

-Tu n’es pas d’accord ?

-Comment ne pas vous donner un sourire d’acquiescement ?

-Un mot, tourne-le dans un sens, puis dans l’autre. Ça va ?

Sinon, ne force surtout pas, ne l’abîme pas

Si ça ne va pas, c’est qu’il n’est pas à sa place, mets-le de côté

Prends en un autre, puis un autre jusqu’à trouver le bon.

Là, la porte s’ouvre, mais cela ne marche pas toujours…

Vois-tu petit, j’ai aimé ta maman, je l’ai fait sourire mais c’est tout. Elle semblait fermée à double tour. Le mot qui aurait pu ouvrir son cœur, je ne sais pas s’il existe, en tout cas, je ne l’ai pas trouvé…

(Il s’arrête et soudain il change de ton : )

Mais qui êtes-vous jeune homme ?

Le jeune gars parle pour lui-même :

C’est fini, Mr Honoré est parti dans ses souvenirs, je n’arrive plus à capter son regard.

Il le laisse. Il est encore plein d’émotion et de tristesse quand il rejoint la jeune femme de tout à l’heure. Elle lui demande :

-Comment c’était ?

-C’est que…je l’ai perdu à la fin.

-Et vous savez pourquoi il pose cette question aux dames de l’établissement ?

-Quelle question ?

-A toutes, il demande si elles font du triple saut !

Le visiteur remue la tête et s’en va ! L’accordéon démarre la musique…

 

Personnages : La dame ; Evelyne Juven- Honoré ; Alain d’Aix- Le visiteur-Jean-Claude Colay et voix off pour les poèmes : Danyel Camoin.

 

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VOYAGE, V.O.Y.A.G.E

 

Version pour scène duo d’après la nouvelle de Nathalie Williams

La lectrice devrait porter un grand chapeau.

 

J’allume mon ordinateur : j’ai gagné un voyage ! Je vous jure, une fenêtre est apparue sur mon écran dix-neuf pouces : « Vous avez gagné un voyage ! ».

Gagné ? Vraiment ? G.A.G.N.É ça veut dire : Géante Attraction du Gain… Non ? Escroquerie ! Dans V.O.Y.A.G.E, il y a Voiture, incontournable et onéreuse, Obligation — quoiqu’on en dise —, Argent — l’autre incontournable —, Gens — trop de gens —, Enfer, sans commentaire... Certes, j’ai oublié le y : Youpi… Très peu pour moi !

J’allume la radio, on reparle de voyage... Je tombe sur la super promo du jour : un voyage pour deux personnes aux Baléares à moins de deux cents euros. P.R.O.M.O : p,r,o,m,o. Prix réduits Ou Mensonge Optimum ? Et puis, un voyage pour deux ne me concerne pas. Moi, je suis S.E.U.L.E : Sans Encouragement, Un Lamentable Etre…

Je m’effondre…sur mon lit. L.I.T. : Lieu d’Intimité Totale. Seule, peu importe, je dois faire mes bagages ! Je tends la main sous mon lit et sors une valise que je dépoussière ensuite avec chiffons et lingettes ; la voilà toute propre. P.R.O.P.R.E ! Prête Rapidement Ou Pas Rapidement, Enfin ! Peu importe… Oui, mais elle est vide. : v,i,d,e. Vie Insipide Dénuée d’Envie. Je vais regarder dans mon placard pour la combler, oui mais, maillots de bain ou pull-over ? T-shirt ou gros manteaux ? Je dois choisir où je vais partir… Loin sans doute. L.O.I.N : Lieu Ou Idée Nouvelle. Nouvelle, je veux bien, mais au hasard non ! H.A.S.A.R.D, h, a, s, a, r, d. Halte ! Attention ! Sorties d’Aléas Rapides et Dangereux ! Il faut que je me renseigne…

Je sors de chez moi pour aller dans une librairie. Je m’arrête au rayon des guides de voyage, histoire de me réchauffer le cœur. G.U.I.D.E : Gagner Une Illustration Des Empêchements. Je prends au hasard un guide de Londres. Je lis : « Il y pleut souvent… ». Tout ça pour ça ! Merci pour l’aide !  Je ne vais pas plus loin, je laisse tomber les guides. Je passe devant un rayon qui illumine la librairie dans son intégralité ; je m’étais trompée… Je vois des photos. P.H.O.T.O : Poésie, Harmonie Ou Tout Oublier. Oublier ? Oui ! J’avais oublié ; dans « voyage » il y a « voy » comme « voyons », « voyez », « voyant », et j’en passe… Il faut voir. V.O.I.R. : v, o, i, r. Vivre l’Ordinaire Intensément…

La publicité avait raison, il faut que je parte en voyage. Seule ? S.E.U.L.E c’est aussi : Sans Ennui, Ultra Libre, Extra ! Je veux dire partir mais Pas Pour Longtemps. P.P.L. ?  Dans V.O.Y.A.G.E, il y a Vrai, Oxygène, Amour, Grandiose, Extra, et bien sûr Youpi… Je rentre chez moi, je prends ma valise, un parapluie, ma carte orange, un plan de Paris, des chaussures de marche et d’autres pour le tango, des talons aiguilles et des chaussures de bowling, et bien sûr mon appareil photo avec mon plus grand sourire... Je passe un appel : coup de téléphone. (voir un portable )

« Désolée, mon ami, je ne peux pas rester longtemps, je pars en voyage. 

— Maintenant ?

— Oui. Tout de suite, immédiatement, sans plus attendre…

— Super. Tu pars où ?

— Quelque part entre Neuilly et Vincennes, St Ouen et Montrouge.

— Ah… Je croyais que tu disais que tu partais en voyage.

— Oui, c’est bien ça, je pars… en voyage… à Paris, dans mon quartier, et ceux des environs… pas plus loin. Je pars seule, et oui…je sais, il pleut… »

Je raccroche. Je P.A.R.S. : p-a-r-s ! Prête A Rire (tout) Simplement.

 

(salut à la salle avec le chapeau)

Sur la scène : En noir voix de la lectrice au lutrin  (Fernanda Oliver) et en bleu voix off micro

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Le car du « fada » d’après Coup de pompe de Bernard Royer-Oursinus                            ( 9)

Un voyageur, pour se rendre à son rendez-vous, prend un vieux car et soudain quelque chose d’inattendu se produit. L’air étonné, il revient à lui sur un banc…

C’est un éclat de voix qui me ramène à la réalité : des boulistes se disputent âprement un point litigieux. Mais je suis donc arrivé à destination ? Comment est-ce possible ? Les réponses des joueurs ne m’apportent pas plus d’éclaircissements : non, personne ne m’a vu arriver dans le village, ni à pied, ni à bord d’un quelconque véhicule et on vient juste de remarquer ma présence sur le banc comme une apparition. En plus une grève contre la nouvelle ligne de TER paralyse ce jour tous les transports en commun ! 

Pourtant je vous assure que j’ai pris un très vieil autocar après ma rencontre avec Samuel Math ! Montant à bord, j’ai donné une pièce argentée que le chauffeur a glissé dans sa vieille sacoche de cuir avant de me rendre deux petites pièces jaunes. Par la porte restée ouverte, un air gorgé des senteurs de foin et de résine s’infiltrait dans l’habitacle surchauffé, se mêlant aux odeurs de la moleskine vieillie et usée, du caoutchouc décomposé et des vapeurs d’huile et d’essence. Le moteur cognait, les amortisseurs couinaient dans les virages, sous la chaleur écrasante tandis que personne ne montait. 

-Alors vous avez pris le car du fada… »

Devant mon air vexé des éclats de rire qui suivent, le joueur explique :

-Enfin c’est façon de parler, prendre le car du fada, c’est quand quelqu’un oublie ce qu’il a fait, qu’il perd la mémoire ! A mon avis, avec la chaleur, vous avez dû forcer sur la bière ou le pastis, c’est pourquoi vous ne vous rappelez plus ce qui s’est passé, mais pour moi vous avez été pris en auto-stoppe : j’ai entendu un moteur s’arrêter et redémarrer tout à l’heure. Et pour vous convaincre, en repartant, jetez donc un œil chez Mimile, sur votre droite après la pompe à essence, vous y verrez le car de son grand-père qui correspondrait à votre récit, mis au rencart dans les années 1970 car il consommait tellement que, par plaisanterie, on disait qu’il faisait trois pompes par jour ! Et il avait toujours soif… !

–   Vous avez raison, c’est ce qui a dû se passer ! Désolé d’avoir interrompu votre partie, mais je dois vous laisser, je ne suis pas en avance.

Un peu penaud, je descends l’avenue ombragée, passe devant la station d’essence et remarque une masse métallique jaunâtre au fond d’une cour. Je m’approche de ce qui se révèle être un car d’un modèle ancien livré à la rouille et aux poules. C’est sans doute celui que j’ai pris…dans mon rêve. A l’intérieur on reconnaît les sièges de moleskine éventrés, les barres d’appui rongées par la rouille, le caoutchouc du tapis de sol déchiré et ces relents d’essence et d’huile qui subsistent. Seuls, le gloussement des poules et leurs caquètements remplacent les bruits mécaniques.

«    C’est un modèle Renault de 1948. 

-- Mais vous ressemblez au chauffeur du car, vous ! Pardonnez mon intrusion mais c’est bien avec ce car que votre grand-père assurait la liaison avec Carpentras ?

–   Bien sûr, mais maintenant il ne risque plus de vous emmener quelque part !

–   Évidemment, mais vous ne pouvez pas imaginer combien il m’a fait voyager… »

Quittant Mimile, j’essaie de remettre de l’ordre dans mes idées. J’ai dû rêver mais je ne peux m’empêcher de maudire ce bavard de Samuel MAHT dont le nom -comme c’est bizarre !- est l’anagramme de Mathusalem. Au fait, si j’ai rêvé, que font alors dans ma poche ces deux pièces jaunes de vingt centimes datées de 1960 ?

Et maintenant avec ma chance, je risque fort de rater mon rendez-vous et de devoir repasser.

En tout cas la prochaine fois, pas question de reprendre…le « car du fada ! »

 

Interprètes : le héros : Alain d’Aix, un joueur de boule : Guy Feugier, les autres : Danyel- Jean-André, Mimile ; Jean-Claude Colay- voix off : Denise Biondo (texte sur le lutrin).

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