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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 12:49

Tous les chemins mènent à Aubagne (comme à Rome) ou à Auriol samedi 6 octobre au centre ville (près de la maison des séniors) à partir de 14 heures.

Dédicace de Médiathèque réservée au livre régional

pour les dix-neuf  auteurs réunis autour de notre président dans ce petit voyage au coeur de la ville avec un large clin d'oeil sur l'Agglo et Gémenos.

Quelques images littéraires de classe accompagnent quelques images véritables en couleurs ou en noir et blanc rien que pour les yeux des lecteurs avec quelques particularités éclatantes de la région...

 

Dédicaces par Danyel Camoin, ancien habitant d'Auriol, le 6 octobre accompagné de Rosette Escoffier, Joëlle Foin et Denise Biondo qui se relaieront pour dédicacer ensemble ou séparés le livre désigné (durant cette journée de la culture à AURIOL au moulin de St Claude.

 

Le poème de Janine Ravel  : "Quand vivait la rue grande" dédié à Auriol sera déclamé  au cours de cette manifestation par l'un d'entre eux puisque Janine ne pouvait être présente ce jour-là.

24x18 escoffier Dd colorjoellejanine

Nous vous invitons nombreux à venir nous rejoindre...  en spectateurs !

 

 

chemins d'Aubagne 1-copie-1

A cette occasion, Provence-poésie offre un regard sur le passé de la ville avec au centre une photo de la rue Augustine Dupuy où Danyel a habité et exercé son premier métier avant d'habiter La Bouilladisse ; cette rue conduit à l'ancienne mairie. 

auriou-blog.jpg

 

 

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article précédent :

Ce livre pouvait être dédicacé par certains de ses auteurs exceptionnellement le 6 mai à Auriol sur le marché, le 13 mai au palais Longchamp à Marseille (voir article le 13 mai), le 27 mai à la fête de l'olivier à Gémenos

et il l'a été avec succés le 8 juin vers 17h à la médiathèque de Cuges  par Jean DiFusco  en présence du maire de Cuges qui a fait suivre la dédicace d'un apéritif sympathique.

difusc

Et il pouvait l'être :

Le 23 juin à 16h la Mdva à Aubagne par les auteurs présents

 voici la présentation prévue par Danyel Camoin :

 

Les trois coups ont sonné, la scène se dévoile,

Les premiers mots de ses pensées vagabondes ;

Sa première rime sera pour les étoiles :

Car ses yeux portent loin, bien au-delà du monde…

Les mots de Gaël Angélis, ce n’est pas seulement de la poésie, c’est toute une vie entre Orages et soleil jusqu’à la bougie qui fait briller l’espoir…

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En Provence sous les lampions

Il jouait avec les champions,

C’était un as de la pétanque

Après sieste dans la restanque.

Des Robertides aux Hebdorimes , Jean-Marie Arvieu ne vieillit plus, il mûrit accroché à sa branche ; la poésie ; il vous invite à une délicate ronde autour de la Rotonde…

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La bonté parle du cœur, ose le croire,

Même si tu en doutes, prends le chemin,

Engage-toi pour elle, donne la à boire,

Aux victimes du mal, donne de l’entrain.

Dans ce recueil Cherche la lune…tu trouveras le soleil, Henri Bouyol nous entraîne dans son propre monde poétique… A visiter !

------------------------------------------------------------------------------------------------------------On ouvre un jour les yeux, on brise la coquille,

   On voit autour de soi les regards s’éclairer,

Les visages réjouis, le bonheur s’afficher,

Alors que s’agrandit le cercle de famille.

Pénétrez de nouveau dans les vers de Jean Di Fusco, Embarquez sur le bateau de la colère et de la nostalgie et bonne lecture…

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Je suis la seconde, c’est celle qui attend,

Comme Pénélope

Que tu lui consacres des miettes de ton temps.

Pense à Pénélope !

Passent les heures, passent les jours !

De toute mon âme, Je t’espère toujours.

C’est le deuxième volet de Palette et plume, continuez à suivre l’œuvre de la double casquette de Sonia, entre le pinceau et les lettres règne la couleur du tableau !

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Des wagons chamarrés, tous couverts de dorures,

À travers la fenêtre un grand air d'opéra ;

Des voyageurs ravis partant pour l'aventure

Dans les compartiments l'odeur du Réséda.

Pénétrez avec moi dans le monde de « Milou » : Emile Mihière, un poète particulier à la fois pamphlétaire et naturaliste ; « à bâtons rompus » est un titre qui définit bien la course de son existence…

Alors n’hésitez pas… Quand même !

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Angélis, Di Fusco, Kitaëff, Mihière

On les retrouve aussi au cœur du livre, sur tous les chemins qui mènent à Aubagne que nous pouvons vous dédicacer à plusieurs aujourd’hui :

Jean-Claude Colay, Geneviève Casaburi-Rosette-Mireille-Joelle-Janine

Denise Roman, Denise Biondo et moi

Plus de douze des auteurs de notre livre régional dans la salle, en tout, il y en a vingt

Et du plan d’Aups à La Penne, ces plumes vous entraînent à travers des images d’hier et d’aujourd’hui au long de l’huveaune.

 

Cette présentation précédera la lecture spectacle présidée par Denise Biondo

 

 

 

Provence-poésie et Dc lancent ce livre de 110 pages pour seulement 15 euros ( prix réduit pour tous ceux qui y ont participé ; ils ont déjà bien sûr droit à un exemplaire gratuit)

Parution légale le 11 mai 2012 : distribution aux auteurs lors de la réunion (soirée kich) après la remise des prix...

Gaël Angélis, Denise Biondo, Albert Borelli, Geneviève Casaburi, Jean-Claude Colay, Jean DiFusco, Rosette Escoffier, Joelle Foin, Sonia Kitaëff, Philippe A.Malsheres, Emile Mihière, Louis Moulet, Lucien Pignol, Josette Pons, Janine Ravel, Denise Roman, Mireille Talotti-Miau, Francis Triay et Robert Bruguière, dans un hommage à Paul Dol, jonglent avec les images poétiques qui leur sont chères.

 

D'autres dédicaces sont à l'étude:  Danyel Camoin à La Bouilladisse, Geneviève Casaburi à La Destrousse, Janine Ravel à Auriol, Denise Biondo à Cadolive, Rosette Escoffier à Saint-Zacharie, Gaël Angélis à Aubagne ?

 

On peut se le procurer aussi en librairie :

LibrairieThiéblemont, centre commercial La Destrousse

Librairie L'étoile Bleue, centre d'Aubagne.

Librairie Le Forum à Gréasque

La maison de la Presse à Gémenos

Et bien sûr au bureau de l'association ou par intermédiaire de l'un des auteurs.

Publicitairement, certaines commandes par correspondance  peuvent être satisfaites par un port gratuit.

 

Aubagne,  bien sûr mais aussi...

img_2430.jpgorgues-de-Roquevaire-2.jpg aubagne-sourcehuveaune.jpgcuges.jpg

Devinez d'après les images.

Et eux, de quelle ville parlent-ils ?

La réponse est dans le livre.

 

Avec passion au cœur, laissez-moi vous narrer

Un temps millénaire, où tout a démarré ;

Bâti tout à côté de nos récifs côtiers,

Apparut un grand bourg de bergers, de potiers.

Garrigues, cabanons, s'emparent de ce lieu.

N’omettons le soleil, rayonnant couleur feu,

Et ces âmes aux reflets, par la mer si bleus.

Gaël Angélis extraits

 

Dans cette côte qui grimpe jusqu'à l'Académie de Provence, au cœur de l'impasse des Claudes ; sur le côté gauche de la nationale, après le tabac, le bus quelquefois s'arrêtait là… Une traverse à droite, un peu plus loin, remonte vers le chemin d’Aix et, quelque part dans la « Gandole », se dressent les briques du passé...

Danyel Camoin extraits

 

 

Malgré ta modestie grand Dieu, tu étais belle !

J’entends les yeux mi-clos l’étrange brouhaha,

D’où montent des clameurs ô jolie demoiselle ;

C’était un chant d’amour que je n’oublierai pas.

 

Janine Ravel extraits

 

Regarde les ruines de ce très vieux château

Puis, écoute l’orgue de Pierre Cochereau

Qui réunit bien près de cinq mille tuyaux ;

Sa musique fera valser tes oripeaux.

 

Vois le clocher sorti tout droit du Moyen-Age,

La  vieille chapelle, l’église Saint-Vincent,

Le pont Bonaparte juste avant ton virage,

Et puis, dans ton élan, vois le clos Castellan.

 

Danyel Camoin extraits

 

 

 

Article Précédent______________________________________________________________________________

Pour son  recueil avec ses amis poètes, Danyel Camoin descend de la Sainte-Baume avec l'Huveaune en introduisant le livre par son texte  écrit en hommage au cours d'eau et en donnant au passage la parole aux représentants des communes principales de l'Agglo avant d'atteindre le coeur d'Aubagne où il réside : la première pour l'instant est Auriol (Auriou) qui sera marquée par deux textes de l'académicienne de Provence Janine Ravel et qui est faite de ponts sur l'Huveaune. trois-auteurs.jpg

Trois auteurs du petit guide des trésors de Marseille  

à nouveau réunis sur les chemins d'Aubagne.

 

Provence-poésie et  Danyel Camoin ont invité les auteurs qui ont participé au guide des trésors de Marseille et ceux qui étaient intéressés  à  préparer un texte (conte ou poésie) pour le  recueil ; les chemins d'Aubagne.

Celui-ci concernera le centre Aubagnais et les alentours desservis par le bus gratuit : de La Penne jusqu'à Saint-Zacharie en passant par Auriol, Roquevaire, Cuges, Belcodène, La Destrousse, La Bouilladisse et Gemenos. 

 huvo.jpg

  Article Nic Manday

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 16:26

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 09:12

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 C'est le 8 septembre 2012 que quelques représentants de Provence-Poésie, dont certaines avaient fait le concours, Geneviève Casaburi et Mauricette Buffe assistaient  avec Denise Biondo (trois des auteures de Entre deux eaux) à la remise des prix présidée par Serge Scotto et Saucisse...

 

Dd colorportrait Ginoubuffe

Passaient un instant devant le stand de Louis Velle et Frédérique Hébrard...
Et saluaient nos amis de l'association Créart  (auprès de Roger Tanzi) sur le stand de leur créative association.
 Article précédent:----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Provence-poésie était le 3 septembre 2011 à Fuveau  avec les écrivains en Provence. Quelques membres de l'association ; certains en spectateurs, d'autres concernés par le concours de nouvelles et d'autres en auteurs pour les dédicaces.
Denise Biondo s'est surtout attardée avec son appareil photo sur notre ami Jean-Claude Beltramo qui sera aussi le 8 octobre à La Destrousse, librairie Thiéblemont (centre commercial Casino) pour dédicacer son nouveau livre: Autopsie d'une tuerie.

   

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Article Frank Zorra-Photos Denise Biondo 

 

 

 

C'était en 2010 le 4 septembre ;

 

 

Provence-poésie vous informe de l'invitation de Danyel Camoin aux écrivains en Provence à Fuveau le samedi 4 septembre. 100 écrivains à Fuveau...

Danyel et Denise Biondo (co-auteur) ont présenté le petit guide des trésors de Marseille en nouveauté dans la collection de l'Académie de Provence, adjoint à j'ai même rencontré le chaperon rouge, les fleurs du vide  et les fantômes du vieux moulin, trois livres primés par la même Académie. D'autres co-auteurs du guide tous représentés à Fuveau. sont venus sur le stand dédicacer quelques livres avec Danyel. Sonia Kitaeff, Pierre Boyer et Jean-Claude Colay se sont joints à Denise pour ajouter une dédicace à leur passage.

L'auteur a retrouvé  avec plaisir devant son stand  Roger Tanzi de Créart, Jean-Marie Arvieu, poète de 84 ans de l'Académie de Provence  et quelques amis rappelant les vingt ans qu'il a passés au service de St Microelectronics à Rousset et qu'il n'avait plus vus depuis plus de cinq ans.

Ce salon littéraire est à signaler au calendrier de Provence-Poésie comme un des plus remarquables par son accueil et son gigantesque  repas digne de Gargantua.

N'oublions pas l'accompagnateur Jacques Brossier, sympathique et efficace, sur la photo aux côtés de Danyel, qui allait jusqu'à apporter le café pour le stand et la rencontre avec quelques autres écrivains dont Luc Antonini et Lucien Vassal ou Serge Scotto et Saucisse, Pierre-Louis Besombes, Thierry Roland, Michel Lacour (Ed Benevent) et le repas, près d'une charmante accompagnatrice, Nicole Chapouty,  pris à la table de Jean Contrucci .

fuveau-copie-1

 

 

Pour terminer, voici un zoom sur les livres présentés :

le guidechaperonfleurs vide

Rappel de précisions sur ces livres:

Le guide poétique 2010,  maintenant préfacé par le maire de Marseille, effectue une traversée de cette ville en images doublée de poésie et pour ce faire Danyel s'est adjoint les prix de poésie 2010 de Longchamp: Philippe-Auguste Malheres et Sonia Kitaeff, les académiciennes  de Provence Janine Ravel,  Mireille Talotti-Miau et Josette Pons, le Président de l'Académie de Provence et Monsieur Jacques Mouton du Comité du vieux Marseille, Denise Biondo, Albert Borelli, Pierre Boyer, Jean-Claude Colay, Jean DiFusco, Claude Lévy, Nicole Manday.

J'ai même rencontré le chaperon rouge, c'est la traversée d'une vie d'un enfant d'hier à un enfant de demain: un voyage féerique récompensé par le prix d'honneur de l'Académie  de Provence 2008le chapitre concernant l'olivier déjà récompensé séparément a fait  récemment l'objet d'étude dans une classe de Saint-Zacharie.

Les fleurs du vide plébiscité par quelques lecteurs a obtenu le prix d'honneur de l'Académie  de Provence 2009. Ouvert par un poème de Martine Olmo, il rassemble plusieurs drames  humains sur le thème de la solitude (voir quelques fleurs du vide dans les pages nouvelles du blog) une partie du livre co-écrite avec Denise Biondo, trois de ses chapitres sont issues de nouvelles qui ont obtenu des prix à Gemenos, Allauch et Sablet. (voir article concernant les remises de prix)

Les fantômes du vieux Moulin  seul roman historique publié par l'auteur, prix d'honneur de l'Académie de Provence 2010, suit deux femmes  sur deux générations  de défenseurs des oliveraies du Var autour d'un moulin à huile avant le droit de votes des dames. 

pubfantômes

 

Et pour accompagner le petit guide des trésors marseillais, un clin d'oeil video:

 

 

 

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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 10:45

Contre la violence,  à Aubagne, unissons nos efforts...

Suivant cette phrase Pp soutient l'action de l'association Flo et vous invite à l'exposition suivante :

flo.jpg

 

Provence-poésie peut donner de plus amples renseignements aux intéressés en réadressant les mails de l'association Flo avec l'accord de Sandrine Schipani-Friedman sur simple demande.

 

 

 

 

 

article Frank Zorra

 

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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 10:58

Voulez-vous gagner un livre du catalogue de Pp éditions ?

Répondez au questionnaire ci-dessous : toutes les réponses sont dans le blog.

 

1  Dans quel livre édité par EmA a été publié la nouvelle : les araignées rouges ?

2  Quel instrument est à la base du recueil : Au bout des doigts ?

3  Sur quel compositeur a-t-on lancé les lectures-spectacles de Pp ?

4  Dans laquelle a-t-on vu Janine Ravel jouer une pie ?

5  Quel est le titre du premier recueil  poétique de Gaël Angélis ?

6  Avec quelle nouvelle Geneviève Casaburi a gagné aux Apollons d'or ?

7  Quel recueil d'Alice Hugo contient le poème qu'elle a interprété avec Danyel Camoin ?

8  Quel est le titre de la nouvelle gagnant le prix de la ville  d'Aubagne en 2011 ?

9  Dans quel roman J-C Beltramo parle-t-il d'une ville de l'Agglo ?

10 Quel est le titre du cahier poétique d'Albert Borelli ?

11 Quel livre de Danyel Camoin a été préfacé par Marie-Louise Bergassoli ?

12 Quelles sont les deux casquettes de Sonia Kitaëff ?

13 Par quel éditeur a été publié ; Je suis né à Marseille de Frank Zorra ? 

14 Quel auteur édité ensuite par Pp a gagné dans les deux concours de nouvelles ?

15 Qui était président du jury du concours 2011 ?

16 Qui a écrit le poème sur la gare dans le petit guide des trésors de Marseille ?

17 Quelle était la profession de l'auteur de Colère et Nostalgie?

18 Qui était l'invité d'honneur de : A nous,contes, des mots ?

19  A qui rend-on hommage dans tous les chemins mènent à Aubagne ?

20 Pourquoi y -a-t-il un clocher sur la couverture de " A bâtons rompus" ?

21 Qui est l'auteur de Cherche la lune... tu trouveras le soleil ?

22 Qui a été la troisième muse poète de notre rubrique ?

23 A quel thème se rapportent les fleurs du vide ?

24 Quel est le titre du livre  de Pp qui regroupe douze dames ?

 

et la question qui départagera les ex-eaquo:

25 Quel monument préhistorique du Var est présenté par le livre de Danyel Camoin

 les fantômes du vieux moulin  ?

 

Y a-t-il un vainqueur  ? Et tous peuvent participer sans exception...

On attend vos réponses sur le mail ou par courrier.

 

 

 

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 12:53

Bécaud chantait : la solitude ça n'existe pas et pourtant...

Heureux les académiciens de Provence qui côtoient  et côtoieront  à Carnoux le 24 juin les deux dames exceptionnelles que sont Martine Olmo et Denise Biondo...

Pourquoi ?

Parce que la poète et la nouvelliste même si elles ne sont pas à la une des salons de dédicaces et des journaux appropriés ont composé avec une classe exceptionnelle dans le cadre de la solitude et le livre de Danyel Camoin qui a obtenu en 2009 le prix d'honneur de l'Académie de Provence renferme lui seul deux éclatantes prestations de ces deux auteur(e)s à ne pas manquer...

D'abord le poème Avec ma Solitude de Martine Olmo et ensuite la nouvelle Insolitude qui marquait les débuts de Denise dans la nouvelle ( elle a progressé depuis avec une journée d'enfer et chute à Cadolive) ouvrent le livre de Danyel qui excelle sur des cas particuliers de victimes de cette sorcière qu'est la solitude dans "Les fleurs du Vide".

Une réédition remet les textes à l'honneur et la dédicace au matin du jardin du livre le 24 à partir de 10h permettra aux lauréats et aux académiciens désireux de se pencher sur la question de pouvoir le faire : rendez-vous dans le jardin du restaurant La Crémaillère à Carnoux le 24 juin.

 

  fleurs vide

martine.jpgDenise.jpg

 

Avec ma solitude

 

Ce matin, comme tous les matins,

Lorsque mes yeux se sont ouverts,

J'ai de nouveau ressenti ce frisson.

Ce n'est pas le froid mais tout simplement

Le fait de me retrouver au seuil d'une journée,

                                                                               Avec ma solitude.

Pourtant, je vais me lever.

Je ferai tous ces gestes habituels et quotidiens.

Je me regarderai dans la glace

Et me trouverai un peu plus vieillie, un peu plus triste.

Je me maquillerai rapidement et,

Peut-être, irai-je faire quelques courses.

Puis  je préparerai le repas, mon repas,

Que je prendrai dans la cuisine,

                                                                                 Avec ma solitude.

L'après-midi, je lirai un peu, pas trop, car j’ai mal aux yeux.

J'irai promener dans les bois,

S'il ne fait pas trop froid et si le vent se calme.

Et la nuit tombera vite, c'est l'hiver.

J'allumerai la cheminée, comme tous les soirs,

Ma seule compagne. Je me blottirai au coin du feu,

Un châle sur les épaules,

                                                                                 Avec ma solitude.

Puis lorsque la fatigue me surprendra,

Je me glisserai dans mon lit froid,

Je fermerai mes yeux et attendrai le moment,

Le seul de cette journée où enfin le sommeil

M'emportera vers un monde nouveau où j'aurai

L'impression de vivre pleinement.

J'oublierai alors pour quelques heures...                      Ma solitude !

 

Martine Olmo

 

 

Insolitude        

 

 

Elle a chu telle une fleur à laquelle on a coupé la tige et son visage a ouvert une corolle sur le plancher, une auréole rouge perlée. Lui, derrière son carreau, a immédiatement ressenti le malaise. Son univers insolite s’écroulait. On paraissait l’avoir atteint sans le voir, lui qui ne cessait de l’admirer…

 

Autour de nous, on ne compte plus le nombre de personnes qui vivent seules. Un tourbillon d’hommes, de femmes, de divorcés, de veufs, d’autres ; la liste serait longue... Tous victimes de l'incommunicabilité ! On pourra leur installer le téléphone, Internet et le câble, cela ne changera rien parce que le destin les emprisonne auprès d’une maîtresse insurmontable : la solitude, « grave » compagne dont on ne se défait plus quand on l’a laissée s’incruster.

Tiens, par exemple, ces deux-là : Lui et Elle, ils auraient pu s'aimer ! Ils habitaient l'un en face de l'autre : une obole apportée par le hasard, deux fenêtres qui ouvraient leur bouche et rabattaient leurs lèvres en vis-à-vis.

Quelquefois, il la voyait dévoiler sa pâleur comme si elle épluchait une banane. Elle oubliait de tirer les rideaux ; que voulez-vous quand on se croit seul ! Lui, il éteignait les lumières pour ne pas être vu. Il admirait l’anaglyphe tel un valet agenouillé devant une princesse… Il la photographiait discrètement, calant un vieux 33 tours sur une vieille platine afin de se donner une musique de fond, classique je crois.

 

C'est fou ce que l'on peut aimer les objets ! Surtout quand on est seul, on en devient prisonnier. N'est-ce pas ? Les objets vous volent votre âme et la forcent à les aimer. Et ce bonhomme n'échappait pas à la règle. Il les dépoussiérait, les rangeait, leur donnait une place attitrée. La statuette et le soldat de plomb, le bahut et la table, le cadre et le vase. Tiens, une peluche et un clown à la tête céramique : que faisaient-ils donc chez un homme de son âge ? Souvenirs d'enfance ? Non, sûrement pas ! Des témoins muets, certes, mais il leur parlait ! Et quelquefois, il leur racontait sa journée.

Ces amis inertes ravivaient son âme d'enfant parce que les gamins justement savent résister à la solitude : eux ont le courage de s'adresser la parole ! Lui, dans l'escalier, il croisait la voisine dont la baie ouvrait sur la même cour que lui. Il lui souriait et lui disait bonjour mais cela n'allait jamais plus loin. Deux inconnus se rencontraient ainsi depuis des années sans échanger quelques mots utiles. Seuls, chacun dans leur carré de meubles bien rangés pour attendre …

Attendre quoi ? La mort ? Pesante, celle-ci ne s'acharnait pas que sur les vieilles dames ! Elle mordait à droite ou à gauche à l’instar des requins.

Et sans le vouloir, il a assisté à l’entrée de celle-ci chez sa voisine. Elle ne s’était pas présentée sous sa cape noire célèbre mais sous les traits tirés d’un jeune gars que l’inconsciente avait ramené jusque là... Peut-être voulait-elle échapper à la solitude ?  Le voyou, séduit par le parfum de cette évasion, avait entrevu la sienne sur une autre échelle : un peu d'argent ! Motivé par le vol, sans doute, celui-ci a frappé sauvagement au cou. La belle est tombée…

 

Le voisin a alors appelé la police, les pompiers : le téléphone est pratique ! Cependant, il n'a pas bougé. Il ne l'a pas secourue. Il n'a pas voulu se mêler. Témoin, c'est devenu insupportable surtout quand on ne sait plus parler... Écrire oui, il en avait plein le tiroir, des lettres qu'il lui avait écrites, des lettres d'espoir, des lettres d'amour inspirées par son regard secret, jeté par la fenêtre sur son déshabillé, mais il craignait qu'elle le traite de voyeur. Elle ignorait ce qu’il endurait dans son mutisme.

Si elle savait, pourquoi n'avait-elle pas réagi ? Ce regard l'habillait peut être, la réchauffait d’une douce présence. Sous ses yeux, elle devait se sentir caressée mais sûrement pas suffisamment. Il lui avait fallu introduire ce malotru déguisé en prince charmant, cet Arlequin du porte-monnaie qui avait fait entrer le mal à ses côtés.

Et maintenant, l'encadrement de la fenêtre demeurera noir. Le regard qui la cherche se perd déjà dans le peu de lumière pénétrant dans la cour. Elle n’y reviendra plus…

Dévasté par son conte défait, l’homme seul va vers un tiroir et en sort une petite culotte, tombée de l'étendage de sa fée. Il a recueilli ce petit linge comme une fleur posée sur sa fenêtre par un jour de vent. Il l’a installée là, dans ce tiroir, en bonne place, sous une rose rouge. De temps en temps, il caressait la soie rose comme un petit animal domestique, puis, il changeait de fleur. Il en cueillait dans les jardinières de la cour, un sécateur dans la poche ; encore un objet insolite, un outil d’assassin ! Assassinat des rosiers du jardin, peut-être… mais le jeune voyou court toujours avec son rasoir, un objet encore, redoutable. Un solitaire, ce gars-là aussi !

 

Peu après, le maître de maison salue ses objets. Il sort de chez lui. Il marche sur le trottoir mouillé. Il sent sous une main l’outil dans la poche de son pardessus. De l’autre, il s’appuie sur sa canne. Les murs jettent des ombres furtives sur lui. Quelques fragments de silence brisé se cachent dans le manteau de la nuit. La rue vidée par le programme de télévision est encore plus effrayante que meublée par le flot indifférent des passants. Les réverbères modernes agressifs penchent vers lui un fuseau de lumière variable. Le clair de lune joue avec les nuages sans appeler les loups-garous. Son pas lent et méthodique s’achemine vers son but.

 

Ce soir-là, le voleur ne sait pas pourquoi un homme plus âgé l’observe maintenant dans ce bar louche. Perdu dans cet endroit mal famé, ce Monsieur bien habillé, distingué, ganté, près du comptoir, a lui-même allure insolite. Il se cramponne à sa canne, objet de soutien ; on se sent bien en étreignant le pommeau, on se croit plus fort, on affronte le danger. Pour qui ? Pourquoi ? Pour elle ! Il a eu peur et ne l’a point défendue, ce souvenir s’accroche à sa mémoire tel un insecte qui plante son dard et ne parvient plus à repartir.

 

Et on a emporté la belle inerte dans cette voiture blanche coiffée de ce gyrophare excité qui criait, découpant la nuit en tranches rouges. Elle est partie, couchée sur le dos, les yeux blancs, sans un regard vers le voisin…

Dans le couloir, on murmurait qu’elle n’arriverait pas jusqu’à l’hôpital et qu’il était triste de partir si jeune. Aucun clin d’œil vers lui n’animait la raideur de la fin, mais il l’aimait tout de même ! Il l’aimerait toujours d’un amour platonique, inaudible même puisque muet ! Il ne la dérangeait pas ; il l’habillait d’ombres et de rêves, d’un tatouage d’amour. Il s’accrochait à cette image tel un naufragé à son radeau. Tous les soirs, semblable à un enfant qui lèche la vitrine d’un pâtissier, il avait rendez-vous avec la croisée, pareil à ceux qui suivent un feuilleton télévisé. Quant elle était triste, il pleurait. Il ne manquait jamais l’heure du coucher de la belle, la réchauffant du feu de ses yeux lorsque la lumière crue l’effeuillait pour personne. On pouvait presque penser qu’elle le faisait régulièrement à son intention et d’ailleurs pour tout dire…

Un jour, elle avait glissé un mot sous sa porte d’entrée. Ce billet griffonné rapidement à la main avec un stylo baveux disait :

« Je sais que vous me voyez, que vous êtes derrière la fenêtre, mais ainsi je me sens moins seule… »

Il avait ramassé cet objet de papier et l’avait placé soigneusement dans le tiroir, objet de fierté, parfumé par le sous-vêtement et la rose, tel un trésor, un trophée, un cadeau. Mais, depuis, il aurait dû répondre, parler, s’exprimer… et non pas aligner des rangées de lettres noires qui coulent dans le tiroir imitant des combattants privés de champ de bataille, des avocats éloignés du jugement, mots prisonniers qu’elle n’a jamais lus, ni entendus, sans doute ! Personne ne lui a jamais dit ce qu’il lui a écrit….

 

Un jour, il aurait sûrement eu le courage de parler, d’agiter sa langue vers elle, caressant l’oreille féminine de ces mots ourlés qu’il ne prononçait jamais ; on peut toujours rêver ! Maintenant, il retient ses larmes, des larmes de sang ; son cœur saigne pour elle que l’autre a immolée face à sa fenêtre, sous ses yeux de vitres. L’obscure croisée noire lui rappellera définitivement, à l’instar d’un drapeau, ce crime impuni dont lui seul connaît l’assassin et ce couloir qu’il n’a pas traversé pour aller simplement jusqu’à sa porte. Même trop belle, intouchable, il n’aurait pas dû la laisser mourir !

Là, dans ce bar immonde, il observe l’assassin gavé de whisky, les yeux perdus entre le brouillard du remords et les vapeurs de l’alcool, un hémisphère du cerveau embrumé. Quand il lui paie un dernier verre, le gaillard ne refuse même pas. On croirait qu’il le connaît depuis longtemps, un ami de bar comme un autre.

Dans la bouteille qu’on partage, on noie ensemble les larmes qu’on n’aime pas voir courir sur sa barbe mal rasée. Chaque gorgée est un baume cérébral qui ouvre les portes de l’oubli. C’est un des rares moyens de noyer la solitude mais il en existe un d’une autre dimension, non limité par le verre…

Et le copain de boisson, on n’hésite pas non plus à le suivre dehors lorsqu’il chuchote gentiment qu’on a assez bu  ou qu’on ira boire ailleurs! Il ne refuse donc pas. Ils sortent tous deux, bras dessus, bras dessous, le témoin et l’assassin qui n’hésite pas à l’accompagner au bord du canal. Le cours d’eau, là, ce n’est plus un petit verre. C’est la tasse ! Les quais, quel endroit parfait pour une vengeance ! Le bord se rapproche des pas des compères insensible-ment, on croirait que la mort, encore elle, grignote peu à peu l’espace vital.

Il ne restait qu’à le pousser, et à partir seul ! Facile, il titubait déjà, mais quoi ?

Pourquoi sauter avec lui ? Ce n’était pas utile ! Et maintenant toute cette eau sale qui veut se faire avaler ? Le courage ? Mais qu’a-t-il à voir là-dedans ?

Le courage lui manquait pour revenir à la maison, sans elle, se plier de nouveau aux caprices muets des objets au regard réprobateur et les remettre en rangs, remuer les mots transformés en maux dans le tiroir, en laissant la lumière briller afin de ne point pleurer devant la sombre fenêtre. Renouer avec la solitude… non ! Elle se vengerait de ses écarts en lui poignardant le cœur, chaque fois qu’il ouvrirait ses volets, et le détruirait par le ventre à l’instar d’un ascaride. Non ! C’était l’image dans la croisée qui distillait l’espoir dans un goutte à goutte d’amour ! Revenir en arrière ne sera plus possible, tandis que là, en buvant une rasade d’eau avec l’assassin, après l’alcool…

 

Elle sera vengée, certes, mais en même temps, il terrasse cette sorcière intransigeante collée à sa peau. Il ne partira pas seul ! Avec un peu de chance, au bout du tunnel, dans la lumière pure et blanche, sa belle sera peut-être déjà là, livide et légère, l’attendant avec un regard timide. L’arythmie l’accompagne vers la cachexie. Tant qu’il y a la mort, il reste un espoir… de la rejoindre !

Il arrive… Il se noie… Il vient !

 

 

Quelques jours plus tard, alors que la police cherche l’explication de cette double noyade si près du centre ville, la jeune femme, sortie de l’hôpital, rentre chez elle ; les chirurgiens l’ont opérée juste à temps et l’ont sauvée. Une voiture l’a raccompagnée.

Très faible, elle monte lentement les marches du perron et s’arrête devant la porte de son voisin où l’on a disposé un drap noir portant deux initiales blanches et une table nappée destinée à recueillir un dernier hommage écrit. La jeune femme s’arrête pour apposer sa signature. Elle constate que toutes les pages sont blanches…

Elle rentre chez elle et, machinalement, son regard triste glisse vers la cour ; elle soulève les yeux vers la fenêtre du voisin, celle où elle sentait toujours une présence muette.

C’est la première fois qu’elle en voit les volets fermés.

 

 

Denise Biondo   (d'après une idée originale de Danyel Camoin)

concours de Gémenos 2008  
prix de la nouvelle

 

Article Nicole Manday

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 09:32

Dans le cadre de nos "info-littérature", l'association présente :

Martine Robustelli Neu

Et son livre trés particulier qui donne à réfléchir sur les problèmes de l'éducation :

les enfants sans repère sociaux ne sont-ils pas finalement mal dans leur peau ?

Enfant roi, enfant sans loi : enfants  heureux ou malheureux ?

 

enfants-sans-loi.jpg

 

http:// martine-robustelli.blog4ever.com

Un livre à ne pas manquer !

  

I  N  V  I  T  A  T  I  O N  

 

   L e    C h â t e a u    d e 

      B o i s     L u z y 

              13012  Marseille

 

Le 04 juillet  2012

Accueille dans sa Grande Salle   à   14 h30,

 

Martine   Robustelli   Neu

 

Rencontre,  Lectures de textes, Echanges

autour des ouvrages :

  • Mots pour Maux
  • Eveil et autres nouvelles
  • Enfant roi enfant sans loi, apprenons à dire Non, 

 

http://martine-robustelli.blog4ever.com

http://motspournosmaux.canalblog.com

 

 

Cycle  «Après-midi littéraire  des Amis du Château »

 

 

Entrée libre

 

Auberge de Jeunesse,  allée des  Primevères, 13012 Marseille

entre  St Barnabé ( rue Jean Rameau)  et  Montolivet (L’Aiguillette)  

  tél : 04  91  49  06  18 

 

                           

                                                                               Photo, Conception graphique, Copyright  M. R. N 

 

 

 

martine.jpg

 

 

et à propos d'éducation, pour les fêtes et anniversaires, pensez-aussi aux souvenirs de classe...-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Une formidable création dans le monde du recueil de poésie: Albert Borelli, un artiste dans le genre: même ceux qui n'aiment pas la poésie devraient apprécier l'originalité de la présentation.

Surtout ceux qui étaient à l'école, il  y a longtemps avec les frises en bas de page sous leurs lignes guidées et leurs interlignes.

Le fond de page jauni, la couverture, l'écriture scolaire, la table de multiplication au dos du cahier, tous ces éléments de la classe des années cinquante accompagnent ses poèmes de style.

Une courte préface de Danyel Camoin, le président de Pp, précède les poèmes avec un diplôme de prix d'honneur d'époque et Albert a bien mérité son prix d'honneur !

borelli-cover.jpg

borelli-1-copie-1.jpg

 

Pour les collectionneurs, les amateurs et les poètes, passez votre commande, l'association transmettra à l'auteur...

Un petit bijou littéraire... à offrir pour un anniversaire !

 

Article Nicole M./ gravure Frank Zorra 

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 14:41

Devant le succés de Frank Zorra avec son livre : Je suis né à Marseille, le détective marseillais continue à suivre le parfum des dames...

Pp a décidé de retenir celui-ci pour la journée de la nouvelle après le désistement d'un des auteurs invités :

Il y présentera donc exceptionnelement son livre édité par Baudelaire et disponible dans toutes les librairies sur commande (voir l'étoile bleue sur Aubagne ou la Fnac à La Valentine).

Frank Zorra avait squatté une place à Danyel Camoin en Novembre pour dédicacer plusieurs exemplaire aux marseillais au carré des écrivains.

L'an prochain, il y sera peut-être à place entière et qui sait ?  Peut-être le verrons-nous à Fuveau aux écrivains en Provence, si l'éditeur veut bien adresser un exemplaire du livre aux écrivains en Provence avant qu'il ne soit trop tard.

 

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Enquête ou nouvelle ?

Peut-être nouvelle enquête ?

Non, elle est déjà connue des fans de Frank mais on en remet une couche pour la nouvelle année : ce n'est donc pas une nouvelle nouvelle mais la nouvelle de la nouvelle année...

Excusez-moi mais c'est une bonne nouvelle... 

car cette enquête a inspiré une nouvelle qui, sur le même thème du solitaire, a été incorporée dans

Les fleurs du vide, le livre qui a gagné le prix d'honneur de l'Académie de Provence en 2009 et une autre qui devrait être insérée dans : Au delà du seuil (parution en  2012) ma troisième collaboration avec l'auteur de "Au seuil de l'Inexplicable" dont on reprend les finesses en poussant plus loin.

 

 

Bonne journée à tous ceux qui sont seuls !

 

 

 

La morte de la Corniche. Parfum de rose flétrie à peine éclose arrosée au sel marin

 

 

Marseille 1995. La mer scintille dessous les ponts et secoue les barques des pescadou. C’est là que je dévorais une bouillabaisse chez « Fonfon » quand j’avais résolu la dernière énigme difficile mais, suivant ses moyens, on peut aussi s’empiffrer de pizza au Vallon des Auffes, , vous n’avez qu’à demander à Max !

Max, mon ancien assistant, cent-vingt kilos et deux pizzas arméniennes dans une flûte de pain en attendant le dessert : un homme de poids !

Après la sortie, on vire à gauche. Orientation ? Plage Prado. Statue de David toujours nue. Un piano-bar sur la corniche égraine un chapelet de notes qui brament sur les malheurs des clients et un cabaret, tout près dans l’avenue, où des cagoles grimées en petits lapins présentent deux "obus de chair" en évidence dans des petits filets de pêche transparents, presque sur un plateau, mais n’y croyez-pas, fatche d'ail, c’est un appât optique ; dans leurs têtes règnent encore les cacous charmants. Là-bas, c’est le plaisir de l’œil…

L’horreur, c’est un peu plus loin dans la portion des plages préfabriquées en face du casino, où je venais quelquefois pour rêver, les yeux surfant sur les vagues.

Allongée au bord du sable derrière les buissons, les éboueurs remplissant les bennes urbaines ont découvert au petit matin une morte quasiment nue avec un mec en costard  tout neuf accroché à elle comme une arapède et, un peu plus loin, près de la route, un jeune au type étranger, très peu vêtu, le crâne fracassé. Un simple fait divers me direz-vous. Pensons à la famille…

Le père de la jeune morte, un honnête pharmacien des environs, ne voulant pas ébruiter ce qui était arrivé à sa minotte, me demanda de mener une enquête discrète et grâce à mon "nez" célèbre jusqu’en Lozère, qui m’a  pourtant souvent joué des tours en se fourrant partout, je réussissais à réunir quelques témoignages et, peu de temps après, à reconstituer la soirée précédente…

Voilà comment je rédigeai mon rapport à la manière poétique de mon ami Danyel Camoin, quoi que cette affaire ne soit pas du tout de la poésie. 

 

Une trompette roucoule un fond de Rio Bravo, un homme en costume fringant assis sur un tabouret, accoudé au comptoir, s'imagine marchant sur un nuage vers une jolie blonde au pas d'un héros.

Sur un coin de piste à peine éclairée, un couple accompagne le rythme par quelques pas à deux tournant lentement. L'éclairage gicle sur un prisme qui renvoie en rotation des flammèches d’arc en ciel sur les badauds aux yeux cernés en dessinant des barres de couleur sombre sur le plafond blanc.

L'homme seul tourne les yeux vers son verre. Il y observe le rêve de sa vie qui ne vit que la nuit quand le manteau de celle-ci cache tous les défauts. Des volutes de fumée colorisées créent des nuages impalpables d'espérance bafouée autour de lui.

Dans le clair-obscur, des lèvres inconnues se rejoignent jusqu'à perdre leur rouge maquillage et des mains moites osent parcourir discrètement des parcelles de peau transpirante de désir. Des complexes se dénouent dans la pénombre et émettent d'imperceptibles gémissements dont la sonorité est écrasée par celle des haut-parleurs.

Les touches d'un piano clignent de l’œil à la trompette pour l'entraîner sur un air plus soutenu et ce sont maintenant des doigts agiles qui dansent sur elles pour rappeler le couple de danseurs disparus. « Cendrillon » a laissé une chaussure dans ce bal de quatre sous mais ce n'est pas un prince qui emporte la dame dans l'ombre. Il ne va pas la couvrir de bijoux froids mais de baisers chauds et, au lieu d'une belle robe, il lui offrira de boire à la source de la vie. Presque inconsciemment, l'homme au bar cherche des yeux la fille disparue..

La pendule égrène quelques sauts d'aiguille que saisit prestement le mange-minutes toujours affamé. La longueur de la nuit s'étiole sur la paupière d'un jour nouveau encore un peu fermée. Le rêveur saute de son tabouret, abandonnant un verre aux trois quarts vide, pour avancer vers la piste à l’arrondi incertain. Il évolue comme un nuage. Il se déplace, enveloppé d'une auréole odorante de fumée de cigarette consumée. Il courbe sa silhouette et froisse son costume chic sur la piste désertée où les ombres jouent avec la lumière. Il se baisse et ramasse la chaussure unique et désespérée noyée dans le vide. Maintenant, il la tient dans sa main, la caresse comme un animal blessé qu'il va conduire vers celle qui la portait. Peut-être pourra-t-il échanger quelques mots au bord du vide. Il glisse quelques pas lents dans la pénombre et découvre des ombres qui s'étreignent dans un bouquet de soupirs... Il en déduit qu'elle est trop occupée pour l'instant et n'a que faire de sa chaussure. Peut-être même qu'elle a ôté l'autre...

Il tourne autour de la piste, un peu désarçonné dans son élan de communication. Il retourne dépité vers le bar, l’escarpin planté dans la poche basse de sa veste. Un autre verre... Il y noiera ses larmes invisibles ! Satanée sorcière ! Elle est là, toujours près de lui, tenace. Elle s'acharne à faire le vide autour de lui ; il se sent à la limite de l'étouffement. Elle l’enveloppe toujours à l'instar d’un boa qui voudrait écraser sa proie pour ensuite l’avaler, affreuse solitude ! Autant noyer sa peine…

Un regard brillant, libidineux, braqué sur la «  barmaid topless », il agite un gros billet de banque comme une arme discrète et convaincante mais la jeune femme lui réplique qu’elle n’est pas entraîneuse, ce n’est pas une maison close mais un cabaret ! Juste le temps de respirer sur sa poitrine brune un « concerto » de Fragonard…

Et voilà, même l’argent reste impuissant devant la sorcière. Il demeure apparemment seul dans son enveloppe de vide.

            Il remarque un autre couple qui était resté là, près du bar. Eux aussi font un tour sur la piste mais la musique a changé. Elle est saccadée. Elle remue leur corps sur un rythme endiablé, peuplé de gestes divers, puis elle cesse. Les voilà qui reviennent. Ils parlent un instant... Le jeune homme au teint bazané entraîne la petite blonde vers la porte. Elle l'accompagne docilement. pourquoi lui ?

Presque inconsciemment, le solitaire suit les deux corps enlacés. Il quitte les lieux. Après la porte battante, il sent la fraîcheur matinale de la rue le gifler. Il remonte son col, secoue son veston et plonge sa main droite dans une poche, il en sort un petit paquet d'où il tire une cigarette qu'il va allumer à la barbe du matin.

Les mains dans les poches, il déploie ses grandes jambes sur le trottoir derrière eux. Ses pas résonnent sur le béton. Ils ont quitté la rue. Ils ont glissé dans les frondaisons. De l'autre côté de la rue en bas du trottoir un fossé borde la plage derrière une haie de buissons.

On fait tous le même rêve : un instant d'amour, de déraison. Et lui, le solitaire, même hors du cabaret, même loin de la trompette, il entend de nouveau Rio Bravo. Il ne sait même pas pourquoi il les a suivis jusque-là... Pour les regarder sans doute ! Pour ne plus être isolé, pour voir l'amour au petit jour... Mais l’autre mâle ne tient pas à ce qu’on le regarde pendant qu'il « pénètre les replis » du bonheur. Il se lève à moitié nu et saisit une pierre sur le sol avec laquelle il menace. L’étrange personnage ne s'en va pas pour autant. Et la pierre s’envole vers lui pour l’inciter à fuir. Il esquive.

Les mains du voyeur se crispent alors sur cette pierre jusqu'à la soulever du sol et la renvoyer vers celui qui l'a propulsée jusqu'à lui. Il vise mieux car le projectile heurte le crâne du jeune gars qui voulait honorer sa dulcinée en paix. Ce dernier tombe après avoir chancelé longuement. Voilà, il a chu tel un oiseau atteint par le chasseur mais la véritable proie reste là, toute tremblante, exposée maintenant hors de ses bras protecteurs. L'agresseur occasionnel sorti de l'ombre semble prêt à remplacer l'amant.

Elle ne paraît pas apprécier l'échange, son cri effraie les premiers oiseaux de passage en déchirant le cœur de l'aube. L'homme sent sa main s'appuyer fortement sur sa bouche... pour la faire taire uniquement. Il ne veut pas lui faire du mal mais il ne voudrait plus qu'elle crie. Il voulait simplement regarder mais l'autre ne l’a pas laissé faire. Pendant qu'il retient les sanglots dans la bouche fermée, il lui couvre le cou et la poitrine de baisers. Lui aussi voudrait pouvoir l'aimer, découvrir ce monde intérieur tout chaud et accueillant qui conduit par magie jusqu'aux portes du paradis sans se déplacer. Mais elle est là... La sorcière ! Elle le tient et ne veut pas le lâcher. c'est elle qui appuie sur sa main et il la sent forcer malgré lui. Elle a guidé sa pierre, n'est-ce pas ? Et là... Non ! Pas cela !

Il relâche l'étreinte, libère la jolie petite bouche, mais celle-ci reste ouverte, inerte, figée dans un appel au secours sans voix. Elle ne bouge plus. Et l'autre main de l'homme ne perçoit plus de battement sous son sein rigide. La chaleur s'enfuit... Elle a cessé de vivre. C'est la sorcière... C'était elle ! Elle lui refuse le droit de la quitter, de pouvoir rencontrer quelqu'un d'autre, un instant d'amour, et le baiser tardif qu’il dépose sur les lèvres froides ne la réveillera plus...

L'invisible s'efface maintenant, le laissant découvrir seul le drame : le regard bleu figé, glacial, de cette princesse endormie.

 

            Un peu plus tard, les éboueurs découvrent en remplissant leur benne, l'homme indissociable, collé au corps de la morte comme un naufragé à sa bouée. Ils préviennent la police...

            Les gendarmes arrivés sur les lieux reconnaissent le fils d'un député très important dans la région. Ils le soulèvent rapidement et l'éloignent avec peine du corps auquel l'individu s'agrippe. Ils lui demandent ce qu’il s'est passé mais n'obtiennent aucun renseignement. Il ne sait pas répondre. Les yeux hagards, il entend une trompette qui s'étrangle pendant qu'elle joue le silence à la manière d’une sonnerie aux morts. On croirait un amnésique. Les gendarmes recouvrent le corps de la fille et du jeune gars au crâne fracassé avec une bâche.

Drame de la Solitude ? Qu'est-ce que je pouvais ajouter ? Peu importe...

 

            Le lendemain, on lira dans les journaux que le fils d'un député bien connu a secouru une jeune fille de bonne famille de la ville attaquée sur la plage qu’un voyou inconnu venait d'étouffer. Il l’a alors assommé avec une pierre. La violence de l'acte l'ayant un peu choqué, il sera soigné pendant quelques jours à la clinique la plus proche avant de pouvoir rentrer chez lui. C’est la vérité pour tous. Faï tira !

Suivant que vous serez puissant ou misérable... Cela n'a pas changé depuis La Fontaine.

J’espère seulement qu’il n’y aura aucune récidive.

 

 

 

Cette nouvelle fait partie des dix-sept enquêtes de Frank publiées dans : "Je suis né à Marseille" éditions Baudelaire 2011. En vente à la Fnac.

Une autre enquête qui avait inspiré à Denise Biondo la nouvelle : l'enfant qu'on peignait en bleus, publiée lors d'un concours à Cassis, est également insérée dans ces pages, réadaptée par l'auteur.

 

 zorra

 

 

Article Nicole Manday

 

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 09:35

 

Interview du président de Pp au sujet de la prochaine sortie d'un livre sur les chemins d'Aubagne :

"Il y a plus d'un an de travail pour réunir des textes de volontaires dans et autour d'Aubagne et plusieurs des communes des alentours y seront représentés.

Gémenos avec Mireille Talotti-Miau et Lucien Pignol, La Destrousse avec Geneviève Casaburi, La Bouilladisse par moi-même, j'y ai construit et vécu durant dix ans avec une native de l'endroit, Auriol avec Janine Ravel et Rosette Escoffier, Peypin vu par Louis Moulet, Cadolive par Denise Biondo, Cuges selon Jean Di Fusco, autour d'Aubagne par Denise Roman, Albert Borelli, Josette Pons et Sonia Kitaëff, L'Huveaune par Philippe-Auguste Malsheres et  moi-même, puis, la ville elle-même par Emile Mihière, Joelle Foin, Francis Triay et Gaël Angelis.

Le livre s'ouvrira sur un hommage aux images de Paul Dol dans un sonnet de Robert Bruguière. (avec l'autorisation de l'auteur).

Ce sera un poisson d'avril  mais réaliste...

Il sera suivi dans l'année du recueil personnel de poésie particulière de Emile Mihière."

 

A cet effet, Provence-poésie présente son nouvel adhérent : le doyen de l'association rejoint Francis Triay et Jean-Marie Arvieu au sein de Pp. Emile Mihière, "notre copain Milou" a réuni une pleiade de textes de sa poésie particulière quelquefois tranchante pour laisser aux générations futures un recueil fringant "A bâtons rompus".

Danyel Camoin qui a déjà  interprété son poème : "le train" lors de la Fève littéraire essaie de regrouper les meilleurs titres avec Denise Biondo

pour une édition en milieu d'année mais d'ici là,  Emile Mihière fera partie des copains d'Aubagne dont les textes regroupés par Danyel parcouront "les chemins d'Aubagne". Francis Triay est de la partie et d'autres amis de Milou également ...

Ancien troubaïre de Gémenos auprès de Robert Bruguière,  Emile a été aussi président du jury du concours de poésie. Il a quitté recemment Aubagne mais communique à distance.

Voici ci-dessous un extrait de l'hommage du doyen à Aubagne.

milou

 IMAG0755.jpg

A l’époque ligure, était une rivière

Du nom de « Ubelka » : c’est du Celte, ma foi :

Déesse irrésistible et souvent meurtrière,

Ils redoutaient  ses crues, nos ancêtres Gaulois.

 

C’est ainsi dans la plaine, sur le plateau des Aires,

L’huveaune remplaçant le nom de Ubelka

Arrosait la contrée avec son compère

Le ruisseau Merlançon  qui court cahin-caha.

 

Ces cours d’eau encadraient la blanche Albanià

Au temps du Moustérien: un habitat très fruste :

Il lui faudra attendre le clan « Térantina » :

Une tribu romaine aux oppida  robustes,

 

Pour qu’enfin ce hameau devienne important

Vers le deuxième siècle avant l’ère moderne.

C’est un marché de grain, laisse de bâtiments

Abritant des potiers et surtout des tavernes

 

Où les chasseurs vénèrent une déesse Diane

Et puis surtout Bacchus, le Dieu des vignerons,

Nul besoin de vanter les vignes gallicanes

Qui font naître partout les rires et les chansons....

 

 

Emile Mihière Extrait: le texte entier sera édité en avril.

Article Frank Zorra

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"Sur des pensers nouveaux, faisons des vers antiques".(André Chénier) une pensée qui plaît beaucoup à l'auteur d'Affabulations affables, président de Provence-poésie..

Parmi nos poètes amateurs ou chevronnés, nous savons que l'écrivain aixois Jean-Marie Arvieu, membre lauréat de l'Académie Poétique et littéraire de Provence en 2009 comme Danyel Camoin s'est vu récemment décerner le grand prix de poésie 2010 du centre culturel européen à Abbeville pour son recueil de trente poèmes : Les Robert'Ides.

 

Et aujourd'hui les Robert'ides est devenu un petit livre de trente huit pages ou la poésie néo-classique réaliste de l'auteur s'éclate au soleil de la Provence, entre la Rotonde d'Aix et le Cours Voltaire d'Aubagne, J.m. Arvieu prépare son retour avec son nouveau recueil : 52 hebdorimes. 

Jean-Marie-Arvieu est né le 18/08/1926 à Aix-en- Provence: il est veuf depuis 2004.

Amicalement, il n'a pas hésité à rendre visite à Danyel Camoin  sur les stands de Fuveau : cet adepte du néo-classique réaliste, comme il se définit lui-même, a offert un petit recueil à Danyel.

Nicole Manday a demandé qu'il soit incorporé à la collection poétique comme ceux de Sonia Kitaëff et Jean DiFusco également lauréat de l'Académie de Provence (en 2010).

Jean-Marie Arvieu aura une table le 23 juin à Aubagne auprès de  Jean Di Fusco en espérant que son état de santé lui permettra de dédicacer ses oeuvres. Son livre est en vente librairie Le Blason Aix en Provence et sur les stands de Provence-poésie par Denise avec en quart de couverture une magnifique photo de la Rotonde.

Vous pouvez l'acquérir aussi par correspondance.

 

 

"J'écris pour me souvenir,

Pour adoucir mon avenir

Et procurer quelques plaisirs

A ceux qui veulent bien me lire..."

Jean-Marie Arvieu  arvieu-id.jpg

 

robertides.jpg 

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triay.jpg 

Francis Triay connu comme artiste de variétés sous le pseudo de Tony Franck a écrit plusieurs textes sur "les chemins d'Aubagne", actifs au sein de plusieurs associations, il chantait récemment "la Montagne " de Jean Ferrat à l'assemblée générale de  l'Olive et l'Olivier et déclamait un poème de Robert Lamoureux à celle de Provence-poésie.

Voici ci-dessous un de ses textes...

 

 

             N  O  S  T  A  L  G  I  E     D  U     P  A  S   S  E

 

Je vous parle d’un temps que les jeunes d’aujourd’hui ne  connaîtrons  jamais. Aubagne en ce temps là n’était ni perturbé,  ni pollué par autant de véhicules à moteur.                                          

Je me souviens d’une époque où à la belle saison, les rues et les places s’animaient dans la tiédeur  des soirs d’été  alors que les cigales ralentissaient  le rythme endiablé de leur chant éternel, symbole de la Provence.

En ce temps là, nombreux étaient les aubagnais qui, le soir venu, sortaient leurs sièges et venaient "Prendre le frais " selon l’expression consacrée. Il n’y avait ni poste de radio  et ni télévision, c’était l’occasion de papoter sur toutes sortes de sujets ; certains racontaient des histoires  d’autres possédant quelques talents vocaux étaient conviés à chanter et tout le monde reprenait  le refrain en cœur. Et ainsi dans la douceur des soirs d’été ces braves gens oubliaient  pendant  quelques heures leurs soucis et leurs tracas, car en ce temps là, la vie était plus dure qu’aujourd’hui et le père de famille était seul à travailler pendant plus de 35 h et il n’y avait pas d’allocations d’aucune  sorte, pas de  C.P.C.A.M et les épouses ne possédaient  pas de machine à laver et rares étaient  les  personnes possédant un poste de radio.

Les enfants jouaient, couraient dans les ruelles, nous étions heureux sans nous douter qu’à l’horizon se profilait une période noire qui allait durer quatre années. J’étais l’un de ces enfants.

Depuis les temps ont bien changé, je suis heureux de constater toutes les possibilités et les avantages  dont  disposent  nos enfants dans différents  domaines,  l’instruction, les loisirs, les moyens de transport .

Et  cependant  certains individus  sont encore insatisfaits, ils devraient plonger dans mon passé pour mieux constater qu’aujourd’hui, ils sont heureux. Et comme dit le proverbe chinois  ( Si tu veux être heureux, regarde derrière et au dessous de toi !....... )

 

 

 Article Frank Zorra-Photos Denise Biondo

 

 

 

 

 

                                

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                     

 

 

 

 

 

 

 

 

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 11:43

Nous savons que Noël est passé mais ce petit voyage au pays des rêves éveillés vous permettra peut-être de bien commencer l'année Deux-mille... douce !

Un petit cadeau Provence-poésie et si vous voulez l'ouvrage tout entier vous pouvez aussi vous le procurer directement chez l'éditeur : la petite édition, rue Léon Bourgeois Marseille.

Ou chez nous par correspondance.

 

Le succés continue...

Voici la critique d'une lectrice récente (M D) que nous remercions :

Quand la poésie rejoint la prose

Quand le conte rejoint l'actualité

Quand le talent se joint à l'émotion

On parvient à ce style de texte...  MAGNIFIQUE !

 

 

Et si je m’enfonce dans mes songes, je suis forcé de passer par ce petit chemin forestier où tous ont marché, enfants, derrière cette petite fille toute vêtue de rouge… Certains parlent de conte de fée, d'autres parlent de sorcellerie ou de magie. Le personnage persiste au-delà de la légende et se modifie au fil des temps transformé par la société qui ébrèche le cristal de nos rêves d’enfants. Pour ma part, j'ai rencontré tout ce que les autres ne voient pas et...

 

J'ai même rencontré le chaperon rouge

  

 Autrefois, on disait que le chaperon portait gentiment un pot de beurre et une galette chez sa grand-mère. Mais on imagine bien facilement que notre petite fille avait grandi. Depuis le temps, pensez donc ! Aujourd'hui, le sexe des anges s'affiche sur les murs pollués. Si l’apparition divine avait encore une mère-grand, à son âge, son pot de beurre aurait pu être un lubrifiant et sa galette l'argent que lui rapporterait une location de ce corps présentement moulé sous une peau de petit rat d'opéra.

 

Elle était divinement parée d’une auréole lumineuse. Ses cheveux, parsemés de lucioles illuminant sa coiffure à la nuit tombante, bien que noués dans un charmant chignon, semaient des mèches sur les doigts du vent. Son visage virginal s'étalait autour de deux lèvres charnues roses comme le pétale d'une fleur s’ouvrant sur le diamant de ses dents. Elle portait un grand manteau rouge à col relevé, surmontant ce collant de la même couleur qui s’étendait de ses poignets à ses chevilles hissées sur deux escarpins noirs à  talons hauts. Ses mains aux doigts prolongés d'ongles très fins plongeaient dans ses grandes poches. Ses yeux scintillaient sur un regard d’enfant sans rapport avec sa taille, perdus dans un flot  de rêves où l'homme arriva pour brouiller l’image, comme il souille habituellement la nature. Elle avait grandi, mon chaperon rouge, certes, pourtant elle avait gardé sa naïveté, son esprit de liberté et sa peur des loups. Elle ignorait encore qu’autour d’elle se terraient des hommes, plus dangereux que les bêtes pour les proies innocentes.

Un oisillon tombé du nid piaillait dans l'ombre d'une branche protectrice quand passa cette inconnue. Elle se baissa jusqu'à lui pour le laisser monter dans sa main. Elle lui tendit miraculeusement, de l’autre main, quatre graines que l'animal picora. Son doigt effleura ses plumes pour le poser dans un refuge, puis elle reprit son chemin.

A chacun de ses pas, dans la trace offerte au sol meuble, poussait immédiatement une tige verte surmontée d'un bouton qui se transformait en rose. Son chemin, derrière elle, se recouvrait ainsi de fleurs en mouvement.

Un véritable champ se développait derrière ses pas ; deux allées parallèles grandissaient traçant sa route de couleur. Des roses rouges, écarlates, gigantesques, se hissaient à cinquante centimètres du sol ! Point besoin de baguette magique. Ses talons trouaient le sol pour libérer chaque tige. Mais les fées de nos jours ne sont plus respectées même en action sous un manteau rouge. Sous celui-ci, elle ne cachait aucune arme, cela suffisait pour que ces méchants sorciers de la forêt deviennent des loups prêts à dévorer la chair de l'innocence.

La nudité ne leur paraissait pas naturelle. Un bébé vient-il au monde habillé ? Fallait-il vêtir la nature d'un manteau de pollution ? Le hussard en herbe colle au corps de la femme l'image du péché; alors, capable de ressentir cette poitrine dessinant une proue et ce triangle naissant au-dessous de son nombril devenant tentation, il rangeait maintenant, pour l'imagination populaire, mon innocente au rang de démoniaque fille d’Eve. La pomme d'Adam se bloquait dans la gorge des vagabonds qui lorgnaient sous son manteau,  assoiffés de chair, taureaux excités par la couleur des menstruations et de la virginité : rouge, couleur maudite du sang versé !

            Les mains de nouveau plongées dans ses poches, sous le nœud de sa ceinture,  l’insouciante rêveuse laissait encore voleter quelques cheveux sur le souffle caressant son chemin. De drôles de gars la sifflèrent, elle ne s'arrêta pas. Ils la suivirent dans le bois. Elle était seule, ils étaient trois... Elle marcha plus vite ; ils coururent, écrasant les roses sous leurs pas. Ce fracas m’attira…

            Le collant éclata telle une peau de pêche froissée tandis que le manteau s'effeuilla comme l'on écarte les pétales du cœur d'une rose. Son corps jaillit pareil au pistil de la fleur, trop blanc sous la lune. Pauvre banane épluchée, elle se retrouva frêle et tendre à la merci de leurs dents. J'ai vu leurs ombres sales se vautrer sur ce frêle corps dépouillé de sa fourrure, déchaussé de ses talons pour les repousser de ses orteils courbés. J'imaginais un lapin à qui on aurait ôté la peau pendant qu'il était vivant : l'horreur glaçait mon visage. Ces araignées à cinq doigts qui auraient dû caresser son cou, comme celui d’une petite belette à peine sortie de l'enfance, plantaient leurs griffes en serres d'aigle dans sa petite chair rougissante où ils traçaient les sillons saignants de malsaines charrues, comme sur une vierge livrée aux sacrifices antiques, pour semer en elle leur violence.

Violeurs de la nature, ils n'étaient plus à un massacre près. Ils avaient déjà condamné tant d'arbres et fusillé tant d'oiseaux... Ils salissaient toujours la pureté du cadre, pareils à des tâches dans la peinture artistique du créateur. 

J'ai vu l'horreur et le plaisir s'opposer dans un concerto de violence : les fauves ne paraissaient pas vouloir dévorer leur prise. Mais, je ne pouvais tolérer que ces loups à deux pattes bavent plus longtemps sur ce corps de fée promis à la béatitude sereine. J'ai pris mon fusil de chasseur émérite et j'ai tiré pour la justice, pour la défense de l’opprimée. Ces animaux humains, chassés de leur proie, laissaient couler un peu de lait rouge sur le tapis vert de leur jeu : du sang !

Ils s’enfuirent, l’œil rouge de colère ! Rouge, couleur horrible de la bêtise humaine, comme le feu des pyromanes et le sol du champ de bataille.

            J'ai tendu ma main vers elle, clignant des yeux pour ne point admirer ses appâts virginaux à peine griffés de souillures. Je l'ai recouverte de son manteau miraculeusement devenu vert comme mon espérance, l'herbe de la forêt, les valeurs de l’enfance, comme si mon intervention avait modifié quelque chose en elle, lui avait procuré en quelque sorte des ailes. L'ange m'a regardé d'un bouquet d'étincelles et m'a embrassé de deux lèvres de feu ; un changement la plaçait effectivement sous la flèche de Cupidon, serrée contre moi pour me remercier. L'ai-je donc prise avec fièvre ? Je ne le sais plus ! Le parfum de l’instant d’abandon emplissait mes narines. La caresse de ses doigts, ce que je sentais monter en moi, tout se mélangea, accouplant, dans ma pensée tout à coup impure, son corps à un goujat, et quelquefois j'en rêve encore... Par tous mes pores ! La rencontre n’usa que quelques grains de sablier mais laissa un souvenir impérissable. Je le dis souvent, les moments qui enfantent de très longs souvenirs sont souvent les plus courts.  Un instant  comme celui-ci peut meubler une vie.

J'ai pénétré au tréfonds de ses yeux, bercé par le retour d’une vague bleue, et mon voyage à atteint la vitesse du son, en songeant au grand frisson. Je me suis senti éclater près d'elle, je l'ai aussi sentie vibrer sous mon aile, entrant dans le conte de fée, rougi de honte par ce rêve éveillé ! Pour ne point profiter de la situation d’égarement, à genoux, je l'ai rechaussée en baisant ses orteils doux comme le velours des roses. Je l’ai accompagnée, la tenant du bout des doigts, jusqu'au seuil de la maison isolée après le bois. Une très vieille dame lui a ouvert une porte qui grinçait presque musicalement deux notes d’une berceuse pour enfant. La princesse a disparu dans la chaumière, abandonnant la citrouille que j’étais, transformée un moment en carrosse porteur de fée !

 

 Le chemin que j'ai parcouru, je ne m'en souviens plus... J'ai dû me réveiller sans avoir dormi, l'enchantement s'était enfui. J'ai erré sans but. Surchargé d’amidon, j’avais perdu mon guidon. Quand on n'asservit pas la nature à une idée, on n'attache pas cette beauté à sa réalité ! Comment pourrait-on penser qu’un amoureux comme moi aurait pu la garder ? 

 

Elle s'appelait Marie Azad ; Marie comme la vierge,  Azad en arménien signifie liberté !

 

 

Danyel CAMOIN 

 

 

  Ceci n'est que le chapitre titre de

 chaperon 2chaperon

 

 

Un autre texte de ce livre: l'olivier,  plusieurs fois primé, a été étudié  par des élèves en classe à Saint-Zacharie.

L'ensemble du recueil a obtenu le prix d'honneur de l'Académie De Provence en 2008.

Le livre a été accueilli il y a deux ans par les écrivains en Provence à Fuveau.

 

 

Article Nicole Manday 

 

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Ce livre a obtenu le prix d'honneur de l'Académie de Provence en 2008. Il a été préfacé par la poète conférencière : Marie-Louise Bergassoli. Il vous fait voyager d'un enfant d'hier jusqu'à un enfant de demain.Voulez-vous retrouver votre âme d'enfant tout en parcourant quelques pages érotico-magiques ?

L'auteur est membre de l'association aubagnaise : L'Olive et l'olivier et a écrit un roman à la gloire des oliveraies et des moulins à huile du Var avant 1956, qui met en valeur une femme de cette époque qui défendait un moulin à tout prix : les fantômes du vieux moulin.(voir l'article du même titre)
Dépôts ventes librairies: Le blason Aix en Provence, Le poivre d'ane à La Ciotat,  L'odeur du temps Marseille rue Pavillon, L'Alinéa, Martigues.

 

Voir le chaperon a grandi dans les pages poétiques.

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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