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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 11:43

Nous savons que Noël est passé mais ce petit voyage au pays des rêves éveillés vous permettra peut-être de bien commencer l'année Deux-mille... douce !

Un petit cadeau Provence-poésie et si vous voulez l'ouvrage tout entier vous pouvez aussi vous le procurer directement chez l'éditeur : la petite édition, rue Léon Bourgeois Marseille.

Ou chez nous par correspondance.

 

Le succés continue...

Voici la critique d'une lectrice récente (M D) que nous remercions :

Quand la poésie rejoint la prose

Quand le conte rejoint l'actualité

Quand le talent se joint à l'émotion

On parvient à ce style de texte...  MAGNIFIQUE !

 

 

Et si je m’enfonce dans mes songes, je suis forcé de passer par ce petit chemin forestier où tous ont marché, enfants, derrière cette petite fille toute vêtue de rouge… Certains parlent de conte de fée, d'autres parlent de sorcellerie ou de magie. Le personnage persiste au-delà de la légende et se modifie au fil des temps transformé par la société qui ébrèche le cristal de nos rêves d’enfants. Pour ma part, j'ai rencontré tout ce que les autres ne voient pas et...

 

J'ai même rencontré le chaperon rouge

  

 Autrefois, on disait que le chaperon portait gentiment un pot de beurre et une galette chez sa grand-mère. Mais on imagine bien facilement que notre petite fille avait grandi. Depuis le temps, pensez donc ! Aujourd'hui, le sexe des anges s'affiche sur les murs pollués. Si l’apparition divine avait encore une mère-grand, à son âge, son pot de beurre aurait pu être un lubrifiant et sa galette l'argent que lui rapporterait une location de ce corps présentement moulé sous une peau de petit rat d'opéra.

 

Elle était divinement parée d’une auréole lumineuse. Ses cheveux, parsemés de lucioles illuminant sa coiffure à la nuit tombante, bien que noués dans un charmant chignon, semaient des mèches sur les doigts du vent. Son visage virginal s'étalait autour de deux lèvres charnues roses comme le pétale d'une fleur s’ouvrant sur le diamant de ses dents. Elle portait un grand manteau rouge à col relevé, surmontant ce collant de la même couleur qui s’étendait de ses poignets à ses chevilles hissées sur deux escarpins noirs à  talons hauts. Ses mains aux doigts prolongés d'ongles très fins plongeaient dans ses grandes poches. Ses yeux scintillaient sur un regard d’enfant sans rapport avec sa taille, perdus dans un flot  de rêves où l'homme arriva pour brouiller l’image, comme il souille habituellement la nature. Elle avait grandi, mon chaperon rouge, certes, pourtant elle avait gardé sa naïveté, son esprit de liberté et sa peur des loups. Elle ignorait encore qu’autour d’elle se terraient des hommes, plus dangereux que les bêtes pour les proies innocentes.

Un oisillon tombé du nid piaillait dans l'ombre d'une branche protectrice quand passa cette inconnue. Elle se baissa jusqu'à lui pour le laisser monter dans sa main. Elle lui tendit miraculeusement, de l’autre main, quatre graines que l'animal picora. Son doigt effleura ses plumes pour le poser dans un refuge, puis elle reprit son chemin.

A chacun de ses pas, dans la trace offerte au sol meuble, poussait immédiatement une tige verte surmontée d'un bouton qui se transformait en rose. Son chemin, derrière elle, se recouvrait ainsi de fleurs en mouvement.

Un véritable champ se développait derrière ses pas ; deux allées parallèles grandissaient traçant sa route de couleur. Des roses rouges, écarlates, gigantesques, se hissaient à cinquante centimètres du sol ! Point besoin de baguette magique. Ses talons trouaient le sol pour libérer chaque tige. Mais les fées de nos jours ne sont plus respectées même en action sous un manteau rouge. Sous celui-ci, elle ne cachait aucune arme, cela suffisait pour que ces méchants sorciers de la forêt deviennent des loups prêts à dévorer la chair de l'innocence.

La nudité ne leur paraissait pas naturelle. Un bébé vient-il au monde habillé ? Fallait-il vêtir la nature d'un manteau de pollution ? Le hussard en herbe colle au corps de la femme l'image du péché; alors, capable de ressentir cette poitrine dessinant une proue et ce triangle naissant au-dessous de son nombril devenant tentation, il rangeait maintenant, pour l'imagination populaire, mon innocente au rang de démoniaque fille d’Eve. La pomme d'Adam se bloquait dans la gorge des vagabonds qui lorgnaient sous son manteau,  assoiffés de chair, taureaux excités par la couleur des menstruations et de la virginité : rouge, couleur maudite du sang versé !

            Les mains de nouveau plongées dans ses poches, sous le nœud de sa ceinture,  l’insouciante rêveuse laissait encore voleter quelques cheveux sur le souffle caressant son chemin. De drôles de gars la sifflèrent, elle ne s'arrêta pas. Ils la suivirent dans le bois. Elle était seule, ils étaient trois... Elle marcha plus vite ; ils coururent, écrasant les roses sous leurs pas. Ce fracas m’attira…

            Le collant éclata telle une peau de pêche froissée tandis que le manteau s'effeuilla comme l'on écarte les pétales du cœur d'une rose. Son corps jaillit pareil au pistil de la fleur, trop blanc sous la lune. Pauvre banane épluchée, elle se retrouva frêle et tendre à la merci de leurs dents. J'ai vu leurs ombres sales se vautrer sur ce frêle corps dépouillé de sa fourrure, déchaussé de ses talons pour les repousser de ses orteils courbés. J'imaginais un lapin à qui on aurait ôté la peau pendant qu'il était vivant : l'horreur glaçait mon visage. Ces araignées à cinq doigts qui auraient dû caresser son cou, comme celui d’une petite belette à peine sortie de l'enfance, plantaient leurs griffes en serres d'aigle dans sa petite chair rougissante où ils traçaient les sillons saignants de malsaines charrues, comme sur une vierge livrée aux sacrifices antiques, pour semer en elle leur violence.

Violeurs de la nature, ils n'étaient plus à un massacre près. Ils avaient déjà condamné tant d'arbres et fusillé tant d'oiseaux... Ils salissaient toujours la pureté du cadre, pareils à des tâches dans la peinture artistique du créateur. 

J'ai vu l'horreur et le plaisir s'opposer dans un concerto de violence : les fauves ne paraissaient pas vouloir dévorer leur prise. Mais, je ne pouvais tolérer que ces loups à deux pattes bavent plus longtemps sur ce corps de fée promis à la béatitude sereine. J'ai pris mon fusil de chasseur émérite et j'ai tiré pour la justice, pour la défense de l’opprimée. Ces animaux humains, chassés de leur proie, laissaient couler un peu de lait rouge sur le tapis vert de leur jeu : du sang !

Ils s’enfuirent, l’œil rouge de colère ! Rouge, couleur horrible de la bêtise humaine, comme le feu des pyromanes et le sol du champ de bataille.

            J'ai tendu ma main vers elle, clignant des yeux pour ne point admirer ses appâts virginaux à peine griffés de souillures. Je l'ai recouverte de son manteau miraculeusement devenu vert comme mon espérance, l'herbe de la forêt, les valeurs de l’enfance, comme si mon intervention avait modifié quelque chose en elle, lui avait procuré en quelque sorte des ailes. L'ange m'a regardé d'un bouquet d'étincelles et m'a embrassé de deux lèvres de feu ; un changement la plaçait effectivement sous la flèche de Cupidon, serrée contre moi pour me remercier. L'ai-je donc prise avec fièvre ? Je ne le sais plus ! Le parfum de l’instant d’abandon emplissait mes narines. La caresse de ses doigts, ce que je sentais monter en moi, tout se mélangea, accouplant, dans ma pensée tout à coup impure, son corps à un goujat, et quelquefois j'en rêve encore... Par tous mes pores ! La rencontre n’usa que quelques grains de sablier mais laissa un souvenir impérissable. Je le dis souvent, les moments qui enfantent de très longs souvenirs sont souvent les plus courts.  Un instant  comme celui-ci peut meubler une vie.

J'ai pénétré au tréfonds de ses yeux, bercé par le retour d’une vague bleue, et mon voyage à atteint la vitesse du son, en songeant au grand frisson. Je me suis senti éclater près d'elle, je l'ai aussi sentie vibrer sous mon aile, entrant dans le conte de fée, rougi de honte par ce rêve éveillé ! Pour ne point profiter de la situation d’égarement, à genoux, je l'ai rechaussée en baisant ses orteils doux comme le velours des roses. Je l’ai accompagnée, la tenant du bout des doigts, jusqu'au seuil de la maison isolée après le bois. Une très vieille dame lui a ouvert une porte qui grinçait presque musicalement deux notes d’une berceuse pour enfant. La princesse a disparu dans la chaumière, abandonnant la citrouille que j’étais, transformée un moment en carrosse porteur de fée !

 

 Le chemin que j'ai parcouru, je ne m'en souviens plus... J'ai dû me réveiller sans avoir dormi, l'enchantement s'était enfui. J'ai erré sans but. Surchargé d’amidon, j’avais perdu mon guidon. Quand on n'asservit pas la nature à une idée, on n'attache pas cette beauté à sa réalité ! Comment pourrait-on penser qu’un amoureux comme moi aurait pu la garder ? 

 

Elle s'appelait Marie Azad ; Marie comme la vierge,  Azad en arménien signifie liberté !

 

 

Danyel CAMOIN 

 

 

  Ceci n'est que le chapitre titre de

 chaperon 2chaperon

 

 

Un autre texte de ce livre: l'olivier,  plusieurs fois primé, a été étudié  par des élèves en classe à Saint-Zacharie.

L'ensemble du recueil a obtenu le prix d'honneur de l'Académie De Provence en 2008.

Le livre a été accueilli il y a deux ans par les écrivains en Provence à Fuveau.

 

 

Article Nicole Manday 

 

 chaperon r

 

Ce livre a obtenu le prix d'honneur de l'Académie de Provence en 2008. Il a été préfacé par la poète conférencière : Marie-Louise Bergassoli. Il vous fait voyager d'un enfant d'hier jusqu'à un enfant de demain.Voulez-vous retrouver votre âme d'enfant tout en parcourant quelques pages érotico-magiques ?

L'auteur est membre de l'association aubagnaise : L'Olive et l'olivier et a écrit un roman à la gloire des oliveraies et des moulins à huile du Var avant 1956, qui met en valeur une femme de cette époque qui défendait un moulin à tout prix : les fantômes du vieux moulin.(voir l'article du même titre)
Dépôts ventes librairies: Le blason Aix en Provence, Le poivre d'ane à La Ciotat,  L'odeur du temps Marseille rue Pavillon, L'Alinéa, Martigues.

 

Voir le chaperon a grandi dans les pages poétiques.

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Pp editions - dans littérature
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commentaires

michèle Durand 17/01/2012 11:50


Bonjour, hier soir, j'ai laissé un com. dans contact. Je n'avais pas vu la rubrique "commentaires" à la fin de l'article. Et pourtant, j'utilise Overblog depuis plus de deux ans Ca doit être la distraction ou la fatigue....


Donc, mon mail concerne bien ce texte


Bien cordialement


Michèle Durand

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