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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 14:21

Un papillon sur l'aile du vent révélait à Provence-poésie Mélanie Révilla...

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Simple participante du concours de nouvelles 2013, Mélanie se faisait remarquer entre Michelle Grenier et Christine Lubranoauteurs-8294ter.jpgchris.Lubrano

 

A tour de rôle et chère Mathilde donnaient déjà à leurs auteures une place de marque dans le monde des nouvellistes provençaux.

Venant de Lozère, Nouveau monde donnait à Mélanie Révilla une bonne place parmi une quinzaine d'auteurs dont Erine Lechevalier et Laure Bolatre déjà récompensées par nos concours.

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Cette année, Mélanie récidive avec une parenthèse en Provence : cette parenthèse l'a amenée au grand prix de la ville en lui rapportant outre la coupe et le recueil, un chèque de deux cents euros et le diplôme de Pp : elle succédait à Henri Mahé face à des rivales de choc.

En tout cas, Mélanie, bienvenue parmi nous, avec un chemin bien ouvert dans le monde de la nouvelle !

Et nous lui conseillons si ce n'est déjà fait de participer aussi au concours des Apollons d'Or ou à celui de Sablet où ont été remarquées nos adhérentes et amies entre autres Michelle Grenier et Geneviève Casaburi...

 

article :Frank Zorra

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Propos de Michelle Grenier : " La nouvelle que je préfère dans Entre Deux Eaux, c'est Mémoire de mes moires de Denise Biondo parce qu'elle a une chute vertigineuse comme je les aime..."

Merci pour Denise et, nous aussi, nous apprécions la chute...

Mais n'oublions pas de parler de Michelle qui est aussi primée pour des fables (Quand les fables se rebiffent) et dont le poème : Cent (sans) Papiers figure dans les coups de coeur du président et dans le recueil poétique : A cloche coeur.

N'oublions pas qu'elle était dans Entre Deux Eaux entre Denise et le troubadour pour un fameux duo du banc et que la revoilà en Chère Mathilde accompagnant avec le troubadour, les quatorze nouveaux auteurs d'Un papillon sur l'aile du vent !

Michelle Grenier dont on va parler plus longuement dans le prochain article des auteurs pour 2014 aux côtés du troubadour de Pp.

3e prix de la nouvelle au prix du Nyonsais et 2e prix de poésie au même concours, elle était à nouveau à l'honneur avec Rosette et Frank Zorra à la remise des prix des Apollons d'or pour son recueil "Quand les fables se rebiffent".

Pp est fière de la compter cette année dans le nombre des adhérents et espère bien trouver une troisième nouvelle fracassante pour notre concours national au pied du sapin de Noël.

Merci Michelle, nous attendons des nouvelles de Ta Provence !

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Mich'Elle vous invite à visiter www.poémienne.fr

 

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Précédent article : Nos mousquetaires de Sablet

 

Ils ont été tous les trois publiés dans Portique (exemplaire reçu ce jour)

parmi les récompenses des nouvellistes de Sablet (21 juillet ), ils étaient déjà remarqués :

Michelle Grenier premier prix et Geneviève Casaburi qui a aussi le premier prix à Vaison La Romaine

puis un habitué des prix de nouvelle : Danyel Camoin,

récompenses remises par Chris Bernard

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Tous les trois vont se retrouver dans le livre Entre deux eaux, annoncé dans un autre article et groupant treize amis de Pp éditions qui seront à l'honneur en janvier 2013.

Voici en exclusivité les textes de trois des gagnants de Sablet sur le thème des marchés offerts pour l'été par Provence-poésie et leurs auteurs :

 

 

 

 

Vendeuses d’oranges

Le souk a lieu dans un dédale déroutant de ruelles sur lesquelles s’installent mille boutiques à ciel ouvert : on y vend de tout : vieilles bottes au cuir gras, peaux de moutons, marmites, ferraille et toute la friperie : un tas de vieux habits dignes de la hotte du chiffonnier. Les tableaux de peintre côtoient des herbes médicinales. Ici s’alignent des jarres regorgeant d’amandes, figues sèches, là, des barils suintants pleins d’olives. Plus loin des régimes de dattes suspendus à une perche. Des piles de cruches et de vaisselle s’entassent presque sous les pieds des chalands qui se fraient un passage tant bien que mal. Une femme à la voix criarde vrille dans l’air son boniment, traque le client pour qu’il achète ses coussins rouges ornés de pompons mauresques.

Au coin d’une rue, une fillette vend des oranges sanguines disposées à même le sol dans de larges couffins .A ses côtés, une vieillarde au visage aride veille au gain. Ses cheveux blancs pelotés au sommet de crâne lui donnent un air digne et austère. Sous la tunique en toile grossière, son cou de tortue est cerclé de rides plus vieilles que le monde.

Farouche, la petite cache sous un buisson de cheveux noirs ses yeux. Pour observer la vieille et l’enfant à sa guise, le touriste français leur achète chaque matin des oranges. Il en déguste une, tout le suc du Maroc inonde ses papilles. Il distribue le reste aux mendiants ravis de l’aubaine. La vieille au regard rapace ramasse l’argent en remerciant avec toutes sortes de salamalecs. La petite ne regarde personne, ne parle pas mais lève fièrement la tête, l’air sauvage et racé d’une chèvre. Furtivement, le photographe aperçoit ses yeux sous les ronces rebelles des cheveux : Des iris violets sombres qui boivent la lumière.

Dans leurs longues jupes couleur raisin sec qui balaient leurs chevilles, elles s’en vont, la vieille de sa démarche éléphantesque mais robuste encore, la petite dansant gracieusement telle une gazelle, contente de ramener les paniers vides.

Le photographe revient tous les jours acheter des oranges. La petite pèse les oranges, rend la monnaie, elle calcule vite sans se tromper. La vieille remercie d’un hochement de tête, place aussitôt l’argent dans une bourse attachée à sa ceinture.

Au bout d’une semaine, sentant la vieille marchande amadouée, l’étranger dit en montrant son appareil :

—Je peux vous prendre en photo toutes les deux ?

La vieille se racle la gorge, et répond d’une voix rauque :

—Non. Tu peux pas. Faut qu’on se fait belles.

—Non ! Je voudrais vous photographier comme vous êtes.

—Non, pas possible : reviens demain, on mettra nos bijoux et le voile : tu peux pas photo.

Il sort un billet, le lui tend. L’ œil de la marchande se met alors à clignoter comme une pie.

Avec une vivacité surprenante, elle s’empare du billet et exige :

—Encore deux billets ! Et pas de photo dans le journal. C’est pour toi, dans ton pays. Compris ? L’aïeule ajoute d’une voix dure et éraillée : Et toi, Aïcha, motus et bouche cousue. Regarde pas la machine à photo : personne peut voler ton âme , si tu donnes pas tes yeux . Compris ?

Le photographe tend deux autres billets sans marchander. D’un revers de main, la grand-mère relève les boucles rebelles de la gamine et découvre le violet sauvage des yeux, pétillants de malice. Derrière la magnifique lumière des yeux, il perçoit la méfiance instinctive face à l’homme, l’instinct de fuite, cette sorte de lueur qui s’échappe des animaux sauvages.

Le photographe, dans la pénombre de son laboratoire attend que le visage de l’aïeule se révèle dans le bac acide : Sa peau, toile d’araignée est ramifiée d’un maillage de ridules denses. Le front haut et bombé est parcheminé de sillons profonds. La mine n’en perd pas pour autant une empreinte d’orgueil et de vaillante majesté. Les prunelles noires, deux pierres ténébreuses d’ une vivacité surprenante regardent ailleurs, sur le qui-vive.

A présent le visage d’Aïcha flotte, tremble entre deux eaux dans le liquide : les yeux en amande violets, les pommettes hautes, les cheveux de jais, boucles de ronce .Dans ses prunelles frétillent une malice volubile, un soupçon de rire narquois. Comme pour se moquer de tout cela, signifier qu’elle n’est pas dupe : être photographiée : Un jeu qui remplit la bourse de billets.

Le photographe cligne des yeux, subjugué par le visage si vivant et les lèvres mi-closes qui semblent baiser l’air à chaque respiration. Aïcha le fixe droit dans les yeux, effrontée. Un regard fascinant échappé de longs cils avec un frétillement de reptile fondant sur sa proie. Ho ! La rebelle n’a pas peur qu’on lui vole son âme, il n’est pas né celui qui la domptera !

Aïcha et sa grand-mère, vendeuses d’oranges, des photographies que l’on s’arrachera à prix d’or dans une exposition à Paris.

Mich’ Elle Grenier

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SOUVENIRS PARFUMES

« Ah !! Il est beau mon poisson !! Il est beau !! »

Comme chaque jour où le marché s’installe sur le port, la voix stridente de Pascaline, vient de me réveiller. C’est elle qui crie le plus fort et bien sûr, c’est elle qui vend le plus de poisson.

J’ouvre mes volets. Et les cris de la rue remplissent ma chambre comme le soleil.

Ce sera une belle journée de printemps. Presque l’été.

Je regarde la rue qui s’anime. J’admire les passantes dans leurs jolies robes légères et je laisse libre cours à mon imagination.

Je me prépare en vitesse, j’avale un café et me voilà dans la rue.

J’adore ces jours là. Ces jours où tout se mêle dans une profusion de marchandises, d’odeurs et de personnages différents. Je suis comme un spectateur qui regarde sur grand écran le défilement des images. Mais là, je fais parti du film. Je vois. Je sens. J’apprends.

Sur le quai, les étals des poissonnières regorgent de poissons de toutes sortes. Des gros. Des petits. Des couleurs qui scintillent sous les rayons du soleil. C’est à celle qui criera le plus fort pour attirer le chaland.

Je croise deux petites jupes en vichy. Leurs yeux pétillants et leur rire cristallin me font tourner la tête. Je les suis quelques minutes des yeux. Puis je repars dans ma promenade.

Dans les rues adjacentes au port, les étalages des marchandes de fruits et légumes sont de véritables explosions de senteurs et de couleurs.

Je ferme les yeux et je reste un moment à identifier les odeurs. Les odeurs de ma Provence.

La douceur des melons de Cavaillon tellement gorgés de sucre qu’ils éclatent au soleil. Les abricots dorés. Les tomates.

J’ouvre les yeux. Les couleurs me sautent au visage. Le rouge brillant des pommes d’amour, l’orange, le jaune des citrons.

Une peinture vivante.

Chaque marchand a sa propre façon d’appeler le client. Je regarde les clientes choisir méticuleusement chaque denrée.

Là une jeune femme sent à plein nez la tomate que lui tend le vendeur. Ici, une vieille ouvre un abricot pour que sa cliente puisse juger du goût.

A force de travailler dans les champs, ses mains sont parcourues par des sillons où la terre s’est incrustée. Son visage est tout ridé et comme cuit par le soleil provençal.

Je la trouve belle. Assise à même le sol avec ses paniers remplis de sa récolte. Je l’imagine dans son petit champs, à bêcher sans relâche pour pouvoir gagner quelques sous pour améliorer sa vie.

Elle est belle cette vieille avec son chapeau de paille et son jupon de grosse toile. Elle est sans âge.

Un peu plus loin, un vendeur d’épices attire mon attention.

Des paniers remplis de poudres colorées et odorantes. Du curry jaune. Du safran. Des gousses de vanille de Madagascar. Des olives vertes et noires. Mais aussi du thym, du romarin et de la lavande.

Je m’assois sur un parapet et je contemple ce tableau où chacun apporte sa propre touche.

Tiens, les deux jupes en vichy repassent devant moi en laissant derrière elles le sillage de leurs parfums.

Qu’elles sont belles ! Et qu’elles sentent bon.

Je ferme une fois de plus les yeux. J’écoute et je me rappelle. Là le vendeur d’épices. Je sens la cannelle et la muscade. Là-bas, un peu plus loin, le bel étalage du maraicher. Sur le port, je reconnaitrais entre mille la voix de Pascaline.

Ici des gens discutent. Des bonjours fusent.

J’aime cette vie tranquille et amicale.

Le 21ième siècle vient de faire son apparition. J’ai maintenant 70 ans. Je suis un vieux monsieur et à mes heures perdues, je peins.

Je peins ma Provence et je me souviens. Surtout de ce jour-là.

Devant ma toile blanche j’ai fermé les yeux et tout m’est revenu. Les odeurs. Les couleurs.

J’ai couché sur la toile tous les détails de ma mémoire. Pascaline sur le port. Et ma vieille. Ma belle vieille ave son chapeau de paille. Les couleurs éclatantes des étalages et même les deux jupes en vichy.

Sur le châssis les teintes sont là. A chacun de mes coups de pinceaux, je me souviens des senteurs. Un véritable retour en arrière. Mais ça je le garde pour moi.

Geneviève Casaburi

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Un mardi de marché…

Entre le jaune des pommes golden et le vert pâle sali des artichauts blancs, son sourire s’ensoleillait au parfum des fraises qui rougissaient pour elle. Le regard des vieux libidineux plongeait sans retenue dans son décolleté qui s’ouvrait sur deux petits melons comme on aurait pu vouloir en soupeser.

Et retentissait alors le cri des vendeurs et celui des poissonnières:

« Cômmme ? Il n'est pas beau, mon poisssson ? Il est plus frais que vous ! »

Il est vrai que je ne devais pas avoir un visage très frais ; une nuit sans sommeil et quelques vertiges au lever... Quand on vieillit, on doit faire face aux rhumatismes, à la toux chronique et aux clignements de paupières.

Quelquefois, un sourire, un regard... Une image de femme qui glisse et se superpose à une autre pour un instant fugitif de bonheur et votre sang se glace parce que ce matin vous êtes réveillé. Fini le rêve, c'est le matin au marché ! Surtout, avec ce soleil fringant qui s'évertuait à rayonner lourdement sur moi, semblant me narguer et me dire :

« C'est une belle journée ! »

Mais sait-on vraiment quand on commence une journée si elle sera belle... Jusqu'au bout ? C'est vrai qu'en regardant cette vendeuse ; c'était la fête ! C'était la féria des fruits et légumes qu'elles vantait par la blancheur émaillée de ses dents saines, pas encore jaunies par le tabac ; une pure qui ne jetait pas à ces trottoirs jonchés de filtres de cigarettes… Une pure que l'on imaginait bien, dans son jardin, se penchant sur les plants de tomates avec le mignon « potiron » en l'air, lequel jardin serait en fleur de l'amour ; sourire « plein pot », tirons un trait -flèche de Cupidon brisée- sur ce régal pour un homme seul, car, j'avais passé ma nuit bien seul, bien sûr, mais je vivais toutes mes nuits depuis si longtemps avec un cadavre qui ne remuait plus un cil entre mes bras, un buste de marbre sans câlin, vivant sa destruction au fil des jours ; la plante qu'on ne peut plus arroser ! Ma vieille épouse, plus rien ne la faisait sourire ! À une autre époque, c'est elle qui aurait marché en voletant légère au milieu des étals, soupesant un chou par ici, un ananas par là... Un peu de céleri en bâtons, le persil en cadeau… puis croquant une olive verte, courant à la fête, le soir dans les bals populaires...

Une danse créole pour animer la « taule » aurait pu tout changer. Oui, tout un rêve d’or au regard de l'inconnue... Même pas besoin de l’imaginer nue, sa main seulement, les doigts accrochés aux miens ; vivante !

Tandis qu'elle me regardait partir, je sentais ses yeux remplis d’eau de mer caresser mon dos. C'est la farigoulette qui nous monte à la tête... en pareille circonstance !

J'étais au marché ! J'emportais ses pommes pesées dans mon filet, et le reste dans ma mémoire, une arrière-pensée dans le sourire, en songeant qu’un de ces jours futurs, elle pourrait bien m’apporter des oranges... Qui sait ?

Et je m'éloignais de l'étal pour quitter la place, le parfum d’un œillet accroché à ma boutonnière, un œillet noir, façon crêpe. Car, là-bas, non loin de ma porte, je voyais des uniformes qui brillaient au soleil de Provence, à la manière d'une épée de Damoclès suspendu au-dessus de ma pauvre tête.

Et oui ! Par une si belle journée, qui aurait pu penser que j'allais m'enfermer... Dans leur fourgon ? Qui aurait pu penser que j'avais tué ma femme ?

Danyel Camoin

 

 

D'autres nouvelles dans la même rubrique dans les pages archives des années précédentes.  

FZ 

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 14:04

     Provence-poésie vous annonce les deux prochaines grandes dédicaces de l'hiver :

Les fantômes de Marseille seront non seulement sur les tables du carré des écrivains mais en plus le comité du vieux Marseille les présente au prix des marseillais, nous venons de fournir au jury des exemplaires supplémentaires.ch-d-if-fichier.jpgles-fantomes-pub.jpg

Nous vous invitons à retrouver Geneviève Casaburi sur les stands le 15 novembre dès 14heures au centre Bourse à Marseille.

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Les conteurs seront à l'honneur le 13 décembre dès 9 heures librairie Thiéblemont le 13 décembre pour dédicacer vos cadeaux de noël ; Michel Isard et les contes de sa Provence D'hier et Danyel Camoin et ses contes marseillais du Garlaban vous donnent également rendez-vous au carré des écrivains où ils seront aussi.

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C'était samedi après-midi 24 mai 2014 que les fantômes apparaissaient chez Cultura La Valentine avant de revenir peut-être vers Cultura Aubagne.  

Outre le livre en lancement Frank Zorra présentait aussi Au seuil de l'inexplicable et Je suis né à Marseille les oeuvres de ses débuts et Geneviève Casaburi Histoires de Savoir, Il était une fois et Les âmes Blanches.

 

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Précédent---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

En remerciement à un article de Guillaume Descours dans la Provence, Pp éditions publie celui-ci avec la photo de deux des auteurs auprès de Jean-Marc Thiéblemont, libraire génial de la région qui offre aux auteurs régionaux un moyen d'expression que d'autres libraires ne donnent pas aux alentours.

Merci à la librairie et au journal !

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Trois auteurs de Provence-Poésie dans un polar fantastique et historique à la fois en attendant la parution d'un papillon sur l'épaule du vent qui groupe quinze nouvellistes dont le talent est à révéler autour de Frank Zorra.

Le tir groupé est devenu la particularité de l'association Provence-poésie qui présentait aissi en juin dans le spectacle : les poètes que chantait Brassens une lecture inter-association en groupant les représentants de plusieurs associations et notamment : Passeport pour la poésie (Guy Feugier) Le club des poètes Castéropoulos (Jehan Armagnac) Provence-Poésie (Danyel Camoin) et l'organisateur de coeur de poètes (Philippe-Auguste Malsheres) autour de la théâtrale Alice Hugo et de l'auteur-interprète de l'Académie de Provence ; Michel Isard.

 

Et la vedette des fantômes de Marseille arrivés trop tard pour être présentés au carré des écrivains cette année c'est tout de même Marseille en 1881. 792px-Marseille_-_Quai_de_la_Joliette.jpg

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Et la gare St Charles à l'époque sans ses escaliers.

 

 

Les fantômes de Marseille...

Le nouveau livre à plusieurs auteurs de Pp éditions

groupe à son générique

trois auteurs de nouvelles reconvertis dans le style roman :

Geneviève Casaburi, de plus en plus à l'aise dans cette sorte de polar sanglant qui glisse entre le fantastique et l'historique, domine cette distribution,

auprès d'elle un Frank Zorra égal à lui-même, fier de sa récompense aux Apollons d'or et de l'édition de son recueil à Lyon (par Baudelaire)

qui chasse ici un drôle de criminel entre les deux époques qui décrivent Marseille en vedette,

Joëlle Behez, nouvelliste érotique, ici conseillère et historienne, trace quelques lignes auprès des décorations d'époque de Denise Biondo et de l'élément vérité de base autorisé par Miette Ripert...

le tout contrôlé et mis en page par Gaël Angélis, Isabelle George et Danyel Camoin.

Un travail d'équipe...

Un livre qui obtient déjà son petit succès sur un galop d'essai : son lancement à la librairie Thiéblemont semble prometteur...

en attendant son passage à CULTURA La Valentine le 24 mai 2014.

Voici ci-dessous les révélations de Frank Zorra sur ...

L'origine des Fantômes...

Impasse de l'Arlésienne, un nom bien étrange qui évoque déjà une absente. Déjà dans le texte de Daudet, on attend, on espère, l'héroïne !

Et puis, me voilà par hasard dans ce lieu. Ce n'est pas la première fois qu'au cours d'une enquête je me suis trouvé dans une impasse... Mais pas celle-ci.

Ainsi, ce jour, au cours d'une filature, je me suis trompé de rue... Si David Vincent avait découvert les envahisseurs simplement en cherchant un raccourci qu'il n'avait jamais trouvé, moi, pauvre détective ! Je venais de rencontrer des fantômes en poursuivant un individu qui s'était volatilisé.

Dans le quinzième arrondissement, un vieux parc d'attractions, un projet qui n'a pas vraiment abouti. Une artiste. Miette Ripert, plasticienne marseillaise, s'est réfugiée dans la Drôme, suivant le journal La Provence. Pourquoi ? À cause de cet incroyable gâchis que l'on découvre, comme moi, au détour d'une erreur, impasse de l'Arlésienne. Ce jardin sculpté en microcosme, la victoire de la nature débordant la ville, n'a même jamais été inauguré ; il sera définitivement condamné. Le site a été placé sous la responsabilité de la mairie de secteur qui assure la sécurisation. Au bout de dix-huit ans de travail, Miette a fini par jeter l'éponge. Tout cela pour rien !

Un peu essoufflé, je me suis assis sur une vague... Il n'y a pas de quoi rire, il s'agit d'une vague sculptée, oeuvre appuyée sur l'artiste japonais Hokusaï et ces vagues, peu à peu, ont noyé le parc dans la poussière et l'isolement, parmi les graffitis et les vitrines brisées.

Machinalement, j'ai regardé ma montre. J'ai été stupéfait ; elle était arrêtée à l'heure exacte où j'avais mis le pied dans le parc...

Et je sentais autour de moi un tourbillon de vide. Au-dessus de ma tête des nuages gris avaient caché le soleil… J'étais aspiré dans une fraîcheur étrange apparentée dans mon esprit à celle d'un tombeau.

Et si l'on réfléchit bien, c'en était un ! Le tombeau d'un projet, d'une idée, d'un travail...

Le temps semblait s'être arrêté sur ce parc à nul autre pareil. Toboggan, tunnel en mosaïque, volutes, cavernes fantasques ; un jardin extraordinaire...

J'ai foulé cet endroit, j'ai piétiné ce genre d’utopie chère à Paul Carpita montrée dans son dernier film. Bien sûr, pas de homard et point de sourire. Les regrets de l'organisateur devaient chevaucher la vague...ou pire !

Deux yeux se sont alors braqués sur moi, verts et froids, soupçonneux, hésitant à sortir leurs griffes rétractiles ou à s’enfuir en remuant la queue.

Mais même les yeux fermés et le félin parti, dans cet endroit j'ai senti une plus grande présence autour de moi, cette présence glaciale... Des fantômes sans doute qui venaient peupler l’étendue à l’abandon que Miette Ripert avait dû créer sans le vouloir en mettant en chantier cette oeuvre gigantesque, un chef-d'oeuvre amputé par le temps, les nouvelles règles de sécurité, les défauts de budget, oeuvre qui s'appuyait sur le parc des Fabrettes devenu lui-même un spectre... Un fantôme de Marseille : hante-t-il la commune ? Certains le jugeant tel un chef-d'oeuvre et d'autres comme une horreur. Horrible ! Les fantômes laissent un frisson dans mon dos à l'instar des films d'horreur. Mais l'horreur est humaine, a dit Coluche.

Ce n'est pas ce parc qui en est une en soi, c'est ce qu'on en fait, n'est-ce pas ?

L'épopée avait vu le jour sous M.Gaston Defferre, quel maire fera raser ce lieu où vivent maintenant les greffiers sauvages. Georges Brassens en aurait fait une chanson, sans doute, lui qui adorait les chats. Mais je ne suis pas sûr qu'un écrit vain pourra lui octroyer quelques mots audibles ou rassurants gravés sur le parchemin. Devant cet incroyable gâchis, je comprends la peine de cette artiste partie noyer son désespoir en milieu rural. Elle est devenue pour cette impasse... L'Arlésienne, elle-même ! Pauvre Miette ! Son oeuvre s'émiette sur l'épaule du temps. Les revenants auxquels je pense aurait pu, dans leur époque, écrire des lignes merveilleuses en traversant le tunnel en mosaïque. Ceux-là sont des immortels, ils n'ont pas droit au repos éternel : on les réveille en fouillant leurs pages comme j'ai animé ce parc, quelques instants, en foulant son herbe. Ces fantômes que je ne nommerai pas ont laissé trace de leur passage dans Marseille et, là, j'ai l'impression qu'ils m'ont parlé, qu'ils ont effleuré ma joue de leurs doigts froids en me suggérant d'écrire...

Vous pouvez les voir, les imaginer au travers des lignes qui vont suivre, tels que je les ai inspirés aux auteurs de ce roman, à la fois policier, fantastique et historique.

À vous de les rencontrer...

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 12:52

Mireille Talotti-Miau, notre poétesse de Gémenos vous invite à la suivre au lavoir.

Nul besoin de battoir ou de lavandière, sur la route de la coopérative et de la vallée de St Pons, le lavoir accueille l'Art

Mireille, avec Albert Borelli et Aline Beaudrier, vous invite à une rencontre poésie, sculpture et peinture.

Expo du 20 au 22 juin 2014 de 10 à 19heures.

 

 

portrait mireille

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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 22:22

C'est durant trois jours sur la Canebière avec tout un programme à votre disposition.

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Provence-poésie grâce à Couleurs Cactus propose une dédicace sur la Canebière à neuf auteurs ainsi on pourra voir se succéder sur notre stand : 

le vendredi 6 juin :

les contes provençaux de Michel Isard

le roman de Jean-Paul Couturier de l'Académie de Provence

et les oeuvres de Jean-Pierre Mauduy

Le samedi 7 juin :

La poésie et le roman de Robert Landi

La poésie et les nouvelles de Denise Biondo

Les polars atypiques marseillais de Frank Zorra 

Le dimanche 8 juin :

Les nouvelles et romans de Geneviève Casaburi

La poèsie de Janine Ravel

Les mémoires de Sonia Kitaëff (peintre poète)

et en permanence sur le stand :

Le petit guide poétique des trésors de Marseille 

(en collaboration avec le comité du vieux Marseille)

et Tous les chemins mènent à Aubagne.

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Article DC

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 00:14

Adieu l'Ami !

Un pilier de Provence-poésie vient de s'écrouler : Joseph nous a quittés...

Nos lectures ne seront plus les mêmes sans son charisme à la Fernandel et sa gaïeté naturelle.

L'église St Sauveur verra son dernier passage vers 10 h mercredi 21 et nous avons du mal à établir cet article aujourd'hui dans cette deuxième secousse après les adieux à Francis.

Bien sûr, on dira encore que le spectacle continue mais pour nous le siège reste vide et l'ami laisse un trou dans notre eau même si dans notre coeur, il continuera à vivre.

Adieu Joseph, toi, l'ami et l'artiste, Provence-poésie accroche une autre larme aux étoiles et un poème ou un texte en ton honneur viendra peut-être plus tard s'adresser à toi sur cette page, en attendant quelques images vont occuper la place... Parce que les mots nous manquent...

 

12 mars horla

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Pour nous Joseph était l'Artiste du théâtre Comoedia qui avait figuré au cinéma dans le film Mayrig d'Henri Verneuil (il aimait dire qu'il avait tenu dans ses bras Claudia Cardinale (Mayrig) et qu'il avait cotoyé Omar Sharif) mais c'était aussi notre trésorier adjoint, l'homme du crédit mutuel, le président de notre premier jury de concours et puis surtout notre partenaire de sortie dans les sardinades, pour les oreillettes, les châtaignes, les après-midi dansantes et les pizzas ou le gâteau des rois et... au-delà, l'un des piliers des lectures qu'elles soient dans les tours de tables des réunion adhérents ou plus spectaculairement dans nos portes-ouvertes au public...

Ainsi Joseph, tu as pris le visage de Tonton Nestor sur des mots de Brassens pour le premier vrai spectacle de Provence-poésie, tout en grimaces, puis tu es devenu le docteur Marrant face au Horla de Maupassant, après toi, tout blanc comme un ange ou un dieu, tu as incarné Esope au milieu de nos fables. Curé de Cucugnan face au Diable, tu as aussi été un marin du bateau La Sardine dans les naufragés de l'aïoli de Danyel Camoin, également la barbe d'Alphonse Allais,  tu as déclamé tout en noir Robert le Diable pour la journée Ferrat après avoir été le notaire du carillon du temps de Geneviève Casaburi. Pour Ferrat, tu te révoltas carabine en main sur le Potemkine et pour nous tu devins le maire du mouton à cinq pattes et le curé face à Joffroi. Don Juan devant Alice Hugo pour Me direz-vous demain ? avant d'être Théodore de Banville au verger du roi Louis. C'est d'après le conte de Michel Isard que tu personnifias un marseillais après la partie de boules et, ensuite, un projecteur pour montrer ton attachement au théâtre.

Adieu Joseph ! Nous avons connu ensemble de grands moments. Si quelque part tu croises Francis, dis-lui que vous nous manquerez...

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Article Danyel Camoin 

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Francis est parti avec l'année 2013 ce mardi 31 décembre, il a rejoint nos amis déjà chevauchant les étoiles...

Provence-poésie accroche une larme à ces étoiles.

Adieu Francis, toi, l'ami et l'artiste qui fut Tony Franck, mais même loin tu seras toujours près de nous car c'est dans nos coeurs que tu continueras ta vie.

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Il avait écrit près de nous dans notre livre : tous les chemins mènent à Aubagne, la vieille dame aux perles...

 

 

L A VIEILLE DAME AUX PERLES

Je me souviens de cette vieille dame assise dans son siège en rotin, elle tenait sur ses genoux une sorte de petit moulin qu’elle tournait sans arrêt. Il s’agissait d’un gros bol métallique possédant au centre une tige surmontée d’une manivelle dans lequel se trouvaient quantité de petites perles aux couleurs variées.

Pendant que l’une de ses mains tournait le moulin, l’autre présentait dans le tourbillon de ces perles, l’extrémité d’un fil de fer à contre sens de la rotation, ce qui avait pour effet d’enfiler lentement ces petites perles. Tous ces longs fils recouverts de perles servaient autrefois à confectionner des couronnes mortuaires.

La fabrique fournissait à cette dame le matériel nécessaire et ensuite des spécialistes formaient à l’aide de ces fils perlés, des fleurs, des feuilles, et d’autres motifs de circonstances. C’était pour elle un petit revenu supplémentaire contribuant à l’amélioration de sa triste vie.

Mais un jour, je l’attendis en vain, et le lendemain je vis devant sa porte une couronne de perles très significative, là, je compris qu’elle avait égrené les perles de sa vie. J’eus beaucoup de chagrin et sur mes joues d’enfant qui découvrait le monde, s’écoulèrent deux perles qui n’étaient pas très rondes.


Ces perles nous les déposons sur les doigts du vent pour qu'elles lui retournent et celles qui se cachent derrière nos paupières non plus ne sont pas bien rondes mais elles s'offrent à lui.

Comme il a dû le dire dans sa vie lui-même un de moins, un de plus et le spectacle continue...

En hommage à Francis Triay fervent de nos réunions et de nos lectures-spectacles, compagnon et adhérent exemplaire, le 24 janvier, sera lu pour tous lors de la soirée du gâteau des rois, le texte : la vieille dame aux perles

et le 8 mars (Allais-y, Mesdames !) avant la remise des prix du concours auquel il avait voulu participer après avoir été membre du jury,

sera présentée en petite scène sa nouvelle : Pépino, la fouine...

Pour qu'il soit encore près de nous.

Francis Triay, un ami...

 

 

Article Danyel Camoin

 

 

 

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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 13:30

Denise Biondo en Ardèche ne s'est pas contentée de se reposer sur les hauteurs, elle a visité la maison qui retrace le passage de Jean Ferrat à Antraigues et les alentours puis, surtout, a assisté au formidable spectacle de la ferme-théâtre où se retrace la vie et les chansons de l'auteur-compositeur.

Pp vous offre quelques images d'un magnifique voyage...

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Photos Denise Biondo / Reportage FZ

Photos grand format dans l'album prix et paysages.

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 22:54

La revoilà la fête de l'olive et l'olivier : Provence-poésie soutient Jean et Micheline Daou pour cette ovation à Athéna et à l'olivier. Cette année : Erine Lechevalier, Sonia Kitaëff et Michel Isard y reviennent le samedi 17 sur notre stand ; Geneviève Casaburi le dimanche 18 au concours d'aïoli et Denise Biondo en soutien inter-association.

 

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Interview du président de Pp dès le matin sur la place de Cadolive qui entraîne celui de Denise Biondo auteur de Chute à Cadolive le texte qui représente la ville dans le livre tous les chemins mènent à Aubagne présenté sur notre stand.

Différentes scènes festives d'où on distinguera l'intronisation annuelle, l'élection de la nouvelle Athéna et un twist endiablé sur la place le samedi, suivis le dimanche bien sûr du concours d'aïoli qui bravait le soleil avec Geneviève Casaburi... La gagnante récompensée par le maire et la dégustation attendue.

 

Photos Erine Lechevalier/ Denise Biondo

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Clin d'oeil sur les précedentes fêtes---------------------------------------------------------

C'était à Cadolive que les auteurs de Pp avaient en 2013 un stand les 11 et 12 mai dans la fête de l'olive et l'olivier toujours organisée par Jean Daou, l'inépuisable président qui a procédé à l'élection de la nouvelle déesse Athéna...

Sur le stand samedi 11 : Joëlle Foin et Rosette BP

et le dimanche 12 : Michel Isard, Denise Biondo, Danyel Camoin et Geneviève Casaburi participant au concours d'aïoli.

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Tous ces auteurs autour d'oeuvres particulières comme les contes de Provence ou les fabulations du pays d'Aubagne

montraient ensemble : Tous les chemins mènent à Aubagne, oeuvre commune à vingt auteurs réunis pour valoriser Roquevaire, La Bouilladisse, La Destrousse, Cadolive, etc...

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Serge Perottino, maire de Cadolive, intronisé chevalier de la commanderie du rameau d'argent a prêté serment pour la protection de l'olivier samedi avant d'assister dimanche au concours d'aïoli.

Animant la fête et le stand, notre ami Edouard déclamait quelques poèmes des auteurs de Pp.

Denise Biondo, à la fois sur stand et assistante de Micheline Daou, ce qui ne l'empêchait pas d'ajouter quelques pas de danse dans l'après-midi, finissait la journée en tartinant de savoureux toats à la tapenade pour le verre de l'amitié gentiment présentée par la nouvelle déesse Athéna.

 

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photos Denise Biondo-Michel Isard

Article précédent------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

La fête annuelle de l'olive et l'olivier transportait cette année le char d'Athéna et l'aïoli traditionnelle à Gémenos.

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Pp participait à la fête en inter-association et présentait un double stand sur les deux jours : 26 et 27 mai.

 

Côté littéraire, on retrouvait notre ami André Aubert maintenant adhérent de Provence-poésie près de notre stand dimanche avec Jean-Claude Beltramo, ainsi que Edouard qui déclamait un poème près de nous.

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Martine Robustelli Neu qui écrivait un bel article sur la fête.

Et les "Troubaïre" de Gémenos toujours menés par l'indispensable Christiane, club poétique dont Danyel Camoin fut vice-président et dont quelques membres de Pp ont également fait partie : leur ancien Président Robert Brugière ainsi que Lucien Pignol et Jean Di Fusco sont dans le livre édité par Pp (ainsi que notre nouvel adhérent éditions : Emile Mihière dont le livre "A bâtons rompus" est attendu pour juin) : Tous les chemins mènent à Aubagne, dont plusieurs pages sont consacrées à Gémenos.

Une dédicace du livre est prévue dans les médiathèques de la région sous le contrôle d'un des co-auteurs du livre qui est également un troubaïre : Jean Di Fusco dédicacera dans la médiathèque de Cuges le vendredi 8 juin à 17h00 à l'issue de la dédicace est prévu un apéritif avec le maire de Cuges.

Le livre est disponible dans les librairies Thiéblemont, Centre commercial La destrousse et l'étoile Bleue Centre Aubagne.

Il était dédicacé par 7 auteurs différents sur les stands de la fête à Gemenos.

 

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Photos Erine Lechevalier.

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Les deux Denise (Beltramo et Biondo) donnaient un coup de main aux adhérentes de l'Olive et l'Olivier pour les différentes mises en place et notamment pour les fameux toasts à la tapenade qui accompagnaient l'apéritif final en musique.

 

Une très belle fête animée : le président Jean Daou ne manque pas d'idée et prend plaisir à apporter de nouvelles ailes à sa fête ; nos adhérents le connaissent bien puisqu'il a participé à notre première fève littéraire en 2011.

Grâce à lui les oliviers de la région ouvrent leurs bras vers le soleil même si quelques nuages en pleurs ont voulu arroser la fête et, quelque part, c'est une ovation au travail acharné apporté chaque année pour votre plaisir par Micheline et Jean que l'orage n'a pas pu faire fuir l'an dernier...

Un fleuron de la fête : le concours d'Aïoli a eu un vif succés.

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Jean-Claude Beltramo, Albert Borelli, Mireille Talotti-Miau, Sonia Kitaëff et Geneviève Casaburi étaient là le samedi avec Denise Biondo

Gaël Angélis, Rosette Escoffier, Jean-Marie Arvieu et Erine Lechevalier plus Geneviève qui remplaçait Denise, le dimanche auprès de Danyel Camoin.

On remarquait la présence comme dans de précédentes fêtes, d'adhérents de Pp tels Denise Beltramo ou Simone et Joseph Lévonian, Monique et Louis Moulet, en spectateurs et d'amis inter-association comme Edouard qui éclatait sur le podium.

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Vous trouverez ci-dessous des photos sur l'Olive et l'Olivier des précédentes années.

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Photos issues d'années précédentes:

 

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Article Nicole Manday-Frank Zorra

 

Articles précédents:----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Denise Biondo, Danyel Camoin, Francis Triay passent de l'A.G. de Provence-poésie à celle de L'olive et l'olivier dont Pp est depuis trois ans partenaire et où Denise s'était particulièrement illustrée en 2010 au point info de la fête (année où elle avait également participé aux confections de l'affiche et des cartes postales. )

 

Durant le déroulement de l'assemblée, elle a pris quelques photos que vous pourrez retrouver ci-dessous avec celle du président Jean Daou portant chapeau en cette occasion.

Jean Daou attire l'attention sur le recrutement de jeunes candidates pour l'élection de la déesse Athéna de mai 2012 qui montera sur le char pour succéder à la déeesse de 2011 lors de la prochaine fête.

Danyel et Francis ont rendu hommage à Georges Brassens et Robert Lamoureux par un texte interprété de chacun et la soirée s'est terminée par quelques pas de valse au son de l'accordéon :

 

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La fête de l'olivier 2011:

 

Provence-poésie remercie L'olive et l'olivier pour toute la publicité qui a pu être faite autour des deux associations réciproquement. Un bel exemple d'inter-association amicale.

 

Aubagne 2011 : la fête de l'olivier dure deux jours: deux jours exceptionnels préparés avec soins par Jean et Micheline Daou : un travail gigantesque de Micheline octroie au public des dépliants fabuleux que Provence-poésie distribue sur ses stands pour l'annoncer.

 

Denise Biondo exposait sur un stand du 5 juin son livre : Au bout des doigts (un recueil de ses nouvelles primées dans les concours) qui vient d'être édité par Pp éditions. En exclusivité, nous signalons la présence sur le stand Provence-poésie de Mireille Talotti-Miau qui présentait son recueil : l'heure bleue auprès de contes et poésies d'Albert Borelli et de Danyel Camoin pour les fabulations du pays d'Aubagne.

 

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Beaucoup de monde malgré le temps.

L'olive et l'olivier vous proposait aussi un gigantesque aïoli et un spectacle sur le podium : deux jours à ne pas manquer ! Le dimanche se terminait par le tirage d'une tombola sous une pluie battante et le char d'Athéna....

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écrit par

 

Danyel Camoin en 2010

Naissance diabolique d'une déesse

 

Alors qu'elle était enceinte d'Athéna, la déesse Métis fut avalée par Zeus, son amant, qui craignait que l'enfant qu'elle portait ne le détrônât. Athéna sortit pourtant de la déchirure du crâne de son père par un coup de hache en poussant un immense cri de guerre. La déesse, l'une des douze divinités de l'Olympe, devait être mêlée, de près ou de loin à la plupart des récits cosmogoniques. Douée d'une noble raison, ayant acquis de sa mère le sens de la sagesse, elle devint, en effet, pour les dieux, une précieuse conseillère et les aida, en particulier, à vaincre les géants. Préférée de Zeus, qui ne pouvait rien lui refuser, elle tenait la tutelle et pouvait lancer la foudre ou le tonnerre comme lui. Cependant, elle n'hésita pas à disputer à Poseïdon la possession de l'Attique…

 

Naissance d'un arbre légendaire

 

La légende nous raconte que, lors d’une querelle entre Athéna (Minerve en romain), déesse de la science et Poseïdon (Neptune), dieu de la mer, pour la protection d’une ville, Zeus (Jupiter) leur avait proposé de se départager par un don pour l’humanité ; les hommes restant juges du plus utile. Face à un magnifique cheval infatigable qui pouvait traîner plusieurs chars et mener à la victoire des batailles que le dieu de mer avait fait jaillir de l'Acropole en frappant de son trident, la déesse opposa un simple arbuste qu’elle fit sortir de terre ; ce végétal divin permettrait de soigner les rhumes ou les blessures et nourrirait les populations ; en plus, il serait immortel ! Elle obtint la protection de la ville qui porte son nom : Athènes. Le roi légendaire de l'Attique, Cécrops, fils de Gaia, avait l'aspect de l'homme au-dessus de la taille tandis que le reste de son corps ressemblait à un serpent. C'est sous son règne qu’eut lieu le défi opposant Athéna et Poseïdon pour le patronage de la cité d'Athènes jusqu'alors appelé Cécropia. Cécrops et Cranaos qui lui succéda sur le trône jouèrent le rôle d'arbitres.

Olivier, mon ami, ainsi venu du sol, tu avais été jugé, donc, le plus utile à l’humanité.

 

Dans les eaux de la claire fontaine...

 

Bientôt, les attributions d'Athéna se développèrent et se multiplièrent. Elle ne se contenta pas seulement d'être la chaste déesse qui n'hésita pas à priver Tirésias de la vue parce que le devin avait osé la regarder se baigner toute nue. Elle fit chasser de l'Olympe Ephaïstos, coupable d'avoir attenté à son honneur. Elle ne fut plus uniquement la déesse de la guerre portant la cuirasse, l’égideª, la lance d'or, le bouclier où surgissait la tête de méduse©, telle en somme, que la présentait le Palladion : elle devint la protectrice de l'État, la déesse qui garantit l'équité des lois, leurs justes applications, tant devant les tribunaux que devant les assemblées. Mais la loi seule ne peut suffire à assurer la pérennité d'un État et d'un peuple, elle doit également provenir de la prospérité du pays. Aussi, Athéna veilla avec une particulière bienveillance sur l'agriculture. Elle a inventé pour la commodité des hommes les instruments aratoires qui permirent à la terre attique de fournir…

 

La vérité sur le retour des guerriers

 

Athéna reste une des déesses les plus importante de la mythologie grecque. Dans la mythologie romaine elle correspond à Minerve connue aussi sous le nom de Pallas Athéna.

Son temple principal, le Parthénon, était situé à Athènes et tenait son nom de Parthénos : la vierge. Il devint sa propriété parce que, selon la légende, elle avait fait don de l'olivier au peuple athénien. Athéna était avant tout la déesse des cités grecques, de l'industrie et des arts, et dans la mythologie tardive, la déesse de la sagesse et de la guerre. Parmi les dieux, Athéna fut le principal soutien du camp des grecs pendant la guerre de Troie. Mais après la chute de Troie, les Grecs négligèrent de respecter le droit d'asile d'un hôtel d'Athéna ou la prophétesse troyenne Cassandre avait cherché refuge ; pour les punir, à la demande d'Athéna, Poseïdon lança des tempêtes qui détruisirent la plupart des bateaux grecs revenant de Troie.

 

L'histoire d’Arachné

 

Arachné était une jeune fille qui excellait dans l'art du tissage de la broderie. Ses ouvrages étaient admirés par tous et on disait souvent que c'était la déesse Athéna qui lui avait inculqué son art. Par arrogance, Arachné n'accepta pas ; elle convia Athéna à un défi. Cette dernière se transforma en vieille femme et lui conseilla d'être modeste, judicieuse respectueuse envers tous les dieux. Arachné ne répondit que des injures. Dans le défi qui eut lieu, les deux femmes se concurrençaient de manière égale mais les sujets de l'ouvrage choisi par Arachné étaient des scènes qui portaient atteinte aux dieux. Elle déclencha donc la colère de la déesse. Submergée par la honte, Arachné se suicida. Elle se pendit mais pour lui éviter la mort, la déesse la métamorphosa en araignée qui tisse continuellement sa toile.

 

L'oiseau d'Athéna

 

Athéna était également la patronne des arts agricoles et de l'artisanat féminin notamment le filage et le tissage. Elle donna aux hommes entre autres cadeaux l'invention de la charrue et de la flûte, l'art de dompter les animaux sauvages et la cordonnerie. Elle était souvent associée aux oiseaux, principalement à la chouette.

 

Photos de la fête de l'an dernier sur la page des associations à droite, titre : Athéna et l'olivier

 

 

Les dieux principaux de l'Olympe

Zeus(Jupiter), Aphrodite, Apollon, Artémis, Athéna, Démeter, Dyonisos, Hadès, Héphaïstos, Hermès, Hestia, Héra(Junon), Poseïdon.



ª Cuirasse en peau de chèvre

© bouclier que lui avait donné Persée sur lequel elle avait fixé la tête de Gorgone

 

 

Article F.Zorra

Photos D.Biondo

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 22:06

    Pour Pp  le 18 mai restera une journée à remarquer: une équipe autour de Patricia Holzl au palais Longchamp dès le matin, une autre autour de Denise Biondo à Cadolive pour la fête de l'olivier (voir article séparé sur la fête de l'olivier) où Geneviève Casaburi participait au concours d'aïoli et en soirée à Marseille-Bonneveine un spectacle en commun avec l'association lei cigaloun de l'estelle pour terminer une journée bien remplie : à signaler la fête de l'olive débutait le 17 mai avec un stand de Pp également, animé par Michel Isard et Erine Lechevalier.

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Une équipe de Pp  accompagnait Christine Lubrano pour une dédicace à l'hôpital d'Aix le 14 mai  vers 14h et une autre devait dédicacer à Cultura La Valentine le 24 mai (voir article l'origine des fantômes) les fantômes de Marseille, le roman à trois auteurs, roman qu'on retrouvait à Nyons le 31 mai à Lire en mai pendant que notre ami Chris Bernard distribuait les cadeaux du concours : sur la photo de la remise des prix, on reconnait Michelle Grenier et Mauricette Buffe deux de nos auteures. 

 

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Quelques auteurs de l'association : 

 

 

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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 12:55

Provence-poésie vient d'éditer, pour l'instant disponible sur commande, le deuxième volet des Poutounades de Danyel Camoin. 

Le premier volet (Fabulations du pays d'Aubagne), dispo en médiathèque Marcel Pagnol, est toujours disponible à la vente pour les amateurs.

Le deuxième opus plus tourné vers Marseille sera présenté au carré des écrivains en Novembre et sur quelques stands de l'été notamment à Carqueiranne.

Son titre Les contes (marseillais) du Garlaban.

Même prix et présentation que le précédent mais plus épais et le diable succède au curé car ces contes-là sont un peu plus paillards que les précédents...

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Voici en prime un extrait de ce livre de 162 pages où on devine la rencontre de l'auteur avec Frank Zorra

dans un duel provençal à la Sergio Léone mais...

 

 

 

Pour quelques billes de plus...

 


Dans la cour de l’école maternelle, au temps des sixties, dans la Provence marseillaise, le pays des jeux de boules, il se trouvait un garçon brun qui paraissait posséder des doigts de fées : il réussissait tout avec eux et, en particulier, gagner des billes de toutes les couleurs. Il était très grand pour son âge et s’appelait Sébastien… Mais cet enfant avait un point faible qui s’appelait Marie-Agnès, une petite fille qui était si jolie que tous les garçons de l’école voulaient partager leur goûter avec elle ; avec ses tresses brunes, on l’appelait l’indienne et autour d’elle, les cow-boys pullulaient comme des mouches.

         À l’époque, on n’avait pas encore le guide du zizi sexuel de Titeuf, et, garçons, l’on ne voyait pas très bien pourquoi le monde était empli de filles et à quoi elles servaient : pour les bébés, il existait les artichauts, les roses ou les cigognes et pour les jeux, on était bien entre futurs hommes où la castagne était de rigueur ! Ces filles, avec leurs petites robes, ne connaissaient que les sauts de corde ou la marelle… On ressentait une attirance inexplicable pour les petites gentilles, mais «cool» !

         Face à Sébastien, on voyait souvent un autre garçon, blond aux yeux bleus, qui s’appelait Francis ; lui-aussi était attiré par la petite brune mais ne parlait à personne. Il avait un problème pour communiquer. Alors, il l’avait tirée par la main pour la convier à ses jeux : elle n’avait pas compris ce message d’intérêt ; de plus, Danielle, une grande blonde maigre à cheveux frisés, le visage tout tâché de points roux qui le repoussaient malgré lui, s’était interposée… Il avait dû la gifler fortement pour qu’elle s’en aille ! Après ce geste, bien sûr, il avait été puni et toutes se tenaient à l’écart. Pourtant en chahutant, il avait été mis à la porte de sa classe en même temps que Marie-Agnès ; il en était content, car tous, plus tard, avaient dit à Sébastien qu’il était « sorti » avec elle !

         Pour récupérer quelques regards des jolis yeux noirs féminins, Francis, qui se faisait appeler Frank, avait lancé un défi au Grand Sébastien : un duel à mort… Aux billes !

Une partie sanglante et interminable se déclencha entre les cours, occupant toutes les récréations, de chocs de billes, de mélanges de couleurs, de sacs qui se vidaient, d’acclamations et même de coups de poing ! Frank, pourtant très adroit à ce jeu, perdit toutes ses illusions…

Avec ses billes et le regard de la fillette.

« — Ce n’est pas parce que tu t’appelles Zorra qu’il faut te prendre pour Zorro ! »

Sébastien devait être protégé par les fées ou les sorciers. La situation criait vengeance mais la vie les sépara, l’école communale, avec ses cartables lourds de l’époque, prit la priorité…

         Ce jour-là, pourtant, quelques années plus tard, s’étaient retrouvés les deux gamins, face à face dans la cour du lycée, comme dans un film de Sergio Léone, réalisateur italien célèbre qui tapissait les murs de la ville des affiches de ses films : dans son baladeur à cassettes audio, Frank laissa monter le son de la musique de la montre : la reisa dei conti. C’était la musique principale du second western : celle du duel final !

La cour du lycée s’était vidée et ils étaient seuls à tourner autour pour se placer sans avoir le soleil dans les yeux : à la ceinture, un pistolet…à eau !

La casquette rabattue sur les yeux sous le soleil du midi, ils s’arrosèrent jusqu’à plus soif.

         Marie-Agnès n’était plus là, elle ne verrait rien, mais elle restait dans leur esprit et surtout dans la tête de Frank qui marchait maintenant vers son ennemi qui pressait sa gâchette. Il évita de justesse le jet par une rapide rotation de son corps, puis il vida son chargeur en plein visage de Sébastien, pourtant l’eau s’évapora sans le mouiller ; toujours protégé par les fées, cet «enfoiré», pensa Frank, mais il ne se démonta pas et lui proposa une revanche aux boules ; à la pétanque, oui, là, le Seb, il prendrait sa « raclée », hors de l’établissement, sous le regard des grandes, celles qui ont «  les seins qui poussent » disaient ses copains : certaines en avaient plein le visage, des petits seins miniatures presque rouges ; sa mère disait que c’était à cause de la puberté ! Une maladie d’ado !

         Le lendemain, sautant un cours, le jeune garçon signa son carnet d’absence lui-même ; il se dirigea vers Notre-Dame-de-la-Garde, grimpa tous les escaliers,- à cette époque-là l’ascenseur avait déjà disparu-, et il traîna ses boules jusqu’à un bénitier où il les trempa. Avec son unique pièce de monnaie disponible, il acheta un gros cierge et l’alluma, puis le déposa aux pieds de la statue. Il fit un signe de croix rapide, attacha la courroie qui maintenait les boules à sa ceinture et prit le chemin du retour en pensant ;

« Avec ça, il est cuit, nous aussi avons notre fée !

Eh ! Ho !Pourvu que l’eau bénite ne fasse pas des trous dans mes boules… Celles du vainqueur ! Et le cul de Fanny, c’est pour le Seb ! »

         Enfin vint le jour de la vengeance ! Même les nourrissons sortaient la tête de leurs landaus en mâchonnant leurs sucettes pour voir cela ! De fait, les mamans étonnées arrêtaient la course effrénée des roulettes pour accorder un instant de leur précieux temps à cette rencontre. Le soleil jetait une pluie d’or sur la Provence et donnait aux toitures environnantes des reflets d’argent bleuté en chauffant l’argile, et l’on cherchait à organiser le terrain de boules pour que les champions n’aient pas ses rayons dans leurs fragiles pupilles ! Un vrai western marseillais !

         Frank regardait Stéphanie, la serveuse, qui s’appuyait par une épaule à l’encadrement de la porte du bar. Hissée sur de hautes chaussures de bois qui laissaient ses orteils dépasser de la lanière en cuir pour remuer des ongles abîmés, repeints en rouge vif ; comme si elle n’était pas assez grande avec son mètre soixante-cinq, elle paradait.

Evidemment, comme cela, son immense postérieur était juste à hauteur des yeux des petits ; déjà quand elle se penchait pour servir  avec son tablier blanc accroché sur sa mini-jupe noire, on apercevait le bas de la partie à embrasser et le petit slip blanc ressemblait déjà à un string.

C’était elle qui avait posé, les deux ballons à l’air libre, pour le tableau qui trônait sur le mur principal du bar, face à l’entrée ! Rien à voir avec la Fanny qui vendait des coquillages, il s’agissait de celle des boulistes !

         C’était une femme de trente-cinq ans, plutôt ronde avec un grand décolleté qui montrait une partie des deux biberons qu’elle réservait à son bébé derrière son corsage rose. Et dire que certains disaient qu’ils voudraient perdre pour embrasser ces deux montagnes de viande !

         Et les mamans murmuraient qu’elle avait de la cellulite : de la jalousie ! À choisir, les fesses de Marie-Agnès demeuraient sans doute sublimes, quoi que deux gousses d’ail, comme disait son grand-père qui semblait préférer les mappemondes.

         Stéphanie en le regardant prit un large sourire et écarta ses lèvres fardées en secouant ses longs cheveux bruns frisés. Elle se flanqua une tape sur la croupe pour lui montrer qu’elle l’attendait. Il se sentait devenir, comme certaines pivoines, rouge de honte puis blanc de peur !

« — Horreur ! Il n’est pas question de perdre ! »

Il fit le signe de croix, une des rares fois dans sa vie, il jura, cracha et piétina…

         Les ennemis marchaient à pas lents en se tournant autour à distance, les manches retroussées. Les boules pendues à la ceinture par une solide lanière de cuir brun, prêts à les dégainer pour pointer la meilleure approche du cochonnet clair.

Frank avait rabattu une casquette de marin au-dessus de ses yeux pliés en fente de boite aux lettres tandis que le grand Seb ouvrait des billes bleues comme celles qu’il avait gagnées jadis ! Il risquait sa popularité sur ce coup mais il se disait que ce blanc bec ne pouvait pas gagner, c’était un «gland» !

         Premier à pointer, Frank leva majestueusement le bras droit : la boule brillante tournoya et alla se coller au bouchon ; « Tè ! Il tête, eh ! »

Le tir pourtant très précis d’un autre joueur la manqua et la boule s’abattit avec un choc de regret, en se faisant huer, dans un nœud de racines du gros platane voisin. Le patron du bar hurla :

« — Oh ! Il va me le déraciner le platane ! Reste dans le jeu, va ; couillon ! »

         Le grand Sébastien s’approcha du cercle de positionnement que l’équipe de Frank avait tracé dans le sable dur avec un éclat de bois : il rapprocha une boule noire de son nez comme pour l’embrasser puis visa, l’éjecta dans un geste d’athlète, et la suivit du regard ainsi que les autres participants : la pauvre boule de Frank fut projetée, elle aussi, au pied du gros platane !

         La partie continua laissant un match nul entre les deux adversaires. Des participants s’éliminèrent peu à peu, jusqu’à laisser seuls, face à face, quatre champions pour la finale. La dernière manche en treize coups : Frank et son compagnon Marcel restaient à zéro sous les railleries des autres qui leur jetaient des sarcasmes :

« Eh ! Frank, tu sens ? C’est le fumet de Fanny ! »

         Et là, quelque chose de mystérieux se passa ; une jeune fille blonde se rapprocha de Marcel et il fut immédiatement pris d’une crise aiguë d’éternuements. Il dut abandonner la partie. La blonde demoiselle proposa de le remplacer. Frank crut reconnaître Danielle, celle de la maternelle ! Il eut quelque réticence à jouer avec elle mais les autres le poussaient. Et de toutes façons, au point où il en était ! La partie se poursuivit donc avec ce nouvel équipier… Une fille ! La Honte…

         Quand la boule noire de Sébastien allait, à coup sûr, fracasser la boule brillante de Frank, la jeune fille claqua des doigts, la boule se dévia de sa trajectoire et se fracassa dans les racines apparentes ; le premier point demeurait. Aussi la situation se renversa vite : match nul encore !

La manche devait se rejouer et l’on recommença…

         Avec un geste stylé qui faisait frissonner sa jupe plissée à carreaux noir et blanc, la jolie blonde secouait ses longs cheveux et plaçait ses boules collées au cochonnet comme si elle les télécommandait.

Elle souriait sous l’admiration visible de Frank dont les tirs ne valaient pas ceux de Sébastien mais éliminaient les points adverses. Quant au champion, il n’était plus maître de ses boules et criait à la malédiction ! « Fan de chichourlo ! » Frank reprenait confiance et lui cria :

« — Alors, tu remontes le score ou vaï cerqua Molinari ? ©»

La vengeance reste un plat qui se mange froid.

La dernière série de points le laissa à zéro, un zéro flambant ; treize pour Frank et Danielle, Zéro pour son copain et lui !

         Tous le poussèrent vers la honte de sa vie !

Au fond du bar, à l’abri des regards extérieurs, le grand Sébastien, devant une salle remplie plus que de coutume, vint s’accroupir devant les fesses nues de la Fanny et y déposa ses lèvres. Et pour eux ce n’était pas un vulgaire tableau mais une belle paire parfumée. Son copain fit de même et les badauds se retirèrent ; il n’y avait plus rien à voir !

         Frank, après les acclamations, s’approcha de Danielle et lui demanda de s’expliquer : elle avait l’œil hagard et un comportement bizarre et elle n’ouvrait pas les lèvres… Pourtant, il entendit une réponse à l’intérieur de sa tête :

« — Ne change pas d’expression et crois-moi ! Je suis la fée bleue, j’ai occupé provisoirement cette apparence pour jouer à tes côtés ; tu as gagné ! J’ai simplement éloigné les forces maléfiques qui protégeaient l’adversaire pour que la partie soit équitable : je l’ai fait dans le corps d’une fille que tu pourras remercier de sa participation quand je me serai retirée… Ne t’étonne pas, elle aura du mal à comprendre comment elle a pu gagner, mais tu verras, c’est une gentille fille agréable ! »

         Il était sidéré, elle le tira par la main dans les toilettes du bar, et là, sa bouche s’ouvrit :

« — Serre-moi fort dans tes bras sinon je vais tomber, d’accord ? »

         Un énorme nuage bleu envahit la petite pièce avec une odeur bizarre, celle qu’on sent après un feu d’artifice, et quand il se dissipa, le jeune homme vit une sorte d’oiseau bleu qui s’envolait, en piaillant à tue-tête, par le petit fenestron à barreaux.

         Il regarda le visage de la fille devenue énormément lourde dans ses bras en poids mort ; elle avait l’air de se réveiller d’un profond sommeil et lui demanda ce qu’elle faisait là… Il lui expliqua qu’après avoir gagné la partie avec lui, elle s’était évanouie et qu’il l’avait traînée jusque-là pour lui éponger le visage.

         Il la regardait, c’est vrai qu’elle était jolie maintenant, elle avait perdu ses taches rousses et son visage n’était pas envahi de ces miniatures de puberté. Il admirait sa chevelure blonde ondulée qui n’avait plus rien à envier aux noires tresses de Marie-Agnès. Il l’avait soutenue sans trop y penser par les monts que Fanny rendait célèbres, et, ceux-là ne connaissaient certes pas la cellulite ! Contre lui, il avait senti deux petites bosses sympas qui ressemblaient très peu aux biberons vivants et qui lui donnaient, malgré lui, une certaine envie de faire plus ample connaissance…

         Il lui a appris à jouer vraiment à la pétanque  et ils ont réellement remporté des coupes ; enfin, c’est ce qu’on nous a raconté mais ce n’est peut-être qu’une histoire marseillaise…

 

 

 

 

 



© On va chercher Molinari : pour les marseillais, réputé pour tout savoir faire.

 

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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 10:37

C'est le vendredi 25 avril que se sont réunis les adhérents de Provence-poésie pour juger les textes poétiques libres du concours interne de Pp.


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Après lecture des textes des 13 participants : deux éliminations pour non conformes au réglement (sur 15).

Le vers : la fuite monotone et sans hâte du temps bien inséré dans le contexte de l'absence, thème demandé cette année par notre regretté Francis Triay dont le nom avec accord de son fils sera désormais accolé à chaque prix décerné pour le concours interne.


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Après un exposé de Denise Biondo (vice-présidente et trésorière) sur le trimestre passé et les projets du prochain ainsi que sur les éditions en cours de l'association, l'annonce de nouveaux dépliants périodiques directement fabriqués au sein de l'association grâce à l'aide apportée par notre assistante technique : Béatrice Saussol (également lectrice de scène), précisait l'incorporation possible de photos sur le dépliant de l'association si accord des personnes concernées derrière les éléments indispensables du bureau... Pour les assistantes littéraires : Joëlle Foin (également animatrice de l'atelier et du spectacle) Isabelle George (aussi assistante comptabilité et édition) Joëlle Solari (relectrice des éditions  de groupe) Mireille Miau (relectrice des recueils et récitante ), les assistants de stands extérieurs : Michel Isard, Geneviève Casaburi, Sonia Kitaëff, Patricia Holzl (également partenaires des lectures) et les  autres partenaires du spectacle et de l'interview : Yves et Janine Ravel, Monique Morucci, Rosette Escoffier, Gaël Angélis.


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Hors concours pour montrer à tous que c'était faisable : l'autre absence, texte écrit et interprété par le président.

La lecture des textes à primer suivait : Edouard remplaçait Mauricette Buffe et chacun lisait son poème pour permettre au jury (la salle) d'apprécier sous la direction et surveillance du président de jury : Robert Landi.


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Janine Ravel gagnante de l'an dernier, toujours parmi les meilleures comme Mireille Talotti-Miau !


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Zaven Sarafian et Evelyne Palermo : deux élans passionnés


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Dominique Cabrol, dont on reparlera plus tard dans le recueil "retour en Provence" s'intègre dans l'équipe familiale.


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Christine Lubrano et Geneviève Casaburi, prêtes pour un polar à plusieurs face  au détective FZ ? (projet 2015)

Au final...

Rosette Escoffier triomphe avec "la rue Rastègue" et remporte l'amphore de Francis Triay, également céramiste, avec le diplôme, la médaille et le bon d'achat de Provence-poésie.


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Prix exceptionnel du jury avec coupe du crédit mutuel remis avec un autre bon d'achat à Michel Isard pour son texte : la belle, envolée.


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Et la soirée se terminait par un tour de table littéraire où l'on distingue une intervention d'Edouard avec un poème de Francis Triay et un hommage de Sonia Kitaëff au potier, père du même Francis, devant une chanson de Patricia Holzl, de retour parmi nous pour le verre de l'amitié...


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Parole de président : Francis sera toujours avec nous !

Quand on vit dans le coeur des poètes, on ne meurt plus, on s'endort tout simplement en laissant un siège vide.

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Article : Frank Zorra / Isabelle George

Photos : Yves Ravel

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