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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 11:02

La prov article

 

 

Merci La Provence !

de soutenir notre action par cet article bien imagé...

Interview matinal de Denise Biondo  et Danyel Camoin sur le stand décoré par Denise

Assistée par le passage d'adhérents dont Gaël Angelis, Jeanine et  Albert Borelli, Rosette Escoffier,

Rose-Marie Palun, Simone et Joseph Lévonian.

 

Provence-poésie fêtait son premier anniversaire dans la fête des associations.

Le samedi 10 septembre, une semaine avant la réunion des adhérents à qui l'association a offert une soirée pizza-textes le 16 à 17h00 avec la remise de prix du concours interne. (voir article : Une bougie...)

Le stand de Pp  à droite en partant de l'horloge sur le cours Barthélémy distribuait des réglements pour le nouveau concours : Inspiration libre. Possibilité aussi de feuilleter les nouveaux livres de l'association et de cueillir des renseignements.

 

Magali Giovannangeli, Présidente de la commauté d'agglomération du Pays d'Aubagne et de l'Etoile s'est aperçue sur les photos exposées de la remise des prix lorsqu'elle est passée saluer notre stand accompagnée par Daniel Fontaine, maire d'Aubagne et vice-président du conseil général.

 

Difficile tour d'horizon de la multitude d'association réunies de l'horloge jusqu'au stade ; à signaler toutefois parmi tous nos amis de L'olive et l'olivier, Au bout du conte,  les amis du vieil Aubagne, Art et musique 13 et le piano itinérant.

Signalons aussi notre rencontre avec Pause récréation et Allauch Country.

 

La journée s'est terminée par un verre sous les platanes en compagnie de Marie -George Pruneau, conseillère municipale déléguée à la vie associative et des souriantes hôtesses de la maison de la vie associative.

mg 

 

fête asso

stand-1.jpg 

 

 

 

 

 

 

Article Nicole Manday

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 17:55

D'après un sondage de Provence-poésie, le meilleur livre de Danyel Camoin serait au dire des jeunes lecteurs :

"Au seuil de l'inexplicable"

où l'auteur nous plonge dans des enquètes au ras du fantastique avec Frank Zorra, lequel vole maintenant de ses propres ailes en 2011 aux éditions Baudelaire avec "Je suis né à Marseille".

Il est certain que les jeunes, et les autres non plus, n'ont pas lu ses quatorze livres mais depuis longtemps déjà la balance fait pencher les lecteurs jeunes même dans son entourage sur ce livre en vente à la Fnac.

Pour répondre à la demande, Danyel Camoin écrit cette fois avec moi, Nicole Manday, une vision plus féminine de ce fantastique voyage dans son prochain livre : Au-delà du seuil... qui sortira en 2012. L'éditeur n'est pas encore officiel...

Ce voyage psychologique nécéssiterait un éditeur plus ouvert vers l'inconcevable pour soutenir la spirale fantastique de ce monde trouble propice à l'éveil de conscience par les questions qu'il force à se poser, c'est dans ce sens-là qu'un livre comme " Au seuil de l'inexplicable" n'a pas été assez soutenu.

Il est dommage que l'on n'ait pas dans la région des éditeurs, semblables au Docteur Claude Imbert, penchés sur cette approche de l'inexplicable.

Et pour que d'autres jeunes puissent donner leur avis, Provence-poésie propose jusqu'à la fin de l'année un exemplaire gratuit de Au seuil de l'inexplicable

offert aux bibliothèques d'établissements ouverts aux jeunes et des réductions de prix aux individuels qui voudraient l'acquérir; dédicaces de l'auteur le 10 décembre à La Destrousse, librairie Thiéblemont, centre commercial Casino, au côté du spécialiste des polars de la Sainte-Baume: Pierre Bertho.

pub seuil

 

et bientôt pour Danyel :

inex2.jpgles évadés

Et pour Frank :

zorra

 

Tandem le 10 décembre avec Pierre Bertho:

 

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merci Me Thiéblemont:

IMAG1060bertho pub

 

 

 

 

 

 

 

Article Nicole Manday

 

 

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 09:21
C'est le 8 septembre que quelques représentants de Provence-Poésie, dont certains avaient fait le concours, assistaient  avec Denise Biondo à la remise des prix présidée par Serge Scotto et Saucisse...
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Passaient un instant devant le stand de Louis Velle et Frédérique Hebrard...
Et saluaient nos amis de l'association Créart  (auprès de Roger Tanzi) sur le stand de leur créative association.
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 Article précédent:----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Provence-poésie était le 3 septembre 2011 à Fuveau  avec les écrivains en Provence. Quelques membres de l'association ; certains en spectateurs, d'autres concernés par le concours de nouvelles et d'autres en auteurs pour les dédicaces.
Denise Biondo s'est surtout attardée avec son appareil photo sur notre ami Jean-Claude Beltramo qui sera aussi le 8 octobre à La Destrousse, librairie Thiéblemont (centre commercial Casino) pour dédicacer son nouveau livre : Autopsie d'une tuerie.

 

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Article Frank Zorra-Photos Denise Biondo 

 

 

 

C'était en 2010 le 4 septembre ;

 

 

Provence-poésie vous informe de l'invitation de Danyel Camoin aux écrivains en Provence à Fuveau le samedi 4 septembre. 100 écrivains à Fuveau...

Danyel et Denise Biondo (co-auteur) ont présenté le petit guide des trésors de Marseille en nouveauté dans la collection de l'Académie de Provence, adjoint à j'ai même rencontré le chaperon rouge, les fleurs du vide  et les fantômes du vieux moulin, trois livres primés par la même Académie. D'autres co-auteurs du guide tous représentés à Fuveau. sont venus sur le stand dédicacer quelques livres avec Danyel. Sonia Kitaeff, Pierre Boyer et Jean-Claude Colay se sont joints à Denise pour ajouter une dédicace à leur passage.

L'auteur a retrouvé  avec plaisir devant son stand  Roger Tanzi de Créart, Jean-Marie Arvieu, poète de 84 ans de l'Académie de Provence  et quelques amis rappelant les vingt ans qu'il a passés au service de St Microelectronics à Rousset et qu'il n'avait plus vus depuis plus de cinq ans.

Ce salon littéraire est à signaler au calendrier de Provence-Poésie comme un des plus remarquables par son accueil et son gigantesque repas digne de Gargantua.

N'oublions pas l'accompagnateur Jacques Brossier, sympathique et efficace, sur la photo aux côtés de Danyel, qui allait jusqu'à apporter le café pour le stand et la rencontre avec quelques autres écrivains dont Luc Antonini et Lucien Vassal ou Serge Scotto et Saucisse, Pierre-Louis Besombes, Thierry Roland, Michel Lacour (Ed Benevent) et le repas, près d'une charmante accompagnatrice, Nicole Chapouty,  pris à la table de Jean Contrucci .

fuveau-copie-1

 

 

Pour terminer, voici un zoom sur les livres présentés :

le guidechaperonfleurs vide

Rappel de précisions sur ces livres :

Le guide poétique 2010,  maintenant préfacé par le maire de Marseille, effectue une traversée de cette ville en images doublée de poésie et pour ce faire Danyel s'est adjoint les prix de poésie 2010 de Longchamp : Philippe-Auguste Malheres et Sonia Kitaeff, les académiciennes de Provence Janine Ravel,  Mireille Talotti-Miau et Josette Pons, le Président de l'Académie de Provence et Monsieur Jacques Mouton du Comité du vieux Marseille, Denise Biondo, Albert Borelli, Pierre Boyer, Jean-Claude Colay, Jean DiFusco, Claude Lévy, Nicole Manday.

J'ai même rencontré le chaperon rouge, c'est la traversée d'une vie d'un enfant d'hier à un enfant de demain: un voyage féerique récompensé par le prix d'honneur de l'Académie  de Provence 2008le chapitre concernant l'olivier déjà récompensé séparément a fait  récemment l'objet d'étude dans une classe de Saint-Zacharie.

Les fleurs du vide plébiscité par quelques lecteurs a obtenu le prix d'honneur de l'Académie  de Provence 2009. Ouvert par un poème de Martine Olmo, il rassemble plusieurs drames  humains sur le thème de la solitude (voir quelques fleurs du vide dans les pages nouvelles du blog) une partie du livre co-écrite avec Denise Biondo, trois de ses chapitres sont issues de nouvelles qui ont obtenu des prix à Gemenos, Allauch et Sablet. (voir article concernant les remises de prix)

Les fantômes du vieux Moulin  seul roman historique publié par l'auteur, prix d'honneur de l'Académie de Provence 2010, suit deux femmes  sur deux générations  de défenseurs des oliveraies du Var autour d'un moulin à huile avant le droit de votes des dames. 

pubfantômes

 

Et pour accompagner le petit guide des trésors marseillais, un clin d'oeil video:

 

 

 

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 19:23

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Le premier auteur de Pp éditions, celui qui l'a pratiquement inventé a pactisé avec un plus gros éditeur :

l'enfant terrible de Provence-poésie va sortir du midi et voyager dans le Nord... vers les steppes de Mr Brun.

"Je m'appelle Zorra, Frank Zorra, comme Zorro mais avec un a"

C'est avec cette phrase que s'annonce le héros de Je suis né à Marseille, issue d'une des premières productions de Provence-poésie éditions, présentée l'an dernier au carré des écrivains à Marseille, Frank Zorra est devenu auteur à part entière et remercie ses admirateurs (ou admiratrices :  Erine Lechevalier, Janine Ravel, etc...) et surtout ceux qui comme Chris Bernard ont laissé un commentaire sur Internet pour saluer le murmure du "pastaga" dans l'eau glacée, un remue-méninges signé Frank publié dans les pages Provence-poésie ainsi que Denise Biondo qui a réécrit une de ses enquêtes pour en faire : l'enfant qu'on peignait en bleus présenté à plusieurs concours dont celui où il a récolté un prix d'honneur.

Pour faire plaisir à ceux qui passent de la poésie au jargon franco-marseillais de Frank, nous informons que les éditions Baudelaire de Lyon publient le plus grand recueil d'enquêtes du détective atypique marseillais ainsi l'on peut dire à la manière de Lino Ventura dans un film de Boisset: "Zorra, il est à Lyon, Zorra !"

 

  Juste pour avoir l'eau à la bouche, voici ci-dessous une nouvelle du même genre :

 

 

La vieille dame du palais Longchamp

 

 

 

            Le palais Longchamp, château d'eau admirable, source intarissable d’enchantement, ne se décrit plus. C'est un joyau de Marseille. L’escalier m’amène jusqu’aux colonnades encadrant les femmes et les taureaux sculptés dominant les bassins. Monument historique à la gloire d’Espérandieu, il ouvre l’accès au jardin qui jouxte l’ancien zoo dont l’entrée se situait jadis près d’un cinéma de quartier qui protégeait ma naissance.

Et vouais ! C’est mon côté cinéma, ça.

C'est là que m'avait fixé rendez-vous mon client de manière assez étrange je dois le dire. Habituellement, je recevais à mon bureau près du Vieux-Port.

En attendant mon client je me promenais dans l’allée qui conduisait autrefois auprès des cages du parc zoologique, c'est dans cet environnement que la mairie du cinquième arrondissement distribuait des prix de poésie au mois de mai et un ami à moi, un poète, y avait gagné une coupe pour une fable.

Il n'y avait pas grand monde dans le jardin au soleil ce jour là. J'ai remarqué toutefois une vieille dame tout habillée de noir avec un chapeau et des lunettes qui fouillait son sac d’une manière assez particulière. Je ne sais plus pourquoi cela avait attiré mon attention mais je l'oubliai assez vite en voyant arriver mon client dans son costume de président sans garde du corps, distingué et hautain dans ses chaussures en cuir bruyantes.

            Encore un mari jaloux, quoique d'après la photo de sa femme, il y avait de quoi ! Il devait avoir plus de cinquante ans et être bientôt à la retraite : avec sa « pastèque », pardon, son embonpoint et son front dégarni agrippant quelques cheveux blancs, il paraissait plus vieux que moi bien que plus fortuné. Et même à l'heure du Viagra, une épouse de guère plus de vingt ans, cela n'aurait pas dû être permis. En plus, ce n'était pas un boudin !

Elle s’appelait Aurélie à l’instar de la femme du boulanger. Bien sûr, on la soupçonnait d'adultère.

La vieille dame passa près de nous, me dévisageant avec un air guindé en balançant son sac à main.

 

            Après quelques jours de filature d’Aurélie à ma façon, je ne le lui avais trouvé aucun amant et aucun homme ne collait à ses basques sinon moi-même. Alors, que dire de ses absences ? De ces moments où elle fuyait son mari pour s'isoler... Eh bien, ce n'est pas si simple mais la belle était cleptomane ! Mais d’un genre assez particulier parce qu'elle ne volait pas n'importe quoi : elle était particulièrement attirée par les bijoux et pas forcément dans une bijouterie mais dans tous les endroits où on pouvait en trouver à commencer par les grands magasins de la Canebière ou de la rue Saint Férréol, c'est là que je l’avais surprise, toute simple, à peine maquillée, en jeans et baskets, bien sûr, très discrètement et sans rien dire à personne. C'était curieux. On aurait dit qu'elle attendait que je sois là pour agir ; impression idiote, elle ne pouvait pas savoir que je la filais, voyons !

            Je n'avais pas à me substituer à la petite police. Il ne s'agissait pas pour moi d'un crime nécessitant d'appeler mon amie la commissaire. Cathy avait d'autres chats à fouetter que de s'occuper de ces petits larcins. Mais que devais-je dire à mon client ?

Je me résignais à simplifier mon rapport et dire simplement qu'elle passait son temps à fouiner dans toutes les boutiques qui pouvaient l’intéresser et notamment celles qui présentaient des colliers ou des bagues. Il pouvait très bien me rétorquer qu'elle avait largement assez d'argent pour s'en acheter et n'avait nul besoin de les voler. Aurais-je eu l'aplomb de soutenir son regard et de lui dire que c'était simplement une cleptomane et non une « cagole » ?

De toutes façons, quand on dit à un mari qu'il n'est pas cornu, il soupire suffisamment pour ne pas chercher trop loin.  J'étais là pour gagner de l'argent et il était inutile de continuer une enquête pour découvrir ce qui était déjà découvert. Dommage !

 

            Pourtant à une soirée où j'étais invité par l'officier de police Régine Moineo,¨ une dame, la digne épouse du préfet qui portait un collier de prix le vit soudain disparaître en sortant des toilettes. Elle ameuta tous les invités en criant comme une partisane. Les policiers étant déjà sur place, il était inutile de faire sonner les sirènes : une enquête fut menée sur place, on bloqua toutes les issues empêchant tout le monde de partir sans être contrôlé. Sur le moment, je n'y avais pas prêté attention ayant oublié ma précédente enquête mais il me sembla avoir mémorisé un visage que je connaissais mordillant sa lèvre inférieure épaisse dans un sourire désarmant, celle-ci était en robe de soirée de satin gris somptueusement éclatante avec sa coiffure maintenue par un diadème en argent : une splendide blonde hissée sur des escarpins à lanières, c'est le genre de femme que je remarque toujours même lorsque mon nez n'hume pas leur parfum.

Et réflexion rapide de détective, c'était Aurélie ! Mais je l’avais connue beaucoup plus décontractée. C'était l'épouse de mon client de Longchamp. « Tè», un collier disparu, je pouvais faire le rapprochement ! Seulement là, ce n'était plus dans un magasin et c'était un vol à la tire très particulier au milieu d'une assemblée où on pouvait la remarquer. Il fallait que cette fille soit vraiment une rapide ralliant l'agilité de ses doigts en reflets de la rapidité du coup d’œil mais évidemment avec le regard qu'elle avait... Pauvre détective ! Et là, dans une telle robe sans sous-vêtements pour ne pas me marquer le tissu fin... D'ailleurs, avait-elle besoin de « soutien-balles » avec de pareils obus. Elle était fardée, beaucoup mieux vêtue qu'au début, plus femme tentatrice comme si elle savait que je la suivais......

            Évidemment, on ne retrouva pas le collier malgré la fouille de la plupart des personnages suspects sortant de l'immeuble et personne, y compris moi, ne vis sortir Aurélie de là. Je finissais par penser que je m'étais trompé et qu'il ne s'agissait pas d'elle. Un détail pourtant me choqua. La sortie de cet immeuble d'une vieille dame tout habillée en noir portant des lunettes et un sac à main, une vieille dame que j'étais persuadé d'avoir déjà rencontré sans me rappeler bien où. Il est vrai que d'ordinaire mes yeux se portent sur les femmes plus jeunes mais celle-ci exhalait un parfum qui ne m'était pas inconnu et que je ne savais pas définir. Ce n'était pas le genre qui escorte habituellement les grand-mères. Et le clou de l'histoire était une carte de visite épinglée dans le dos de Miss Moineo et portant la signature de A. Lupin. Régine crut à un farceur. Moi, pas.

            Quelques jours plus tard, eu lieu un vol à la banque, ce n'était pas un cambriolage ordinaire mais une jeune dame venue acheter une bague avait dérobé une parure de grande valeur et l'établissement déposait une plainte qui engageait la police à lancer un avis de recherche. Or le signalement correspondait à Aurélie. Étant un peu concerné puisque l'on rapprochait ce vol de la farce faite à Régine, je menais une enquête discrète et malheureusement gratuite pour vérifier l'emploi du temps de Mme Aurélie. Je ne dis pas que j'y prenais quelques plaisirs à suivre le balancement de ses hanches quelque peu convexes hissées sur talons qui conduisaient dans les endroits les plus divers mais c'est encore plus beau lorsque c'est inutile. J'avais cependant, comme on dit, l'impression de me faire pigeonner.

            On trouva encore plusieurs fois cette carte signée A. Lupin. Une fois encore le bâtiment cerné ne permit pas de prendre la coupable. Mais, cette fois, la présence de la petite dame en noir m'intrigua beaucoup plus que la fois précédente…

Peu après, je liais connaissance avec Mamé Rose, c'est ainsi qu'elle me demanda de l’appeler : « Moi, c’est Zorra, Frank Zorra, comme Zorro mais avec un a, me présentai-je mais elle me disait : «  mon gàrri », tu parles d’un surnom ! J'étais sûr qu'elle avait un lien avec les vols, peut-être une parenté avec Aurélie, une lointaine ressemblance car l’aïeule toute voûtée derrière ces grosses lunettes n'avait pas le chic de la femme de mon client pour attirer le regard mais elle se mordillait la lèvre inférieure quand elle souriait. Faire accuser « Mamé » n'était pas évident !

            Le dernier vol tourna très mal. Un des policiers fut tué. Cathy Scrivat intervint : elle se moquait de la cleptomane mais dans cette affaire, il y avait un mort ! Et cela changeait tout pour la commissaire. J'avais fait ami-amie avec Mamé Rose et, peu à peu, j'avais percé le secret : « L'âge, Madame, que nous importe ! » En fait, Mamé et Aurélie ne faisait qu'une ! Un déguisement super ! Une sorte d'armure souple lui permettait en peu de temps de revêtir la panoplie de la vieille et sa souplesse naturelle lui permettait de se voûter et de disparaître sous son masque de rides derrière ses lunettes. Et moi j'avais démasqué Aurélie en me rappelant de ce qui m'avait marqué dans le palais Longchamp : la vieille manipulait dans son sac des bijoux ! C'était ce détail que je cherchais dans ma mémoire qui sortait enfin de son trou ; voilà l’œil du détective !

            Je reçus une carte de visite sur laquelle on avait écrit : « Les Lupin ne tuent jamais ! Je n'ai pas tué. C'est le deuxième le flic qui a tué son copain parce qu’il couchait avec sa femme, profitant du feu de l’action pour régler ses comptes… »

J'ai tendu un piège à Aurélie. Un bijou auquel elle ne pouvait pas résister et là, je l’ai démasquée : plus question de rentrer dans la peau de la petite vieille pour s'échapper. Je l'ai attrapée par le cou, l’arme à la main, mais elle n'opposait aucune résistance. J'ai glissé l'engin inutile dans la poche de ma veste. Elle s'est approchée tendrement de moi. Elle a posé ses lèvres sur les miennes et discrètement usant de son talent de subtilisation, elle a tiré de ma poche mon arme et l’a braquée sur moi. J'ai crié :

« Si tu me descends, ce sera pire pour toi, ils penseront tous que tu as tué le policier. »

Elle a posé l’arme en marmonnant : « les Lupin ne tuent jamais ! »

Je lui demandais quel rapport entre elle et Lupin, le personnage de roman. Elle m'a dit que son nom de jeune fille était bien Lupin, d’autre part Aurélie commence bien par un A comme Arsène, la suite était facile à comprendre.

Je me suis approché d'elle et j'ai respiré J’adore de Dior, le parfum qui transpirait sur Mamé Rose ! Grossière erreur ! Je me suis senti bizarre comme drogué. Elle a souri… Elle m'a embrassé. Un coup de la langue est bien pire qu’un coup de lance ! Jusqu’à en faire frissonner les poils de ma moustache.

            Les policiers frappaient à la porte. Je n'avais qu'à leur ouvrir et c'en était fait de la voleuse d'autant que je la tenais dans mes bras par les épaules, sa grosse lèvre collée à la mienne, mais je l'ai lâchée lentement comme lorsqu'on sort de rêve et qu’on le laisse glisser loin de soi en se réveillant. Je n'ai pas ouvert la porte. Je l'ai regardée partir... Elle a ouvert la fenêtre, a jeté ses chaussures et s'est glissée par la corniche, pieds nus, jusqu'à l'appartement d'à côté. De tout petits pieds cambrés comme je les aime ! Même en jean, elle avait un charme certain : la cambrure des reins, comme dirait Monsieur Brassens. Dieu sait que je n'aime pas les filles en pantalons mais... Je lui ai laissé le temps de disparaître. Une larme au coin de l’œil, je me léchai les lèvres. Saveurs d'un baiser qui s'enfuyait déjà. Curieux, n'est-ce pas ?

Pourquoi l'avoir laissée filer ? J'entendais déjà la question dans la bouche de Cathy... Et ma réponse évasive :

« L’âge, Madame, quelle importance ! »

Et depuis, quand je traverse le palais Longchamp, on se demande certainement pourquoi j’observe toutes les vieilles dames…

 

 

Frank Zorra. Les années 2000



¨ voir le murmure du pastaga dans l'eau glacée dans les pages de droite, autre aventure de Zorra

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 20:00

 

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Ce n'est qu'après avoir dégusté l'apéritif maison suivi de fabuleux farcis et  d'un bon dessert à la buvette que les représentants de Provence-poésie sont allés s'asseoir pour écouter près de deux heures de contes offerts par l'association "A ce conte là" de Peypin.

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Après le monde magique de l'enfance, Marie-Anne, la princesse qui dormait au fond de l'armoire retrouve Nicolas, le petit garçon qui ne craint pas les vampires, pour sauver un cheval qui se traîne auprès d'un fermier qui veut l'abattre...face-avant-fees.jpg

L'auteur recrée la féerie autour d'un chevalier tueur de lapin à qui il arrive une drôle d'aventure et d'un gros bonhomme qu'on appelait Noël mais cela suffira-t-il à passionner sa petite fille qui a bien grandi à l'époque des ordinateurs: pour le savoir retrouvez-les au-delà de l'écran dans la caverne vivante au coeur des pages de ce petit livre édité par Provence-poésie (sur commande : tirage limité-- à partir de 11 ans) destiné à ceux qui veulent encore rêver ou faire rêver.

 

 

Article Frank Zorra

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 16:23

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 Nicole Manday et Danyel Camoin présentent un avant goût de leur prochaine collaboration : au-delà du seuil…

 

  Evolution 2022

 

(Ce conte d’anticipation a été primé au concours de Arts et lettres de France)

 

 

            Thierry soupire en tirant son attelage de fortune sur la côte recouverte d’un manteau cotonneux où seules deux tranchées tracent son passage. Par temps clair, de ces hauteurs, on voit la ville  dans la plaine jusqu’à la mer, mais là, la vision est trouble.  La seule couleur qui domine la crête voisine le blanc, la blancheur dans tout son camaïeu. Dire qu’il était venu habiter là parce qu’on lui avait dit que la plaine marseillaise risquait une énorme inondation ! C’est vrai qu’en l’an 2000, il a failli mourir noyé dans sa voiture et s’est échappé en sortant à travers sa portière avec une atroce angoisse car il nage très mal à cause d’un problème d’articulation. Depuis les dérèglements climatiques, il existe tant de zones inondables…

 

 Le village est isolé à cause de la neige depuis plusieurs jours. On n'avait jamais vu une couche aussi tenace et rien n'avait été prévu. D'habitude, elle fondait au bout de quelques heures. Il ne neige plus depuis trois jours déjà, et les cinquante centimètres se maintiennent. On a dégagé la route à la pelle ; les chasse-neige ne montent là que par le chemin charretier élargi. Selon la volonté du maire, tout avait été conservé pour le site touristique, un des meilleurs revenus de la petite commune, mais en hiver, il faut peiner pour monter « le lacet », c'est ainsi qu'on avait surnommé la côte à virage dangereux souvent verglacée.

La camionnette de l'EDF a basculé dans le petit ravin et, à moins d'intervenir en hélicoptère, les sociétés extérieures, qui ont déjà beaucoup de travail ailleurs, ne peuvent rétablir le courant sur les poteaux ; le poids de la neige a cassé les fils. Le maire disait depuis longtemps qu’il fallait câbler le réseau mais cela n'avait toujours pas été fait et les derniers habitants l'accusaient de promesses électorales. Le malheureux député vient de mourir en dérapant, sa tête a heurté un pylône.

Rien que des poteaux en ciment ! Aucune utilité dans le foyer… Pense Thierry.

Nombreux parmi les villageois étaient partis habiter dans les villes, mieux défendues contre les intempéries. Celles-ci redoublaient depuis laissant penser que la planète tout entière était en colère.

            Thierry, employé municipal, a été choisi dans le but de convaincre chaque propriétaire environnant de donner des provisions et de quoi se chauffer pour le bien de tous. C’est le regroupement communal d’intérêt public qui décide : c’est fou ce que les politiciens savent trouver des mots nouveaux enjolivés à seule fin de dire qu’on est dans « la merde » pense Thierry  qui s'est mis en demeure de trouver du bois pour la salle publique. On y recueille les sans-abri qui ne peuvent rejoindre un habitat correct et ceux qui ont déserté leur logement beaucoup trop isolé en préférant donner ce qu’ils avaient en communauté.

 

Lorsqu'il arrive chez Marie-Madeleine, il s'attend à être refoulé mais elle lui ouvre en ronchonnant sur le fait qu'elle n'a toujours pas de courant : la belle chaudière qu’on lui a installée ne démarre plus malgré le fioul en réserve... Vêtue de noir jusqu’au pied, à l’instar d’une nonne sans coiffe, elle se prend pour une sainte rattachée au blason de sa famille de haute noblesse autrefois. Thierry lui dit que même le réseau fourni par les éoliennes n'alimente plus la maison du peuple parce qu'il n'y a plus de vent. Les nouveaux systèmes de chauffage comme les anciens basés sur le courant ne fonctionnent donc plus. Il faut utiliser les anciennes ressources. On remet en action les cheminées, le bois, les inserts et le charbon de bois qui permettent de tenir plus longtemps. Dans l'entrepôt adjacent à sa maison, sont entassés de vieux meubles, il lui propose de les brûler.

La vieille s'écrie qu'il est fou ! Ce sont des chaises et des bahuts de prix ; du Louis XV authentique ! Des meubles venant de sa famille. Thierry dit que si la situation persiste, elle sera bientôt condamnée à mourir, alors Louis XV ou pas, ce n'a plus d'importance ! La vieille le traite de malotru et le chasse à coups d'ombrelle. Thierry pense que même Guy De Maupassant aurait brûlé ses livres par instinct de survie mais la veuve s'accroche à quelques stères de bois parce que celui-ci s'appelle Louis, peu importe le chiffre ! Patrimoine, patrimoine, s'il a tant de valeurs, elle aurait dû le vendre à la ville au lieu de l'entasser le laissant, peu à peu, « bouffer » par les termites. Il pense encore au superbe feu de joie que donnerait la commode devant les yeux brillants des enfants, eux qui « crèvent » de froid dans la salle commune nourris au chocolat chaud sucré. Il ramasse sur son chemin quelques brindilles et une branche cassée un peu trop verte.

            Dans l'orage qui a précédé la neige, le sol s'est enfoncé à cause de zones dépourvues d’arbre qui favorise le glissement et les éoliennes qui garantissaient le village ont descendu la pente dans un glissement de terrain. On croirait que Dieu ou la terre elle-même veuille punir le village ! Sur la place, narguant la commune, le bonhomme de neige construit par les enfants sourit. La carotte qui lui sert de nez brille au soleil et sa neige se lisse pareille à un costume de cristal ; il ne fond même pas sous le soleil qui perce parfois le rideau de nuage semblant n’être là que pour éclairer la fin du village.

 

Thierry a atteint la dernière habitation au sommet : la maison de l'ermite. Sa petite remorque attachée au bœuf qui la tire dans la neige, à l’instar d’une luge, renferme les quelques morceaux de bois.  En grimpant sur l’aiguille rocheuse qui la surplombe, on pourrait peut-être se glisser de l’autre côté, en sens inverse de la mer, vers la vallée… Distrait un instant par sa pensée, en attendant, c’est sur la neige glacée devenue dangereuse qu’il glisse.

Un homme tout mince, au nez proéminent en lame de couteau, est sorti dans son grand manteau noir et ses bottines. Tel un véritable corbeau sur le tapis blanc, il a levé les bras à l'horizontale. Marius, le boulanger, le comparait souvent à un épouvantail. Thierry trouve cette ressemblance frappante ; il l’imagine quelques corneilles jacassant autour de lui. Il a prononcé sa fameuse phrase de sa voix très aiguë :

« Laissez-moi me concentrer ! »

Instantanément, il se contracte, les veines de son visage grossissent prêtes à éclater… Là, juste au bout de ses doigts, la neige fond à la façon d’un tapis se roulant en dégageant un moignon de bois. La base d'un arbre, un énorme morceau de tronc apparaît. Il faut l'extraire de là. Malgré sa hache de bûcheron, Thierry ne se sent pas de taille. L'homme noir répète sa phrase et, peu à peu, la base de l'arbre éclate. Le socle se fend, mieux, les racines paraissent sortir de terre et se secouer... Le bois s’écartèle en offrant quelques morceaux plus faciles à charger dans la remorque. L'homme saisit Thierry par l'épaule et lui murmure à l'oreille :

« Moitié, moitié, moi aussi, j'ai une cheminée. »

Thierry est éberlué. Il entre dans la maison en portant une part de bois jusqu'à l'insert qui trône au milieu du séjour. L'ermite lui dit :

« J'ai condamné quelques pièces à seule fin que Mademoiselle et moi subsistions. »

Thierry observe la demoiselle en question : une poupée, une splendide poupée au visage très pâle, presque blanc, qui reproduit bien l'image humaine, inerte, assise à table devant le couvert. Il pense aux articles qu’il a lus sur les femmes robots aux Etats-Unis. Une Blanche-Neige rousse mais on n’est pas dans un conte, pense Thierry. D’un mouvement mécanique, l’automate pose ses deux mains aux ongles faits sur le bois de chêne qui aurait durablement garni la cheminée... Cependant, l'ermite a suffisamment donné ce jour.

            Le maître de maison lui offre un verre de vodka qui lui réchauffe l'intérieur, presque une brûlure d’estomac et pourtant il sait boire ; il est vrai que la température extérieure peut entraîner un choc thermique. Après l’avoir avalé, il se met en devoir de redescendre jusqu'au village dont il pense s'être beaucoup trop éloigné. Sans le soleil, la pente serait encore plus dangereuse.

Lorsqu'il reprend le petit couloir, par une porte entrouverte, il croit entrevoir la poupée debout devant un miroir peignant ses longs cheveux bouclés. Il s'arrête interdit au niveau de la porte d'entrée. Il recule discrètement de quelque pas, puis deux autres par la porte intérieure et il ne voit que sa propre image dans le miroir : la fille a disparu ! Il pense qu'il n'a plus l'habitude des alcools forts. Il sort. Il reprend le bœuf par la bride pour le faire tourner et redescendre dans la direction du village mais, juste ce moment, il voit bouger les rideaux de la fenêtre de la maison et, là encore, il croit voir la poupée derrière les carreaux. Il ferme les yeux, secoue sa tête et tire l'animal pour s'en aller...

Derrière les carreaux concernés, l’homme en noir s'approche de la jeune fille et lui glisse doucement à l'oreille :

« Non, ma belle, il ne vit pas dans notre monde. Il est comme les autres humains, trop matérialistes ! Il vaut mieux l’oublier ! »

Si Thierry le voyait, il penserait simplement qu'il tient dans ses bras une poupée, d'un mètre soixante sur escarpins, dont la texture imite à la perfection la peau humaine, portant une coiffure rousse de marquise. Encore Louis XV, décidément…

            Mais le brave homme est déjà loin déplaçant sa stature en cahotant dans la neige et les pierres. La main crispée sur la bride, il dirige l'animal. Il s’arrête un instant devant un cylindre bosselé, un tronc d’olivier qui a échappé à la cognée des nouveaux bûcherons. Les branches ont été coupées. Ils l’ont cru mort et ont craint qu’il ne soit qu’un refuge aux fourmis rouges.

Pourtant, là, en haut, une petite feuille trône dans un vert de gris impeccable, elle a osé poindre voulant sans doute annoncer le printemps et le léger vent la fait pointer vers l’aiguille rocheuse derrière la demeure de l’ermite, c’est par-là le salut. Thierry hésite un instant puis il arrache la feuille, il vaut mieux que les autres ne voient pas que l’arbre vit encore.

 

            Il continue son trajet et passe ainsi devant le bonhomme de neige qui paraît se moquer de lui. S'arrêtant un instant, il ramasse de la neige, en fait une boule, la jette en visant la carotte mais il a l’impression que la boule rebondit contre le bonhomme sans altérer son costume blanc ou son visage immobile, imperturbablement souriant. Plus rien n'est logique ; la nature semble révoltée et donne aux gens une image de sa supériorité magique. Il y a sûrement une raison mais Thierry n'est pas un savant, il se contente de ramener son bois.

Particularité incompréhensible, les portables ne reçoivent plus. Depuis la bourrasque, il semble que les ondes ne franchissent plus le col enneigé. L'isolement est parfait. On ne sait plus si le reste du monde est dans le même état : plus de télé, ni de radio. Les automobiles ne roulent plus. On ne voit plus un seul oiseau voler et les chiens ont dû être enfermés parce qu’ils ne s’arrêtaient plus d’aboyer. Marius le boulanger dit que le monde est en marche arrière.

 

Au bout de quelques jours, affreusement, plusieurs enfants sont morts de froid et maintenant d'autres vont mourir de faim car les provisions manquent, le lait de vache est insuffisant pour compenser et le chauffage reste toujours aussi difficile… Les vaches, elles-même menacées, mangent la paille qui les protégeait du froid : on n’est plus au temps où le bœuf réchauffait le nouveau-né en soufflant. Les bêtes sont victimes aussi de la faim des hommes et la salle des fêtes dépourvues des banquets de mariage, située plein nord, est transformée en abattoir où œuvre le boucher.

Thierry décide de remonter à la maison de Marie-Madeleine. Il est sûr de trouver de quoi manger pour les enfants. Cette fois, il parvient à convaincre la vieille femme de le laisser entrer. Même s'il ne parvient pas à lui faire lâcher ses meubles, il repart avec quelques bocaux de conserves qu’elle a bien voulu donner pour les enfants.

Mais lorsqu'il rejoint ses camarades, il ne trouve pas la compréhension à laquelle il s'attendait. Ne respectant pas la priorité que Thierry destinait aux enfants, les hommes se servent eux-mêmes dans la brouette qu'il ramène chargé de nourriture et au sortir d’une violente dispute, il est repoussé par le nombre avec une bosse au front. Une barre de fer l’a frappé et les hommes en général  ne le jugent plus digne d'être leur représentant. Un vieux patriarche réussit à convaincre Marius le boulanger,  dont le four à pain est stoppé par manque de farine, de prendre sa place et d'emmener tout le petit groupe à l'assaut de la maison de Marie-Madeleine pour récupérer le bois et la nourriture qui deviennent indispensables.

 

Lorsque Thierry reprend connaissance et se précipite sur le chemin à son tour, il a trop pris de retard. Il ne rejoint la vieille dame que pour cueillir son dernier soupir. Sa demeure a été mise à sac et les meubles chargés sur une charrette ont été conduits à la maison du peuple. La vieille dame résistant mal au coup qu'elle a reçu préfère mourir plutôt que d’assister à la suite de la tragédie : elle s’éteint dans les bras de Thierry. Juste à ce moment-là, une partie de la maison délestée de ses piliers en bois s'écroule sur lui. Il doit abandonner le corps de la vieille dame s’il veut pouvoir s'en sortir.

Enragé par sa colère, Thierry poursuit les autres hommes. Il s'en suit un combat sanglant contre Marius le boulanger. Il faut pourtant se rendre à l'évidence. Même Marius hors de combat, le patriarche incite toujours les autres à ne plus considérer l'avis de Thierry. Ecœuré par ses compatriotes celui-ci s'en va avant la tombée de la nuit qu'il va passer dans la partie encore debout de la maison de Marie-Madeleine dans laquelle il trouve des provisions dont il charge son sac à dos.

Il a pris sa décision. Au lever du jour, il partira dans la montagne et s'il arrive à redescendre sur l'autre versant, il verra bien s’il y a encore une possibilité de vie de l'autre côté en dehors de ce grand manteau blanc. Au passage, il demandera de l'aide à l'ermite puisque, paraît-il, celui-ci a un pouvoir magique : une sorte de sorcier moderne qui lit dans le marc de café et les nuages dans le ciel. Ce dernier avait prévenu le maire des risques encourus par les villageois.

 

Comme prévu, le lendemain matin Thierry se met en route, seul, avec son sac à dos chargé. Il parcourt le chemin qui le sépare de l'Ermitage. Cependant, il entend derrière lui un brouhaha quasiment anormal. Une horde sauvage semble de nouveau monter le chemin pour venir cette fois chez l'ermite. Il doit accélérer le pas afin d’aller le prévenir.

 

Quand il a atteint l'endroit, il appelle de l'extérieur. Personne ne sort. Il a pourtant l'impression qu'un rideau a bougé. Il est persuadé d'avoir aperçu la silhouette féminine qu'il a déjà vue avec la coiffure de marquise qui ressemble à celle de la poupée. Il faut qu'il rentre dans la maison, il faut qu'il parle à l'ermite. Il a l’impression que quelque chose s’est passé. La neige semble commencer à fondre…

Il frappe à la porte d’entrée : elle s’ouvre lentement en grinçant. Il parcourt le couloir vide. Lorsqu’il trouve le corps étendu devant la cheminée, Thierry est très étonné. Le cadavre paraît se dessécher à vu d’œil : on dirait qu’on lui a retiré la vie avec un aspirateur. Son visage est creux à la manière d’un  masque ! Pas de sang ni de blessure quelconque ! Mais ce qui est le plus étrange, c'est que cet homme qui impressionnait tout le monde… n'était qu'une femme ! Une sorcière ?

Le corps tout desséché de l'ermite laisse bien voir l'absence de sexe masculin sous les rares vêtements qu'il, ou elle, portait sous sa grande cape noire. Pas d'affolement ! Il faut rester calme. Thierry entend un bruit alors que la maison lui paraissait vide. Il se dirige vers la porte où il a déjà cru voir quelqu'un devant le miroir et là, miracle ! Une femme, une très jeune femme se dresse devant lui sur de hauts talons. C'était elle, c'est la poupée ! Il la reconnaît à sa coiffure de marquise mais elle est bien vivante ! Il pose sa main sur elle et caresse ses cheveux ; des vrais cheveux ! Il pense à cette histoire de marionnette de bois qui se transformait en petit garçon qu’on lui racontait autrefois.

De la folie ! Mais une telle femme, une peau pareille sans maquillage n’existe pas au village, aucune n’est aussi… Enfin, nombre d’entre elles ont des poils sous les bras et même un peu de moustache ! C'est incompréhensible. Il sent la chaleur de son corps. Il retire sa main en s’excusant.

Les autres vont arriver et tout détruire... Il faut la sauver. Il la soulève par la taille et l'assoit sur une tablette. Il lui enlève ses chaussures à talons tout en caressant ses petits pieds froids. Il lui dit qu'il lui faut des chaussures différentes et plus chaudes. « Il faut que nous partions d'ici. Les villageois sont en colère : ils vont tout casser ! » Il récupère les chaussures et la cape noire de l'ermite. Il chausse la jeune fille et lui rabat la capuche sur les cheveux. Ensuite, il la repose sur le sol et ferme la cape sur sa poitrine. Elle court vers la bibliothèque et en sort un gros livre à reliure rouge doré. Il lui répète : « Il faut qu'on sorte d'ici discrètement ! » Elle murmure :

 «- Mais, c’est le livre !

-Bon, on le mettra dans le sac. »

Elle le regarde étrangement fourrer le livre avec le reste, puis, le prend par la main et le conduit vers une porte condamnée... Là, elle appuie sa main contre la paroi et une partie de la murette paraît basculer, leur ouvrant un passage dans une sorte de hangar qui donne sur l'extérieur. Lorsque Thierry parvient à la porte vitrée, il actionne le penne mais la porte est fermée et la clé n'est pas là. La jeune fille lui chuchote à l’oreille :

« Laisse-moi me concentrer. »

Thierry la regarde intensément : les mêmes paroles ! Elle  fronce les sourcils, les bras tendus, son front et ses joues se gonflent de veines bleues et rouges qui enlaidissent son visage durant un instant. Elle pose sa main sur la serrure et le penne glisse, leur ouvrant la porte. Elle lui dit :

« Maintenant, on peut partir !

-Comment t'appelles-tu ?

-Claude...

-Mais Claude, n'était-ce pas le prénom de... »

Il pense à l'ermite mais ne sait plus comment il doit l'appeler. Claude, c'est à la fois un prénom de femme et d'homme. Est-ce que la poupée a pris l'identité, voire la vie de l'ermite qui était en fait une femme ? Sa créatrice, donc sa mère ; quelquefois la laideur engendre la beauté…

Autant cette femme ignorée était laide et autant la poupée est jolie, sauf que ce n'est plus une poupée c'est vraiment une femme ! S'il avait eu plus de temps, Thierry serait peut-être resté là à se poser des questions à examiner la chose avec plus d’attention mais le temps presse alors il la prend par la main et il court avec elle au-delà du jardin dans la direction de la montagne. Il se souvient de la feuille de l’olivier !

Sur son dos, il a de quoi survivre quelque temps. Mais après ?

 

            Les voix des autres résonnent en bas de la pente, ils ont perdu du temps, ils se sont attardés à détruire le bonhomme de neige à coup de barre à mine et de hache. Il leur a fallu longtemps, tellement longtemps que c'est inimaginable que de l’eau condensée puisse autant résister à la supériorité de l’humain. Le vieil homme qui les mène n’en revient pas ; il est si fatigué qu'il retarde la meute. Il traîne. Cette horde sauvage ne pense qu'à tout massacrer alors qu'à la suite d’un pareil orage, il aurait fallu plutôt s’entendre et reconstruire...

C'est bien ce que pense Thierry et lorsqu'il s'arrête afin de grignoter sur la montagne avec sa jolie partenaire, il ne peut s'empêcher de se dire qu'il a maintenant près de lui celle qu'il lui faut pour tout recommencer : une jolie magicienne ! Mais d’une certaine façon, toutes les femmes sont des magiciennes, non ?

 

Lorsque la horde sauvage pénètre dans la maison de l'ermite et commence à tout casser en cherchant l'homme et la poupée, un des grands chandeliers renversés met le feu aux rideaux et personne ne sort vivant de la maison dont les poutres s'écroulent sur les survivants.

Thierry regarde Claude. Comment pourrait-on penser qu'elle soit à la base de ce massacre ? Elle n'a pas bougé, à côté de lui, elle n'a pas fait un geste, elle a seulement regardé intensément la maison s'écrouler avec dans les yeux une lueur verdâtre luisante qui changeait la couleur de ses pupilles, et, maintenant, elle se blottit  telle une petite fille contre le seul homme qui peut l’amener de l'autre côté de la montagne. Il a les épaules et la carrure pour le faire et pour recréer de l'autre côté avec elle. Elle ? Mais qu'est-elle vraiment ?

Après tout, est-ce que cela a vraiment une grande importance en cette occasion ?

 

Ils marchent longtemps. Ils escaladent, glissent, se rattrapent. Les mains écorchées par les rochers, ils persistent… Thierry sent soudain ses joues rougir. Il a chaud. Sur le versant opposé de la colline, un courant chaud les surprend. Le soleil darde sur un ciel sans nuage comme si ceux-ci restaient accrochés à la crête au moment de leur arrivée. Impossible de supporter les vêtements d’hiver ! Décidément, la planète…

Claude se débarrasse de ses habits. Il en fait autant. L’air est chaud…

Un peu plus loin, une cascade coule du rocher ; ils vont l’utiliser comme douche.  Il la regarde. Un air serein coule avec l’eau sur son visage. Maintenant, ils sont deux, comme à la création, bien décidés à reconstruire, et là-bas, de l'autre côté des monts, au plus loin que l’homme puisse voir, la plaine est verte et dépourvue de neige. On voit même des arbres qui portent des fruits…  et des petits oiseaux qui chantent dans leurs branches !

Un monde meilleur ?

 

 

 

 

 

Ecrit par Danyel Camoin en 2009

D’après une idée originale de Nicole Manday inspirée par Au seuil de l'inexplicable

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 13:21

Louis et Monique Moulet, resplendissants parmi une assemblée formidable de conteurs, nous ont fait rêver, ont dit Danyel Camoin et Denise Biondo après avoir suivi le fil au bout du conte...

Provence-poésie les remercie de cette invitation à la découverte.

moulet-pub.jpg

 

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 09:07

bonheur
Dans une ville qui ressemble à Aubagne à s'y méprendre, un café-brasserie près de la gare et nommé "Au petit bonheur" vous dévoile, sous la plume de l'auteur des nouvelles de Provence, chez le même éditeur, les mésaventures du serveur et de la serveuse, parmi les déboires des différents clients qui les prennent pour confidents ou plus, sous le regard énigmatique d'un inconnu vêtu de blanc, jusqu'à la chute finale qui change le vie du patron.
Pour ceux qui ont aimé les nouvelles, ou ceux qui ne les ont pas lues, une plongée dans l'univers dramatique du petit monde de Pagnol aujourd'hui. Un récit intéressant et parrainé par la collection de l'Académie de Provence.

 

Auparavant la même académie avait parrainé: des nouvelles de Provence dont voici ci-dessous la nouvelle qui terminait le livre...

nouvelles

 

 

La fin d'un bouquin : Des nouvelles de Provence de Danyel Camoin Collection Académie De Provence.

La fin d'un bouquin                              

 

 

        Nicole Novell vient de mourir : on l'a retrouvée inondée dans sa voiture, ses longs cheveux roux flottant sur un visage éternellement blanc... Les orages sont rares dans les régions arides des bouches du Rhône, mais ils sont imprévisibles lorsqu’ils se déchaînent : en 2000, des gens ont dû fuir à la nage en sortant par les vitres des portières, l’inondation qui a submergé les parkings souterrains du centre de Marseille. Ce fait imprévu laisse son dernier livre inachevé. Téhérond, l'éditeur frappe de son poing la table : Grazzina l'héroïne des aventures fantastiques naissant sous la plume de l’écrivain mort n'aura plus d'épisode. Le vingt-septième est resté incomplet. Ne voulant pas perdre trop d'argent ce dernier appelle Marcel Novell, le mari de Nicole, pour qu'il termine au moins le bouquin en cours en faisant mourir l'héroïne afin de stopper originalement la série et sauver la face pour l'épisode attendu. Marcel refuse, il n'a pas l'imagination de sa femme, et tout au plus, dans sa vie, lui a-t-il écrit quelques poèmes sans rapport avec des personnages fantastiques évoluant dans le monde de 2050 auquel il n'adhère pas, refusant ces aventures inventées et violentes d'un monde futuriste.. Il se sent incapable d'en écrire seulement trois pages. Malgré l'insistance de l'éditeur qui vient de s'acheter une nouvelle voiture avec les droits d'auteur de la série imaginaire.         Marcel rentre chez lui ce soir-là dépité, le visage triste, les yeux hagards. Il marche comme un automate dans l'appartement vide, saisit une bouteille de whisky, la regarde, la repose et court chercher un verre dans la cuisine. En le prenant dans un placard, il fait tomber au sol un sachet de soupe et se baisse pour le ramasser. En se relevant, sa tête heurte la porte du placard ouverte : sous le choc, il s'assoit par terre puis se reprend et finit par arriver dans le salon avec le verre à la main.

Il parle seul, en s’adressant au cadre de sa photo de mariage sur le bahut :

« -Tè, ça me rappelle le Papet, eh ! Quand il a arrêté la pendule du salon, il avait mis son beau costume noir avec(que) le melon et les souliers vernis qui craquaient comme un vieux buffet, ses yeux roulaient des perles d’eau comme s’ils fondaient dans sa barbe. On aurait dit que le ciel lui était tombé sur la figure ! »

        Le téléphone sonne, à l'autre bout du fil Mira, sa jeune maîtresse brune s'inquiète par ce qu'elle ne l'a pas vu : comme son épouse n'était jamais disponible, toujours bloquée sur sa machine à écrire ou son ordinateur, il fallait bien qu'il poétise  un peu ailleurs, mais ce soir, il n'a pas la tête à ça ! Il lui accorde un rendez-vous un autre soir en disant qu'il est fatigué et glisse dans ses oreilles des boules Quies pour ne pas en entendre plus. Il se laisse tomber dans un fauteuil, la bouteille d'une main, le récipient dans l'autre. Il se sert enfin son whisky et commence à le déguster. La fatigue ajoutée à l'alcool le rend bientôt somnolent. Il pose le verre vide sur la tablette à côté des bouteilles et se détend lentement dans son fauteuil.

        Lorsqu’il ouvre les yeux, il croit vraiment rêver, il voit… Nicole blonde comme les blés, toute vêtue de cuir noir, les cheveux défaits, débarrassée de son habituel chignon et de ses lunettes, avec un oeil droit bizarrement fixe sous une cicatrice, mais apparemment vivante ! Il crie :

 « Ce n'est point possible ! Je l’ai enterrée aujourd'hui ; je rêve ! »

Elle lui fait signe de retirer les boules qu'il a insérées dans ses oreilles après le coup de fil, pour pouvoir l'écouter ; il s'exécute immédiatement mais ce qu'il entend ne le persuade pas d'être réveillé !

« -Je ne m'appelle pas Nicole ! Je suis Géraldine Dumont allias Grazzina...

-L'héroïne de ses romans, c'est une galéjade ! Où elle est, votre caméra ?

-Quelle caméra ? Ce n'est pas une blague, je suis coincée dans un combat contre l'ombre verte sous mon aspect mythique de Grazzina et j'attends les ordres !

-L'ombre verte ?

-Oui, c'est l'inconnu qui veut contaminer les cerveaux pour dominer le monde avec ses clones et profiter des variations climatiques pour piller les banques !

-C'est une invention de mon épouse ; il n'a jamais existé ! C'est une fiction.

-C'est ce que vous croyez car moi je l'ai bien rencontré !

-Mais Géraldine n'existe pas ! »

Elle ouvre la fermeture éclair de son blouson et dégage son énorme poitrine libre de tout soutien, qui paraît, d'ailleurs, irréelle en lui faisant signe de s'approcher :

« Voyez-vous mes seins ? Vous les croyez imaginaires ? Touchez-les ! »

Il approche sa main en tremblant et il se sent la peau douce de son épouse sous ses doigts : il lui semble bien la reconnaître. Il pense : c'est un cauchemar, je vais me réveiller ! Elle murmure en retirant sa main :

«-Cela suffit ! Je suis une aventurière, pas une femme objet, et, comme ton épouse, une des rares qui ne veulent pas d'enfant ! »

Géraldine, dans l’œuvre de Nicole, effectivement, victime d'un incendie qui l’a quelque peu défigurée en la privant  d’un œil et de ses cheveux bruns, devient Grazzina, la   « scalpée » comme diraient les Indiens d'Amérique ! Le crâne nu couvert d'une vaporeuse perruque blonde et le corps moulé dans une tenue cuir, celle-ci se bat pour débarrasser l'humanité des multiples vermines, en sauvant les malheureux victimes des variations climatiques dues aux exagérations industrielles.

 Il reprend :

«-Nicole disait que ses enfants étaient ses bouquins et vice versa !

-Alors, tu peux en faire un tout seul !

-Un enfant ou un bouquin ? Et je ne peux...

-C'est le seul cas où l'homme peut accoucher d'un clone féminin par masturbation cérébrale.

-Mais je ( ne) suis pas écrivain !

-Je t'aiderai, je connais le style, la tournure de mes aventures par cœur, tu penses !

-Mais le style, les mots, ce n'est pas du cinéma !

-À nous deux, nous pouvons terminer le livre ! Tu n'as qu'à imaginer une bande dessinée...

-Mais je (ne) sais pas dessiner !

-Moi je peux te les dessiner ! Une héroïne de roman peut tout faire. Il suffit de demander ! Ainsi tu peux finir l'épisode.

-Et faire mourir l'héroïne comme l'a dit l'éditeur ?

-Me faire mourir moi ? Tu n'y penses pas : oserais-tu me tuer ? »

        En peu de temps, le fauteuil se renverse, Marcel se retrouve d'une cabriole, allongé sur le sol, la bottine de la fille lui bloque la gorge, il n'ose plus bouger ! Avant qu'il n'ait réalisé, elle le traîne jusqu'à la chambre et le soulève pour le jeter sur le lit ; elle défait son large ceinturon féminin, le casse en deux parties avec chacune ligote les poignets de l'homme aux barres du lit,  puis lui arrache sauvagement son pantalon, saute sur lui ; soudain, une lame brille contre la gorge masculine qui tremble... Elle plante le poignard dans la table de nuit puis rapproche son visage du sien et lui lèche la joue et l'oreille. Elle en profite pour lui dire :

« Voilà ce que c'est l'aventure, tu sens l'excitation là, ton cœur bat ! Tu es prêt à écrire la suite! »

        Pendant les jours qui suivent, Marcel va se plonger dans les précédentes aventures imaginaires de l’héroïne, jusqu'à en devenir un inconditionnel admirateur, mais celle qu'il admire surtout, c’est cette émule blonde qui dort près de lui en faisant fleurir sa légende dans la réalité. Il respire son parfum. Il caresse ses épaules. Il embrasse son cou. Il sent ses doigts sur lui et, collé contre elle, il croit encore rêver... Lorsqu'il ferme les yeux, il se sent encore près de son épouse ! Il croit la faire revivre à travers ses pages qu'il remplit en pensant à elle, enveloppé de cette présence qui respire dans son cou et qui pose ses mains sur ses épaules : Géraldine, ou qui qu'elle soit, fantôme, réalité, personnage de roman ou entité, il commence à l'apprécier ! Est-ce pour la mémoire de son épouse ou est-ce simplement pour cette réincarnation spirituelle qui dort auprès de lui qu'il effectue cet effort surhumain de continuer une histoire qui n'était pas la sienne ? Il ne le sait pas, il ne sait plus très bien pourquoi il agit, mais, peu à peu, la suite de l'histoire inachevée prend corps et semble plausible en final de la partie déjà écrite.

        Il s'égare par moments à penser qu'il est vraiment couché près de Géraldine, puisqu'il a bien enterré son épouse. Quoique son sosie parfait, cette femme, effectivement, n'a plus aucun cheveu sur le crâne telle l'héroïne de cette aventure

fantastique qui se poursuit sous sa plume, sous ses doigts, sur son écran, enfin, dans les pages du manuscrit. Où est la fiction?

Nicole ou Géraldine ?  La différence n'est pas si grande puisque l'une a créé l’autre à son image pour la transformer ensuite en héroïne impitoyable ! Aurait-il pu imaginer qu'un jour il serait l’amant de sa femme projetée sur une créature extraordinaire qui est sortie de l'imaginaire pour venir le rejoindre ? Il n'arrive même plus à croire ce qu'il dit et lorsque sa maîtresse l’incendie au téléphone, il prétexte ne pas s'être remis de son

passage au cimetière : oserait-t-il lui dire la vérité ? De toutes façons, elle le prendrait pour un fou ! Il se lève au milieu de la nuit pour corriger une page pas assez explicite ou trop poétique qui ne ressemblerait pas assez à l'écriture aventurière de l'épouse. Il voit les caractères s'avancer sur la feuille comme s'ils prenaient d'eux-même le pouvoir de reformer les mots de Nicole, la parure type de Grazzina !

        Peu à peu, les pages s'additionnent. Le récit prend corps. L’héroïne traverse les dangers avec courage et fermeté. Son caractère est confirmé par celle qui se dit être Grazzina et qui suit l'écriture mot à mot, échangeant contre chaque page, un baiser lorsque celle-ci lui plaît, et une claque lorsqu'elle l'abhorre. Peut-on aimer un fantôme, et peut-on sentir la gifle d'un esprit, d'un personnage de roman ? Sûrement pas ! Et pourtant, depuis trois jours déjà, il la subissait, l'écoutait, l'embrassait, la chouchoutait et la laissait faire ! Vivait-t-il un rêve qui durait aussi longtemps ? Un rêve éveillé sans doute ? Depuis, il avait pourtant reçu des visites, le facteur, l'éditeur et d'autres, mais aucun n'avait aperçu Géraldine, qu'elle soit là ou pas, les autres ne la voyaient pas.   Alors, peut-être était-il fou, finalement et peut-être avait-il eu tout seul l'envie de terminer ce manuscrit pour épater l'éditeur à qui, d'abord, il avait refusé ce travail et à qui, maintenant, il devait refuser de faire mourir son héroïne !

        Décidément, il ne savait plus ce qu'il voulait comme quiconque qui aurait occupé sa place, dans son rêve éveillé, avec à ses côtés cette créature fantastique lui apportant ce que toutes les femmes n'avaient jamais su lui donner : une participation irréfléchie à tous ses fantasmes ! Il ne pouvait plus reculer, il devait arriver au point final !

Pour cela, il écoutait les paroles de la belle fantôme ; par les yeux même, il les buvait au ras de ses lèvres ! Il sentait son corps sous ses doigts et pire encore donc, elle existait au moins pour lui ! Tant pis s'il en devenait fou ! Elle avait fait fuir ses peines comme elle l'avait fait abandonner momentanément son travail et sa vie habituelle ! Elle lui avait accordé ces quelques jours de congé qu'il avait toujours recherchés sans jamais les trouver ; il avait même l'impression d'être devenu lui-même un aventurier s'identifiant dans les pages, et le soir, après avoir cessé d'écrire, à celui qui aimait Grazzina dans l'histoire ! La faire mourir était maintenant hors de question, il fallait laisser des points de suspension... Il fallait que le lecteur attende même s'il n'écrivait jamais de suite, même si tous savaient que la mère de Grazzina, le véritable auteur, le véritable cerveau créateur gisait maintenant sous six pieds de terre : pour survivre et subsister  sans l'essence de l'imaginaire littéraire, elle devait donc maintenant se greffer une puce électronique et poursuivre son but avec un co-auteur dont les idées étaient différentes.

        Et vient le jour où le tapuscrit est terminé... L'éditeur, effaré devant l'exemplaire qu'il reçoit, constate, avec mélange de frayeur et de satisfaction, que l'héroïne n'y meurt pas : il peut ainsi espérer, on ne sait jamais, une autre aventure. Cependant, il croit s'entrevoir dans un passage et se reconnaître sous les traits du méchant sans visage qui prend peu à peu le sien, mais après tout qu'importe, il n'est pas là pour faire du sentiment, il a toutes les factures à payer !

Quant à Mira, elle a trouvé un autre compagnon plus libre qui ne la rejoint pas que trois soirs par semaine et Marcel en est bien heureux pour elle. Après tout, ce n'était que la liaison compensatrice d’un couple en déclin qui n'existe plus !

Dans les dernières pages, Grazzina se trouve coincée par l'explosion d'un barrage dans sa voiture inondée et s'échappe par une vitre pour filer à la nage jusqu'à une colline proche de là où elle s'accroche à un arbre pour éviter la trombe d'eau qui déferle, alimentée par les pluies diluviennes qui crachent des pierres de glace aussi grosses que des balles de ping-pong ! La nature en furie a exterminé les poursuivants. La belle se sauve encore en boitillant entre les branches cassées et les détritus. Sa silhouette noire s'éloigne en ondulant des lieux inondés.

C'est la revanche de Nicole au-delà de la mort !

 

 

Marcel se sent changé, transformé lorsqu'il rentre chez lui, ce soir-là, après avoir déposé son oeuvre où la journaliste nymphomane, entre autres, ressemble trait pour trait à Mira justement ! Il appelle Géraldine, mais n'entend aucune réponse... Il inspecte toutes les pièces et ne trouve aucune trace de la blonde en cuir, avec ou sans perruque, aucune trace de rouge à lèvres sur les verres de whisky : en fait, aucune trace de femmes dans l'appartement... Sauf peut-être les robes de sa femme restées dans la penderie. Il se pince, se frappe la tête contre une porte : aurait-il tout rêvé ? Pendant tous ces jours... Il regarde le calendrier : une semaine !
Il n'a pas pu dormir et rêver durant une semaine ! Et il a bien porté un tapuscrit à l'éditeur.
Sa compagne de quelques jours a vraiment disparu, apparemment sans laisser de traces et pourtant, sur le bureau reste le double de l’œuvre remise à Téhérond. En s'approchant mieux, il distingue un post-it collé sur le bloc calendrier juste à la date du jour ; sur celui-ci, il lit :
« Commence à écrire une suite et je reviendrai ! Grazzina. »
 
   

Tout le monde savait que c’était impossible. Il est venu un imbécile qui ne le savait pas et qui l’a fait. Marcel Pagnol

 

 

 

 

 

C'était La fin d'un bouquin                              

 

 

 

       

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 14:42

Provence-poésie était présentée à la médiathèque par Denise Tanzi, aux côtés de l'association Filigranes et des auteurs aubagnais encadrant Claude Valentin (merveilleux livre sur Dol) et Georges Corady (les images d'Aubagne) devant Pierre Rodeville des éditions de la Tarente. Ils étaient là aussi pour regarder et animer le débat sur l'édition, les risques de contrat et les contrats moitié-moitié, puis assister à la lecture-spectacle de Sabine Tamisier.

Danyel Camoin, interviewé par les responsables, a développé sa politique d'aide aux petits auteurs en difficulté auxquels Provence-poésie procure une possibilité d'éditer à moindre prix et de présenter leurs oeuvres sur les stands de l'Agglo. Elle est soutenue par la mairie d'Aubagne, le Conseil Régional et le Crédit Mutuel, sponsors du concours de nouvelles récemment terminé avec également l'aide de Auchan et de l'hôtel Souléia, l'assistance inter-association de l'Olive et l'Olivier et de la petite Edition. (D'autres associations comme Zygo à La Ciotat, le club Castéropoulos, l'Académie de Provence et Passeport pour la poésie ont collaboré au soutien de la poésie aubagnaise dans cet élan en début d'année.)

Quelques acheteurs se sont présentés, ensuite dans cette joyeuse équipée où nous avons eu un accueil chaleureux, intéressés par cette rencontre avec les auteurs de l'association Denise Biondo, Albert Borelli et Jean DiFusco (qui a lu le rouge-gorge et la cigale pour terminer son apparition).

Une idée qui germe : une soirée poétique organisée par la médiathèque avec Filigranes et Provence-poésie. Pour amateurs de beaux textes. Quelques images ci-dessous.

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les 4 

Pour les amateurs, un livre de Danyel Camoin (J'ai même rencontré...) se trouve dans les rayons de la Médiathèque (841 poésie française)

et un texte de ce livre (L'olivier) a été enseigné aux élèves de Saint-Zacharie.

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Article Nicole Manday     Photos Denise Biondo

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 15:02

Le dimanche 27 mars, une soixantaine d'auteurs ont déferlé sous la pluie à la maison de Garéoult pour le salon du printemps: un accueil des plus chaleureux les attendait avec les croissants et le café à volonté. Dommage, le nombre des clients semblait inférieur à celui des auteurs mais ceux-ci se sont retrouvés joyeusement après l'hiver moins propice.

Les auteurs aubagnais représentés par Denise Biondo et Danyel Camoin y trouvaient une belle table en évidence.

Un plateau repas leur a été offert après l'apéritif et certains ont même pu boire un thé sur le coup de seize heures.

Denise Biondo, auteur, éditeur, décoratrice et photographe, et vice-présidente de Provence-poésie a remercié le maire en personne en lui disant que son association serait prète à adresser au salon tous ses auteurs s'il le souhaitait l'an prochain : l'équipe appréciant les salons accueillants.

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Au passage des images on reconnait  après Denise, Marcel Baril, Jean-Claude Beltramo, Pierre Bertho, Xavier Le Floch, Nicole Mutez, Gisèle Sans, Danyel Camoin.

Dans les rencontres du salon, à signaler Christine Hollard et Brigitte De Nollières (voir ci-dessous)

On y retrouvait également Paul Lamour et Henri Michel Polvan puis bien sûr Janine Dorel et Nicole Bouquet, les hôtesses de Plumes d'Azur.

 

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Article Nicole Manday  Photos Denise Biondo

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